mercredi 21 juin 2017

Il y aura toujours des gens pour défendre l'industrie éolienne, mais nous sommes les seuls à pouvoir défendre nos lieux de vie et notre environnement naturel.


Graffitis, Athènes, publié dans le journal le Temps, ici


Si toutes les questions pertinentes étaient posées avant les décisions prises par les citoyens dans les urnes, les choses seraient différentes.

Lorsque des mouvements de lutte accompagnent activement les campagnes avant des votations, comme par hasard les résultats ne sont pas ceux que le gouvernement et les politiques préconisent, parce que la vérité est plus largement débattue avant la décision finale. On l'a vu avec les résidences secondaires, la RIE 3 ou encore ce week-end avec la Ville de Moutier devenue enfin jurassienne.

Si la problématique des éoliennes et du capitalisme vert en général faisaient l'objet de l'attention qui a été portée à ces trois objets en votation populaire, il n'y aurait aucune éolienne industrielle en Suisse et ailleurs, et la société civile exigerait une stratégie énergétique non pas basée sur le profit, le contrôle et les illusions, mais sur les besoins réels et le respect de la vie en général.


Après des votations, il est courant de lire ce genre d'article (ci-dessous) dans la presse populaire, mais avant, personne ne s'aventurerait à le publier! D'abord on passe la pommade et après on revient aux choses qui dérangent... Monsieur Ansermet, votre question arrive bien tard et c'est navrant. Un coup dans l'eau après la SE2050.

Quand je vois les verts et la gauche (eux, parce qu'en eux j'eus confiance, il y a longtemps) se préoccuper de promouvoir l'industrie éolienne, même indirectement, alors que les sites naturels et leurs populations sont les plus menacés par le capitalisme vert, je comprends pourquoi les français ne se déplacent plus aux urnes et pourquoi les socialistes sont moribonds. Leur manière de faire de la politique de gauche et de protéger l'environnement est indéfendable.

Qui lâcherait un business telle que celui de l'énergie?  Un business qui peut se permettre de "perdre" des milliards et de les retrouver dans la nature avec la bénédiction des pouvoirs?

Se battre contre leurs nouvelles pompes à fric et pour ces espaces qui nous sont chers a beaucoup de sens. Je ne pense pas que nos luttes empêcheront la terre de tourner, mais elles peuvent empêcher le pire.

http://www.24heures.ch/signatures/reflexions/passes-milliards-barons-electricite/story/24055498

Où sont passés les milliards des «barons de l’électricité»?

L'invité Serge Ansermet rappelle le pactole engrangé ces dernières années par les grandes compagnies.



Les «barons de l’électricité» (notamment Axpo, Alpiq, BKW, Repower) constituent l’un des plus puissants lobbies dans notre pays. Ils sont sur le point d’arriver à leurs fins: plusieurs centaines de millions vont être débloquées annuellement, de différents canaux, pour renflouer leurs finances chancelantes.

Dans ce débat on oublie les milliards qu’ils ont engrangés au début des années 2000. Quelques chiffres permettent d’en préciser l’ampleur. Entre 2000 et 2014 c’est quelque 15 milliards de francs qu’ils ont réalisés grâce à l’électricité de pointe exportée (dont 2,115 milliards pour la seule année 2008). 

De façon plus générale la branche de l’électricité (300 entreprises représentant 90% de la production et 80% de la distribution) a accumulé des profits de plus de 20 milliards de francs entre 2005 et 2014 soit le double des dix années précédentes. En 1999 le bénéfice distribuable était de 690 millions, dix ans plus tard il grimpait à 5,62 milliards.

