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samedi 17 septembre 2016

Carrément géant...


Aujourd’hui, « Mésoamérique » est aussi le surnom d’un projet d’aménagement de plusieurs millions de dollars baptisé officiellement « Projet mésoaméricain d’intégration et d’aménagement », financé et mis en œuvre par les États-Unis.Selon son acte de naissance officiel, il a pour but d’aider la région à se développer par le biais d’investissements dans les réseaux d’infrastructure, d’électricité, de télécommunications et de transport, mais, à cause d’une corruption endémique à tous les niveaux, cette initiative ne bénéficie pas aux populations pauvres et favorise au contraire les sociétés étrangères implantées dans la région.

Ce blog raconte ce qu'est devenue ma vie avec l'arrivée de deux éoliennes géantes devant les fenêtres de notre maison. Pas grave diront certains. Et pourtant pour moi ce fut terriblement grave. Années après années j'ai suivi le pourquoi du comment, j'ai essayé de comprendre et je me suis heurtée aux cordes les plus sensibles de mon être. Parce que la lutte c'est aussi une longue et douloureuse prise de conscience. À tel point que j'en oublie parfois le journal d'une amoureuse de la nature et du silence.

Aujourd'hui je pique la place de la voisine d'éoliennes industrielles et j'ouvre une page de son journal:

Beaucoup de choses font qui nous sommes, mais nous ne les connaissons pas vraiment. Ce sont parfois des autres qui les disent. Avec cet apprentissage de la révolte, si je puis dire, j'ai compris que la communication fonctionne avec ceux qui marchent sur la même corde que nous. Les rencontres ne sont pas le fruit du hasard, elles se font à un moment où nous cherchons des réponses.

Certaines rencontres restent stériles, comme si nous venions d'ailleurs et comme si nous nous projetions dans un monde différent. Exactement comme des aimants qui se repoussent.

Le monde intérieur est extrêmement important dans une lutte. Il faut continuellement se nourrir pour garder du sens et ne pas se brûler les ailes. Parce que être en lutte c'est surtout se battre contre une majorité qui vous déconsidère, c'est quitter notre zone de confort, et ça il faut le gérer.

La nourriture intérieure est principalement alimentée par les rencontres: des Philippe, Fabienne, Christine (s) Catherine, Claude (s), Karine Jean-Marc ou encore Mirabelle...  et tellement d'autres, précieuses, fidèles, vitales parfois. Mais il y a aussi toute la littérature, la culture, l'art pour construire la pensée, comprendre ce que les émotions nous dictent, pourquoi un jour deux géantes vous sortent de vos gonds.

Alors aujourd'hui pas d'histoires tristes avec des mâts et des pales, juste des pistes pour apaiser l'âme ou animer la flamme de notre engagement pour un vent libre de coucher des arbres ou de "soulever les jupes des filles", sans avoir à rentabiliser son passage sur la surface de la terre.

Avec une exposition: Edgardo Aragòn 
Avec une émission de radio: Le prix du silence

 Si un seul de ces liens fait vibrer votre coeur, c'est qu'il aura été mille fois plus efficace que tous les réquisitoires contre la colonisation industrielle de notre environnement.

jeudi 15 septembre 2016

Fermez les frontières, fermez les yeux et fermez vos g...


Les plaisirs de l'île enchantée ou le mensonge d'un roi...

30% de l'électricité que nous consommons est superflue. Ce n'est pas moi qui le dit, ce serait le directeur du groupe fribourgeois E selon un commentaire que j'ai lu ici.

L'électricité produite par les barrages en Suisse ne fait plus recette
 Qui aurait pu imaginer cela au moment où ces barrages ont été construits? Ce sont les opposants qui doivent se retourner... dans leur tombe pour beaucoup. Tout ça? (Liste de ces barrages) pour ça?(article sur la chute d'Alpiq)

La Suisse ne fait plus recette non plus. La neige fond et Heidi préfère tapoter sur son portable que courir dans la montagne.  Ils n'attendaient que ça: que les mythes tombent pour faire pousser des éoliennes! À lire ici

Pendant qu' Abengoa, leader des énergies renouvelables en Espagne, plongeait la tête la première vers la faillite, à lire ici, Gamesa et Siemens amorçaient leur union sans la française AREVA pour devenir  les nouveaux "géants de l'éolien"

La production d'électricité superflue ne fait que commencer! Pourquoi y renonceraient-elles toutes ces grosses sociétés? Chaque fois qu'un robinet se ferme (on l'a vu pour Abengoa) un autre s'ouvre.  Le gouvernement français court comme un caniche derrière les nouveaux mastodontes des mers sous prétextes de créations d'emplois, finalement allemands.

L'éolien terrestre trouve un joli terrain de jeu en Suisse. Le peuple y croit dur comme fer tellement on lui a bien appris la leçon: ici l'avenir sera renouvelable. La transition énergétique fera  du pays une île enchantée, les sociétés bénéficient d'aides publiques et  le citoyen paye aussi bien la subvention à la production que le privilège de consommer de l'électricité verte... Un tour de passe passe qui allège les caisses publiques et les portefeuilles persos. Mais, comment ça marche? Dans les commentaires de ce post je vais vous mettre un petit article et quelques explications.

