mercredi 10 mai 2017

SE2050: Le mythe du pompage turbinage entretenu par Roger Nordmann et consorts


"A part les arrêts de centrales nucléaires post-fukushima en 2011, on ne voit aucune diminution des puissances installées préexistantes en Allemagne (fossiles pour l'essentiel), il y a même une légère augmentation.
Le graphique ci-dessus est la preuve de ce que nous avançons depuis le début: Les éoliennes et les panneaux solaires se multiplient et les énergies fossiles ne bougent pas d'un poil, le nucléaire ralentit sans disparaître (et il resurgit ailleurs). On revient toujours à la question du maire de Saint-Brais en 2010: Vous préférez des éoliennes ou du nucléaire? Nous aurons les deux de toute façon lui avions-nous répondu...

Les éoliennes en Suisse, c'est facile, comme d'habitude y'en a point comme nous, nous n'avons que des solutions.

Au problème de l'intermittence nous répondrons avec nos barrages. Enfin c'est ce que dit Roger Nordmann, haut, fort et partout. Sauf que ce n'est pas aussi simple qu'il ose le laisser entendre. Deux spécialistes ont pris la peine d'expliquer pourquoi:

Ce que Monsieur Nordmann semble ignorer ou ne veut pas savoir, c'est que le pompage-turbinage a un coût, en gros de l'ordre de 20cts par kWh à ajouter au prix de l'électricité pompée.

L'éolien subventionné 21cts par kWh coûtera en sortie turbinage du barrage environ 40cts/kWh, donc environ 48cts/kWh en basse tension. Ce coût additionnel vaut aussi pour le solaire si excédentaire (ndlr:le calcul précis a été fait mais je vous l'épargne ici, si quelqu'un le souhaite je peux le lui envoyer)


Un phénomène nouveau est celui des prix négatifs sur le marché de l'électricité
Certaines centrales de pompage-turbinage reçoivent des offres de prix négatifs pour pomper de l'éolien ou solaire excédentaire importé. Ceci permet de décharger les réseaux électriques saturés et diminuer le risque de black out par surcharge des lignes HT en faisant fonctionner les pompes. Lire: http://ufe-electricite.fr/IMG/pdf/30. Les prix négatifs apparaissent en cas de forte production renouvelable (éolien et solaire), vu l'obligation de reprise de ce type d'énergie subventionnée. Ces prix négatifs peuvent aller jusqu'à - 5cts/kWh, ce qui montre bien que l'électricité éolienne n'a aucune valeur marchande, au contraire.

Ce phénomène, associé aux coûts élevés de l'éolien en Suisse, démontre absolument l'utilité d'exiger du gouvernement un moratoire de 10ans qui interdit toute construction éolienne subventionnée!

Les prix négatifs sont aussi une opportunité pour les barrages suisses qui pourront stocker à bon compte de l'électricité excédentaire du marché européen.
D'où l'intérêt de conserver ces ouvrages 100% en mains suisses, ils ont une importance stratégique.

Cette première explication a été complétée par un autre spécialiste:

Oui, et ce coût ne pourra jamais être couvert avec les prix du marché "normaux".
Il ne faut pas oublier que le modèle d'affaires des installation de pompage turbinages récentes (Nant de Drance, Linth-Limmern) prévoyait d'exploiter le "spread", soit la différence entre le prix de pic (à midi, forte demande) et le prix de ruban excédentaire nocturne. Ce modèle n'existe plus: à midi, le photovoltaïque allemand a cassé les prix. Aujourd'hui, aucun de ces investissement ne seraient décidés, ils n'ont pas de rentabilité ! On voit au passage que les grands électriciens n'ont absolument pas anticipé le développement actuel.

Un autre élément sur lequel M. Nordmann se trompe toujours: le pompage turbinage peut au mieux lisser sur la journée. Aucune chance de stocker une semaine de "grand vent" pour la semaine suivante et surtout impossible de faire du stockage saisonnier. Le lac supérieur du complexe de Nant de Drance (Vieux Emosson) est vide en ... 19 heures lorsque les 900 MW de la centrale tournent en plein !

L'autre problème est la puissance installée: à l'échelle européenne, les quelques GW de pompage disponibles ne suffisent en rien pour gérer les puissances installées intermittentes (de l'ordre de 100 GW rien qu'en Allemagne). Or, les pics seront concomitants dans toute l'Europe: soleil à midi en été, vent sur tout le continent par dépressions atlantiques. On ne peut pas réfléchir à l'échelle Suisse uniquement, ou alors il faut revenir à un marché fermé.

Je vous joins un petit graphique sympa: les puissances installée en Allemagne. On voit que depuis 2002, elles ont presque doublé. A part les arrêts de centrales nucléaires post-fukushima en 2011, on ne voit aucune diminution des puissances installées préexistantes (fossiles pour l'essentiel), il y a même une légère augmentation. 

Voilà Monsieur Nordmann, voilà pourquoi j'ai de la peine avec vous et Mlle Chevalley. Votre incapacité de voir un problème dans sa globalité vous discréditent. Vous avez de bonnes intentions et vous vous battez pour les imposer. Mais à partir du moment où la réalité n'entre plus dans votre cadre, vous l'écartez. C'est dommage non? c'est pour cela que nous, simples citoyens, allons chercher ailleurs la vérité. La vôtre, nous avons cessé d'y croire. Elle manque singulièrement de fondement.

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