Ces profits ont maintenant fondu et leur destination ne fait plus débat alors que d’énormes investissements dans le pompage turbinage restent à amortir (dont 4 milliards entre Nant de Drance et Linth Limmern). Pour diverses raisons, les pics de la demande ne sont plus ce qu’ils étaient et la différence entre le prix du kWh de pointe et de ruban a fondu. Plus que les barrages traditionnels existants ce sont les équipements de pompage turbinage ainsi que des investissements foireux à l’étranger comme des centrales à gaz et à charbon qui mettent en péril ce secteur de la production électrique. L’offre excédentaire et la baisse du prix du courant en bourse ne suffisent donc pas à expliquer les problèmes rencontrés.
Par ailleurs nos entreprises électriques sont mal placées pour se plaindre du marché de l’électricité faussé par les subventions puisque elles-mêmes tirent des profits non négligeables grâce à ces mêmes subventions dans les nombreux pays européens où elles ont des participations dans le solaire et l’éolien.

Depuis quelques années les pertes et les amortissements extraordinaires se suivent. Sur ce gâchis règne l’opacité; on devrait payer en fermant les yeux sur les responsabilités.
Ne serait-il pas temps qu’une enquête indépendante soit diligentée et le débat ouvert, notamment sur les responsabilités? Une telle démarche est toutefois difficile tant le lobby des principales entreprises d’électricité est puissant au sein des Chambres fédérales et des commissions spécialisées. De plus, les cantons et leurs représentants n’y ont pas intérêt: comme propriétaires de ces installations ils sont bénéficiaires de dividendes, tantièmes, impôts et redevances diverses.

On attend des politiciens qu’ils soulèvent ces questions comme ils l’ont fait lors de la débâcle de Swissair…
(24 heures)
Créé: 13.06.2017, 14h52

samedi 17 juin 2017

Learning from Athens



Quelques graffitis des rues d'Athènes trouvés sur ce blog

Il y a longtemps que la Grèce s'est invitée dans le débat éolien avec la colonisation scandaleuse de la Crète par les producteurs d'électricité européens et autres investisseurs "verts" auxquels les suisses viennent d'ouvrir leurs draps en acceptant la SE2050 telle qu'elle leur a été proposée.

Quelques éoliennes pointent à l'horizon d'Athènes, visibles de l'Acropole,  elles sont aux paysages européens ce que les grandes surfaces ZARA et H&M sont à leurs avenues: banalisantes. Symboles d'un monde qui marche tête baissée, uniformisé sous la pression de tous les marchés.

Mais ce n'est pas ce qui m'a le plus impressionnée en marchant ici:

Les graffitis sont autant de témoins de  choses qui se sont passées, qui se passent, qui se taisent, qui naissent ou qui meurent.

Des bus bleu foncé contre lesquels sont appuyés des boucliers, à l'intérieur desquels des types armés jouent au Tavli (genre de Backgammon), longent les trottoirs.

Derrière des grilles, des édifices publiques ne disent plus ce qu'ils abritent, ils semblent livrés à eux-mêmes, des jeunes traversent les allées, vont et viennent, affairés.

Les pavés de marbres résistent au temps mais se soulèvent, s'écartent, rendent le cheminement des piétons incertain.  À côté les voitures défilent en rangées pas très disciplinées sur des avenues bosselées, ou dangereusement proches dans des rues étroites et encombrées. 

Athènes bouillonne mais ne se livre pas. Je suis ici analphabète. Les lettres grecques rendent les mots inaccessibles pour moi, je voyage sans repère, je visite sans explication. Athènes révèle mon ignorance et me donne soif de savoir. D'hier je ne sais pas grand-chose. D'aujourd'hui pas assez. Mais ici quelque chose se passe. Les silences sont trop lourds. Les grecs n'ont pas dit leur denier mot. La ville blanche craquelle sous son vernis...

C'est pour la Documenta que je suis venue. Un événement artistique qui semble payer les frais de l'arrogance européenne. Je ne me prononcerai pas sur la polémique entretenue à ce sujet, dont il est question dans cet article, je ne me suis pas encore assez informée là-dessus. C'est donc sans à priori que je visite le gigantesque musée d'art contemporain que l'on dirait sorti d'une longue sieste pour la circonstance. Mieux que personne, à mon sens, les artistes savent rendre compte de l'état du monde dans lequel nous évoluons. À Athènes, ce sont des artistes engagés et militants qui l'expriment. On peut voir des images à partir d'ici.