En fait, on nous raconte des contes de fées. On fait comme toujours quand on a peur, on ferme les frontières (pour de rire dans ce cas précis) et on fait tout bien juste entre nous. Pendant ce temps on fait semblant de croire que le monde s'arrête de tourner et que nous respirons le bon air d'une société verte et vertueuse. Oubliées toutes ces mains qui nous prennent d'un côté et continuent de se servir de l'autre sous la table.

Celui qui guigne par-dessus les frontières, verra peut-être que du côté de Hinkle Point, en Angleterre, on raconte aussi des contes de fée, mais l'héroïne ne tourne pas dans le vent, elle est nucléaire. Mais on s'en fiche, la frontière est étanche et nous on aura du courant vert, nanananère!

Le plus terrible dans tout cela est que le citoyen responsable qui tente de protéger le peu qu'il lui reste, se retrouve puni, bâillonné, menacé, expulsé pour céder la place aux buldozers...verts. Voyez ici.

Avec la SE2050, cela pourra aussi nous arriver. Certaines lois ne sont faites que pour créer des hors-la-loi punissables et sous contrôle.

Ah!  si la suisse comptait un peu plus de ce genre d'élus...

dimanche 11 septembre 2016

Ces indiens qui résistent aux éoliennes?


 
 "La dame blanche" est le nom du projet de parc éolien dans le Doubs  à lire ici . Un nom bien inspiré à voir cette image: les indiens fuient devant l'imposante créature qui représente ici la conquête de l'Ouest (American progress, John Gast, 1872)

 « (…) Ici à Mont-Crosin, nous avons pu travailler dans le calme et le dialogue. Je rends visite aux propriétaires (ndlr:des terres louées pour les éoliennes) - ils sont une vingtaine -  pour les écouter, leur offrir une oreille attentive, les prendre au sérieux, parfois leur proposer une solution à leurs soucis du  quotidien. On m’a traité d’idiot parce que je gaspillais mon temps à aller voir ces « indiens ». Il y a bien deux approches différentes. »

Ces paroles sont de Monsieur Pfisterer, président de la centrale d'éoliennes du Mont-Crosin,  Juvent,  ex membre de la direction des BKW. Nos supers conseillers communaux des campagnes et les propriétaires terriens qui  louent leur terre pour des éoliennes, savent-ils que leurs nouveaux amis des entreprises de production d'électricité parlent d'eux comme  étant des "indiens",  sous-entendu des imbéciles dans leurs têtes de colons, une fois qu'ils leur ont soutiré ce qu'ils voulaient?

Et dire que certains pensent que j'exagère lorsque je ne fais pas de différence entre ce qui se passe sur les Crêtes du Jura et ce qui se passe au Mexique ou en Afrique et ailleurs autour du développement des énergies renouvelables. Dire que certains se voilent encore la face avec les bonnes intentions affichées des colonisateurs. 

Les jurassiens ont gagné leur liberté face à l'occupation bernoise et ne ratent pas une occasion de la fêter et de s'en féliciter. Ils acceptent aussi fièrement leur réputation de rebelles. C'est le cas du conseiller communal Frésard, qui se prétend activiste de la lutte pour le Jura libre et qui aujourd'hui est activiste pro-éolien aux côtés des sociétés genevoises ou zurichoises, qui viennent puiser leur énergie sur ces terres alors tant revendiquées, comme cela était claironné dans une campagne d'affichage en ville de Bâle il y a quelques années en arrière: il était écrit en grand: "Nous puisons notre énergie dans le Jura". On y voyait des enfants courir aux pieds d'éoliennes géantes...

Au sud du Jura,  peut-être que les bernois venaient déjà tendre leurs oreilles attentives dans les chaumières pour régler les petits soucis des ayants droit... L'histoire d'un peuple tient à peu de choses au fond. M. Pfisterer l'a bien compris.

(Pour mémoire, on peut encore visionner l'émission Mise-au-point sur les pratiques des colonisateurs. Ici)




Martin(tin)au Mont-Crosin... :-)

Source de l'image: Tintin au Congo, Hergé, 1930

vendredi 9 septembre 2016

Devinettes: Vent? Eoliennes! Pâturage? Eoliennes! Energie? Eoliennes! Vert? Eoliennes! Emploi? Eoliennes! Menteurs? Eoliennes!




Sur la RTS, dans le journal de 12h45 il y a quelques jours la verte Adèle défendait (ici) l'initiative de son parti pour une économie verte,  qui sera soumise au vote populaire le 25 septembre prochain. Qu'est-ce que la RTS a diffusé comme image en introduction de l'interview? Une éolienne "majestueusement blanche sur fond de ciel bleu, illuminée de soleil"...  What else? ...  Economie verte et éoliennes s'avèrent du coup indissociables. L'oeil a envoyé le message au cerveau. Comme on votera en plus pour deux parcs éoliens en Suisse romande le même week-end, cherchez le sponsor...

