samedi 26 novembre 2016

Se regarder dans le miroir des FEMEN



Par confort, par peur, par ignorance, parfois par conviction, il y a beaucoup de raison de ne pas se mêler des affaires du monde. La souffrance des autres est un miroir difficile à regarder en face. L'indifférence a permis de créé des sociétés d'exclus, de ceux qui ne lancent plus de pavés, qui ne trichent plus avec des allocations diverses parce qu'ils n'y ont plus accès. On les a rayé du système de santé,  casé dans des logement insalubres, loin des villes flamboyantes, affamé, malmené, réduit au silence, trop pauvres pour participer à la construction du monde. Ils ne votent plus, ils survivent. La misère n'est pas un parti politique ni un sujet de campagne pour candidats. Arrivé là, il n'y a plus guère d'espoir parce que tout est fait pour que l'on n'en sorte plus. Seuls quelques cinéastes lèvent parfois le voile sur cette société cachée (Moi, Daniel Blake de Ken Loach, ou encore Biutiful de Alejandro Alvarez sont les derniers que j'ai vu).

L'étape précédente, c'est la lutte. Toutes les luttes contre les injustices, les abus, les salopards qui tiennent le monde aux creux de leurs paumes. Quand on lutte on dit non à l'obéissance contrôlée. On veut continuer d'être acteur et maître de notre propre existence dans la mesure du possible. La communication est devenue autant notre alliée que notre ennemie. Notre alliée pour diffuser les informations cachées volontairement par ceux qui ont des intérêts à tirer du mensonge. Notre ennemie lorsqu'il s'agit d'enjoliver le pire pour protéger des privilèges ou arnaquer la société, qui face aux profits de quelques uns ne pèse rien.

Nous ne pouvons plus compter sur les journaux pour traiter l'information.  Pas la faute aux Universités qui continuent je crois à former de bons journalistes, mais des intérêts économiques gangrènent les rédactions. On se retrouve avec des articles orientés, presque scandaleusement, comme celui-ci, dans le journal 24h,  et tous ceux signés par le même journaliste, qui sur Twitter se dit "addict" des éoliennes... On ne va pas s'attendre à une quelconque objectivité de la part de ce Monsieur: 



Bref, lutter c'est affronter beaucoup, beaucoup de déceptions. On pourrait se laisser abattre, rentrer dans le rang, et cultiver son jardin sans déranger personne en attendant que le système nous programme à son image où nous jette aux oubliettes.  

On peut aussi regarder ce magnifique documentaire, "Je suis FEMEN", encaisser la formidable gifle que nous donne ces toutes jeunes filles, engagées avec une intelligence et une efficacité hors du commun pour la liberté d'expression et la démocratie. Il y a FEMEN et FEMEN, celles-ci sont les fondatrices du mouvement, les seules à mériter ce titre. On ne ressort pas indemne de ce documentaire, on se sent de toutes petites choses gémissantes face à la détermination et à la capacité d'action de ces femmes. Elles nous redressent la tête et nous rappellent la phrase de Nelson Mandela: Notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au-delà de toutes limites

Oxana et ses amies ont atteint cette puissance, l'étape d'après était la mort. Merci la Vie de les avoir éloignées de cette fin tragique que différents pouvoirs leur réservaient à n'en pas douter.  Merci à celui qui nous a raconté leur histoire. Elles sont de celles qui nous aident à vivre et à nous battre. Elles sont le miroir dans lequel nous rêvons de nous reconnaître. Elles ont affronté le pire avec panache pour défendre des droits auxquels renoncer sont autant de crimes contre l'humanité. Elles se sont battues pour nous. MERCI.

Ce fut un honneur immense que de rencontrer cette personnalité hors du commun lors de la projection du film à Porrentruy. À la question: " qu'est-ce qui vous a décidé à accepter d'être filmées?" la réponse est sans hésitation: "Parce que les journalistes ne rendent jamais l'intégralité de nos arguments, le contenu de nos actions, le sens de celles-ci". Information déviée, censurée, mise sous pression, actions mal interprétées, voire démolies, ridiculisées pour servir le pouvoir, etc...

Oxana est artiste et si j'ai un voeux pour elle, c'est que le succès lui soit doux et que la justice lui soit rendue.

À voir: "Je suis FEMEN" le site du film: http://caravelproduction.ch/documentaires-3/femen/

2 commentaires:

  1. Ce monsieur était présent à la conférence de presse de PLVD lors de la présentation du dossier santé. Il n'a donc aucune excuse et affiche une partialité qui n'a pas grand chose à voir avec la déontologie journalistique.

    Si ces lignes étaient le fait d'un journal d'opinion, nous prendrions acte et nous n'y trouverions rien à redire même si nous ne pensons pas pareil. Ce qui est ici inacceptable, c'est qu'elles paraissent dans un journal qui se targue d'être le no un des romands pour l'information.

    Une fois de plus, nous retrouvons cette hypocrisie de ceux qui croient savoir mais qui finalement ne valent pas mieux que ceux qu'ils décrient...A quel moment ce média s'est-il étonné qu'un projet de société décrié et qui n'a pas encore eu son débat public, doive, pour avancer, passer par une restriction des droits démocratiques?


    Car c'est ce que promet le pack de la SE 2050.

    C'est dans la ligne à laquelle 24Heures nous a habitué. Mais en période de scrutin, afficher un tel parti pris s'apparente à de la manipulation. Et c'est scandaleux. Les médias aux service de l'industrie. La preuve par 24!



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  2. mise à jour du dossier santé ici.
    https://docs.google.com/document/d/1xvNxnHKMN_V1F4CdrUuxZm4XFiGyf3oEO_kR7b7KdqI/edit?pref=2&pli=1

    A noter: la modification d'amplitude excessive officiellement reconnue comme néfaste en GB.

    De plus, les méthodes utilisées pour calculer des MA permettent d'en gommer les valeurs. Ce procédé a été comparé dans la presse britannique au logiciel truqueur de VW. Allô Erwan?

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