Ce qui me semble clair est que l'alerte lancée par les artistes est maximale. Que l'urgence résonne partout et que la mouvance verte menée tambour battant en occident par des affairistes et accueillie tout aussi artificiellement par une société d'écologistes appliqués n'est rien d'autre qu'une tentative de diversion des pouvoirs en place pour occulter le chaos dramatique qu'ils ont mis en marche.

Oui le business a rattrapé l'art aussi et oui il y a beaucoup à regretter dans ces événements internationaux récupérés par le système. Mais  les artistes sont loin d'être tous convertis à ces jeux de rôle et d'argent. Ne pas le croire serait donner raison à ceux qui ont tout fait pour museler l'art et en faire un produit de consommation comme un autre. Ce n'est pas vrai. Il y a une voix forte derrière ces femmes et ces hommes qui transmettent leur analyse, leur perception, leur vécu, à travers des objets, des films, des peintures, des installations. Ils disent le monde, celui que l'on voit, celui que l'on ne voit pas ou que l'on ne voit plus, celui qui est réel, celui qui ne l'est pas. Ils sont nos yeux, notre âme, nos mains. Ils rendent compte et alertent mais c'est à nous de voir et d'agir.

Dès lors faut-il perdre du temps à réfléchir si la Documenta à Athènes est ou non une colonisation impérialiste? Je préfère m'en tenir à l'immense travail artistique présenté et à ce qu'il dit de nous.

De retour chez moi, les deux éoliennes géantes du village se dressent comme des symboles de cet aveuglement collectif que des milliers d'artistes tentent de mettre en lumière. L'objectif est loin d'être atteint. On dirait que plus la menace est grande et plus le pouvoir et les aspirants au pouvoir accordent leur bannière. Je m'inquiétais du soutien des verts à la SE2050. Extrait de la réponse des verts jurassiens:

"Et comme toujours dans le cas de compromis au niveau fédéral, nous avons du évaluer le résultat politique en cas du victoire du Non.
Cela ne sera pas vu comme une victoire des défenseurs de l’environnement mais comme la victoire d’une partie de la droite et de certains milieux économiques qui s’opposent à toute transition énergétique. Dans cette constellation politique, nous avons choisi le champ du Oui. Cette stratégie prévoit aussi certaines mesures qui vont dans le sens de l’amélioration du climat."
En résumé, plutôt se tromper ensemble que s'opposer courageusement seuls...



Dans cet article on fait un tour rapide d'une partie des oeuvres présentées à la Documenta 14

lundi 5 juin 2017

Suisse: Le nucléaire est mort, vive le... Nucléaire?



Fallait pas le dire tout-de-suite, fallait attendre que tout le monde soit équipé...



"Sous le soleil exactement un monde nouveau nous bâtirons, main sur le coeur nous chanterons, adieu l'atome et vive le vent".

 Les citoyens suisses tiennent peut-être leur nouvel Hymne National. Le 21  mai dernier ils ont accepté de sortir du nucléaire suivant en cela la vision du futur selon Saint Doris et ses disciples.  En Suisse le vert est avant tout la couleur de l'argent. Nos politiciens le savent et autant pour vendre une idée que pour la combattre, c'est d'argent qu'il faut parler. Dans ce cas précis les uns promettaient une facture salée, les autres de sucrer les investisseurs.

L'appât du gain l'a emporté. Sitôt dit, sitôt fait, les citoyens espérant bénéficier de la manne fédérale se sont précipités sur les panneaux solaires dès le lendemain de la votation, pour être sûrs d'être en bonne place sur les listes d'attente des subventions? Parce que cette généreuse distribution (de topinambours?) connaît quelques retards du côté de Swissgrid qui pour le moment ne peut rien promettre pour faire avancer les choses... Les vendeurs eux se frottent les mains: avec une augmentation des ventes de 40% en moins de quinze jours, ils peuvent. 

La durée de vie des panneaux solaires, c'est combien? 15 ans? La liste d'attente, c'est combien?

Bref, qu'ils se débrouillent avec leurs rêves. On l'a vu, la réalité se moque de toutes ces histoires à dormir debout, le site Géopolitique de l'électricité renvoie à leurs études tous ces insensés de politiciens qui ont dû boire leur biberon devant des films de science fiction gentillets.

Pendant ce temps... article publié en novembre 2016 dans l'EnerGEEK, extrait:

"Plusieurs États se lancent donc dans le développement d’une quatrième génération de réacteur nucléaire affichant des avancées importantes en termes de développement énergétique durable, de fiabilité de la production et de sûreté. Trois de ces six systèmes sont des réacteurs à neutrons rapides."
Ah bon? Et quels sont ces états?

"Une quatrième génération de réacteur issue de la coopération internationale
Le réacteur rapide refroidi au sodium (ou réacteur à neutrons rapides à caloporteur sodium) est issu de la volonté du Forum international Génération IV visant à faire émerger plus rapidement des technologies plus performantes et plus faciles à maitriser. Douze pays (France, États-Unis, Japon, Russie, Royaume-Uni, Suisse, Canada, Chine, Corée du Sud, Afrique du Sud, Argentine, Brésil) et la Communauté Européenne de l’Énergie Atomique décident à ce titre de s’allier en 2000 afin de développer une nouvelle génération de systèmes nucléaires."

"Sous le soleil exactement un monde nouveau nous bâtirons, main sur le coeur nous chanterons, au revoir l'atome et en attendant vive le vent!". 


 Tout le monde il est beau en Suisse...

Sources des images: Charlie Hebdo, article à lire ici



vendredi 2 juin 2017

Boum immobilier à Saint-Brais, la blague continue.




Quand je relis les déclaration du maire de Saint-Brais,  dans le document publié ici, je rigole bien. L' ex-membre du comité de Suisse Eole, ex-membre sans signature de la SA créé par la société Reninvest dont le directeur a fini devant les tribunaux, bientôt ex-maire du village, est un modèle du genre. Ses déclarations sont toujours consternantes tellement elles interprètent une réalité destinée uniquement à tromper.

Saint-Brais et son boum immobilier... C'est donc pour écrire des conneries pareilles que la Confédération verse des millions à Suisse Eole, association dont le comité est composé de  professionnels directement concernés par les bénéfices du développement éolien? Est-il possible de bloquer l'impôt fédéral direct? Parce que personnellement je peine à verser un seul centime destiné à ce type d'association! Soit les anti-éoliens sont traités sur un pied d'égalité au niveau fédéral, soit le subventionnement de Suisse Eole est stoppé.

À propos du boum immobilier, parlons-en:

Deux villas construites après l'arrivée des éoliennes sont à vendre. De très belles maison. L'une en vente depuis des mois ne trouve pas preneur. L'autre vient d'être mise en vente. Les autres nouvelles constructions concernent des gens d'ici qui sont en majorité opposés au développement éolien. Dans les maisons rachetées par des personnes de l'extérieur, deux sont occupées par des personnes qui ont rallié la cause anti-éolienne; une est à vendre depuis des mois aussi et une autre a changé trois fois de propriétaire.

J'ignore pourquoi certains vendent, mais si n'est pas à cause des éoliennes, alors le super travail du maire pour développer le village ne semble pas séduire. D'ailleurs j'aimerais bien savoir de quoi il parle? Lui brille surtout par son absence. Les initiatives sympathiques du village viennent de particuliers, à défaut d'autorités avenantes... Ce que je sais par contre est que les familles d'ici restent et défendent leur village contre les spéculateurs du vent. L'attachement des Francs-Montagnards à leur terre n'a rien à voir avec de l'égoïsme, c'est une histoire d'amour. Quelque chose que les citadins ne comprennent pas, eux qui s'imaginent que nous allons sacrifier notre vie pour ça: 

L'électricité dans le monde:

En France l'Assemblée Nationales revient  avec une proposition de loi pour distancer les éoliennes de 1000m des habitations pour toutes les raisons expliquées dans ce projet de loi à lire ici Il n'y a bientôt plus que la Suisse pour oser imposer des machines à 300m des habitations. C'est proprement irresponsable et scandaleux.

Le dernier rapport de l'Académie de médecine en Fance fait débat, à lire ici

Un article étonnant sur les coûts du démantèlement éolien à lire ici

Pour le boum immobilier, la saga continue. Une ex-conseillère communale s'est insurgée contre la vente de la dernière parcelle du haut du village, jugeant inacceptable le prix bas concédé à l'acheteur par l'assemblée communale. Elle prétendait redouter la spéculation. Depuis ce dernier s'est retiré de la vente pour des question d'ordre privé, et devinez qui vient en assemblée communale demander l'achat de ce terrain? L'ex-conseillère en personne! Je me réjouis de connaître le prix qu' elle va proposer, elle a déjà acheté deux maisons au village... elle avait dit redouter quoi?

Ma copine me dit que la jeunesse récupérera tout le mal qui a été fait ici ces dernières années au niveau communal. De fait trois jeunes sont maintenant au Conseil. Il ne reste que deux membres de l'ancienne équipe. Le maire devra partir en automne. Une nouvelle place se libère. Espérons que leur rancoeur sera appelée ailleurs et que place sera faite à une équipe désireuse de relever la tête du village autrement qu'avec de mauvais vents! 

Bon débarras!

image source

dimanche 28 mai 2017

La gueule de bois



Le travail fut pour moi longtemps un accessoire de l'existence.  Il payait mon loyer, remplissait  mon frigo, me permettait de voyager de temps en temps. Tant qu'une place me plaisait je restais. Quand la lassitude s'annonçait je partais. Mon travail n'était pas un sujet, il était un moyen.

Ma première rencontre avec les ambitieux, c'était en 1990. Un groupe composé de mecs entre 30 et 50 ans lançait une agence de communication. Je fus leur première secrétaire. Des mâles chics qui se la pétait, c'était ce à quoi il me semblait assister chaque jour de mes trois mois d'essai. J'étais loin d'imaginer que la norme c'était eux, pas moi. L'entretien d'embauche aurait dû me mettre la puce à l'oreille avec ces questions débiles du genre "dites-nous pourquoi nous devrions vous engager vous plutôt qu'une autre"et tout ce baratin qui aujourd'hui empeste le monde du travail. Jusque là j'avais été épargnée par ces guignols qui fonctionnent avec des codes, s'habillent pour paraître honnêtes et ne pensent plus qu'en terme de réussite et de bénéfices. Embrasser leur monde eut été renoncer au mien. J'aurais sans doute réussi, l'homme s'adapte. Mais je n'ose imaginer l'état dans lequel je serais aujourd'hui sous cette couche de mascarade...

Je repense à tout cela ce matin, parce que la mort de deux acteurs majeurs de la politique éolienne dans le Jura me pose question.

 L'une m'avait auditionnée pour le poste de "Monsieur Energie" mis au concours par le Canton. J'y avais postulé par provocation et la cheffe de service fraîchement élue avait joué le jeu en me convoquant à l'entretien. Elle fut à la hauteur. On sentait le prestige tout frais de sa nomination dans chacune de ses phrases et chacun de ses gestes. Je n'ai pas rencontré une femme mais une employée supérieure qui jouait son rôle. J'ai eu l'occasion de la revoir plus tard, toujours affairée à paraître et à défendre une cause qu'elle avait faite sienne par la magie de l'emploi: le développement éolien. Son enveloppe de cheffe y était plus épaisse, l'autorité avait largement pris le dessus au détriment de l'écoute. Mais le masque semblait fatigué.

L'autre avait largement donné sa vie à sa carrière. Peu devaient encore utiliser son prénom tellement il avait mis de l'énergie à se faire un nom. De son bureau il gérait le pouvoir de sa fonction et dans la rue il y semblait toujours assis. Il m'a cassé les pieds parce qu'il n'en avait rien à faire des paysages qu'il prétendait gérer: ils étaient devenus sa monnaie d'échange, son sésame professionnel, sa carte de visite, son business quoi. Une jeune architecte du paysage était venue le trouver pour lui  proposer d'élaborer la stratégie d'implantation d'éoliennes industrielles dans le Jura en collaboration avec le Canton de Berne pour en limiter l'impact. Il avait eut cette phrase surréaliste: "Vous savez, les jurassiens, ils s'en fichent des paysages" et avait pris congé d'elle. Il a tenté d'imposer sa vision des choses jusqu'au bout... On ne saura jamais quel maître exactement il a servi. Mais on sait que son fils est à la base de la première étude de faisabilité de parcs éoliens dans le Jura, bien avant que les citoyens ne se posent la question de leur développement, bien avant la visite de la jeune architecte... Il a porté ce concept de tout le poids de sa fonction et au-delà encore.

Souvent je repense à ces deux interlocuteurs aujourd'hui disparus et avant l'âge... Tout ça pour ça? Doit-on vraiment se déguiser pour faire tourner le monde? Faut-il vraiment emmerder les autres pour garder son titre, étendre son pouvoir? Nous savons tous qu'un jour la mort nous arrêtera.

Je crois que je suis fâchée avec eux. Fâchée du mal qu'ils se sont donnés pour réglementer le monde à leur image ou pour se réglementer à l'image d'un certain monde... 

Les Crêtes du Jura sont suspendues à la ronde de ces masques qui se relaient pour les détruire durablement avec le reste.

Que l'on soit d'accord ou pas avec ce cirque n'est plus la question. La question est de savoir comment nous faire tous entrer dans le moule et de nous y serrer au point de nous ôter toute indépendance de mouvement et d'esprit.C'est exactement cela que dit Isabelle Chevalley dans cet article de 24h: «Même à 50,0001%, un oui est un oui!". 

La votation sur la stratégie énergétique de dimanche dernier a déplacé en moyenne 40 et quelques % des ayant-droit, voici donc le genre de démocratie qui réjouit cette politicienne? Je comprends mieux pourquoi elle disait toujours que 90% des citoyens voulaient des éoliennes: l'avis de ses proches devait lui suffire pour diffuser ses bruyantes statistiques.


image ici

jeudi 25 mai 2017

Ils ont élevé la production d'énergie au même rang que la protection de la nature...




Lors d'un séjour dans les Pouilles en Italie, j'ai pu constater les conséquences de la politique énergétique en marche en Europe: La mouvance verte récupérée par tout ce que la planète compte de filous, d'arrivistes et de requins y a fait des ravages. L'intérêt général décrété pour la production d'énergie verte déchire les entrailles des terres ancestrales, brasse outrageusement l'air au-dessus des oliveraies à coup de pales subventionnées qui alimentent les caisses de la mafia. (lire la dernière phrase de l'article)

Beaucoup de jeunes gens vivent encore sous le toit de leurs parents jusqu'à un âge avancé parce qu'ils ne trouvent pas d'emploi, ou que des petits boulots à peine rémunérés.  Leurs pères, si ils ont pu y obtenir le sésame d'un emploi, travaillent "à la Fiat", comme ils disent là-bas: ils partent à l'aube et rentrent tard pour moins de deux mille euros par mois. Seul salaire fixe du ménage. Les femmes ne travaillent pas faute de possibilités. 

L'industrie éolienne ne semble toucher personne dans le coin, les emplois qu'elle génère ne font pas partie des discussions en tous les cas. Les gens des villages où nous séjournions sont davantage préoccupés par les diverses pressions des mafias, l'entretien de leurs oliveraies (souvent les jeunes s'en sont détournés, le père seul tire en avant ce qu'il reste de cette activité autrefois pilier de l'économie régionale. Quid de leur avenir...


Les lobbies de la production d'énergie ont gagné. Leur sésame à eux, c'est l'intérêt général au détriment de la nature qu'ils ont décroché auprès des gouvernements. BINGO!

Les centaines de mâts des éoliennes ont supplanté le romantisme des oliveraies et comme prévu, ce n'est que le début d'une longue agonie des paysages et d'une région. Les producteurs d'énergie se bousculent sur ces terres offertes...

La Suisse vient de s'engager sur la même voie. Avec la bénédiction des citoyens, des verts et des associations de protection de la nature. Les jeunes en tête.

lundi 22 mai 2017

SE2050, ils ont dit oui pour le meilleur et pour le pire... Amen commente la presse.

Les promesses de la stratégie énergétique ont condamné la nature au profit de l'industrie.




Voilà, la messe est dite. Heureusement il n'y a pas que du mauvais dans cette stratégie, nous allons donc l'avaler et faire tout ce que nous pourrons (encore...) pour éviter les couleuvres réservées aux jurassiens. Comme le dit un proverbe chinois: qui s'arrête complètement avant de faire un autre pas passera sa vie sur un seul pied.

Tout comme plusieurs autres communes directement concernées par la suite de ce délire collectif.
Comme quoi les éoliennes refroidissent durablement la confiance des citoyens. Plus il y en aura, plus les réveils de nos politiciens seront durs. Hélas, jamais autant que les nôtres.

Si la RTS relève justement ces faits, le QJ démontre définitivement son parti pris en relativisant la nouvelle. Ce journal nous aura beaucoup déçu durant cette campagne, il continue de le faire.  Les anti- éolien lassent la rédaction selon les dires de l'une de leur journaliste, cela s'est vérifié ces dernières semaines.  Le communiqué de presse concernant le financement de Suisse Eole n'a même pas été diffusé dans leurs pages. Mais je vous rassure, les annonces payantes ont été bien accueillies... La démocratie aujourd'hui passe par là.

Vous avez peut-être regardé Temps Présent jeudi dernier, sur les problèmes des personnes électro-sensibles. Si ce n'est déjà fait, vous pouvez voir ce reportage ici.

Nous sommes encore peu nombreux à sentir les dangers de ce monde hyper connecté, mais de plus en plus de gens le ressentent et vivent un cauchemar,  dans l'indifférence générale,  comme nos politiciens le prouvent avec cette stratégie énergétique qui va augmenter considérablement l'ampleur du phénomène. L'installation de compteurs intelligents sera l'ultime laisse imposée aux ménages. Elle les reliera à leur fournisseur d'électricité, à leur gouvernement, mais surtout à leur médecin...



En cliquant ci-dessus vous arriverez sur le site de la fédération qui traite en Suisse de l'électrosmog. Le texte proposé analyse la SE2050. C'est en allemand, mais la traduction est simple via internet.

Juste-là, il ne faudrait pas qu'un de ces écolos aigri ou dégoulinant de bonnes intentions me dise que c'est pour nos enfants qu'il a voté cette loi perverse... 

 Allez merci Saint-Brais et Muriaux (Peuchapatte)! Votre non est l'épine dans le pied de tous ces politiciens qui crient victoire.




P.S. Voici la carte des résultats des communes jurassiennes, publiée ce jour dans le Quotidien jurassien. En rose celles qui ont refusé la SE2050. On notera que du côté du Mont-Crosin, les riverains directement concernés par les nuisances des éoliennes n'ont pas fait le poids avec Saint-Imier,  à l'abri du problème. Mais tous ces parcs prévus à la suite semblent bien avoir pesé dans le non des 16 communes du Jura Bernois et les 10 du Jura, avec un non marqué à Saint-Brais et au Peuchapatte qui refusent de continuer le saccage. Commentaire du QJ: "Le frein des opposants à l’éolien a peu compté". 
Alors que la RTS commente:
"Ces communes qui ont exprimé leur désamour pour les éoliennes". Légère nuance, mais qui fait la différence. Ici la presse n'a jamais soutenu les alliés des paysages jurassiens et s'est encore moins intéressée aux problèmes sanitaires actuels et à ceux annoncés par la déferlante éolienne: autant dire que l'avis des opposants elle passe dessus comme chat sur braise. Ce journal oublie que si 12'304 personnes ont dit oui,  7'312 ont dit non. Lorsque l'on couvre un si petit territoire, chaque abonné compte...  Que dire des 60% qui ne se sont pas déplacés pour soutenir Mme Leuthard et consorts...


image N. Poussin, Paysage avec les funérailles de Phocion(détail), 1648