Hier, dans l'émission Couleurs locales, même chaîne, la journaliste blanchit sans en avoir l'air les mensonges des promoteurs  lors de sa présentation du reportage  sur les deux parcs éoliens en votation ce week-end dans les cantons de Vaud et Neuchâtel. Elle commence avec cette phrase: "Je suis sur les alpages des Grands Plats de Vent et des Grands Plats de Bise, des noms prédestinés vous en conviendrez, c'est ici que les communes de la Vallée de Joux projettent depuis plus de dix ans l'implantation de 7 éoliennes capables de rendre la région autonome" ... What else? ...  Elle a tout dit,  ces pâturages avec des noms pareils n'avait aucune autre destinée que de finir en zone industrielle pour offrir l'autonomie énergétique locale. Tout le monde sait que l'attention des auditeurs est à son maximum au moment de l'introduction d'un sujet, c'est là qu'il faut placer le message. Le vent est indissociable de la production d'énergie  et l'autonomie énergétique dépend de lui. Le mal est fait. Vous pouvez toujours venir après pour remettre la nature au milieu des pâturages et expliquer la production aléatoire ou le fonctionnement du marché de l'électricité, vous serez trop long et ennuyeux, on ne vous écoutera plus.

La majorité de ceux qui voteront pour ces parcs éoliens le feront sur la base de ces deux affirmations sans en contrôler la validité, sans réfléchir aux conséquences sur ces magnifiques espaces naturels.

Se battre contre cette redoutable efficacité froide  et calculée demande une grande humilité et beaucoup de persévérance. De l'humilité parce qu'on perd souvent et de la persévérance parce que quand on a repéré ces mécanismes on ne peut pas accepter d'être réduit à ça.

Si vous voulez mesurer l'ampleur de l'ignorance de certains politiciens sur leur propre terrain,  visionnez ce petit bout d'émission sur France Inter, où la ministre Ségolène Royal qui sème les éoliennes dans toutes les régions de France démontre à quel point elle ne sait pas ce qu'elle fait, cliquer ici

Quand on vous parle d'éoliennes à la télévision, on ne vous montre jamais en arrière plan cette image:


lundi 5 septembre 2016

Les verts jurassiens ont-ils allumé la lumière?

Un aspect oublié dans la réflexion sur l'éolien: le remboursement à prix coûtant (rpc) via Swissgrid. On remplace banquiers par promoteurs sur l'image et l'affaire est bien résumée.


Ce que ne se sont jamais sentis obligés de faire les sections cantonales du parti des verts, qui généralement fantasment sur une société de nantis nourris aux biberons bio en regardant tourner des hélices à vent, les verts jurassiens l'ont fait: Ils ont réfléchi à l'éolien industriel. Il faut dire que vivre à proximité des parcs éoliens, ça remet l'industrie au milieu du village et pour le pire.

Les verts restent un parti politique avec les compromis que cela implique, mais sur ce coup là, dans le Jura ils m'ont étonné quand même. Ils ont pris le temps de se poser des questions: pas de carte blanche au canton sous prétexte d'écologie facile. C'est déjà bien. C'est surtout beaucoup mieux que la gauche et la droite réunies.

C'est sur ce site que nous pouvons lire leur position au sujet du plan directeur cantonal: http://verts-jura.ch/2016/02/01/energie-eolienne-pourquoi-une-telle-importance/#more-2182

Voici le texte:

Énergie éolienne : pourquoi une telle importance ?

Dans leur réponse à la consultation du Gouvernement sur la fiche révisée (5.06) du plan directeur cantonal relative à l’éolien, les Verts jurassiens s’interrogent sur une l’importante mise en avant de cette forme de production d’énergie, la part d’autres énergies pourtant locales et renouvelables s’en trouvant diminuée. La promotion de l’éolien industriel interpelle tout particulièrement.

Considérations générales
°La planification cantonale est une bonne idée pour éviter l’anarchie qui régnait dans le domaine éolien.
On prendra pour référence la position des Verts concernant la LEN et la CCE, en particulier:
– mix énergétique;
– favoriser le renouvelable;
– favoriser les économies d’énergie;
– priorité aux productions locales (petit éolien, solaire photovoltaïque, solaire thermique, bois, biomasse et valorisation des déchets locaux…) et décentralisées.

°L’étude des différentes fiches en lien avec l’énergie nous interpelle: puisque la LEN vient d’être acceptée, la fiche sur l’énergie ne devrait-elle pas être révisée avant de reprendre toutes les autres fiches qui lui sont liées? En particulier il n’existe pas de fiche sur la biomasse, sur la valorisation des déchets verts. Pourtant dans chaque fiche, sous “conception directrice” il est indiqué: “encourager la diversification énergétique en privilégiant les agents indigènes et renouvelables”.

Ceci figure en particulier sur la fiche 5.09 Gaz Naturel. Or, il est inutile de rappeler que ce gaz n’est ni indigène ni renouvelable. Reprenons la fiche 5.07 Géothermie profonde: il est indiqué qu’on peut attendre une production de 334GWH/an et précisé qu’on couvrirait ainsi 50% de la consommation cantonale estimée pour 2035. Dans les documents actuels, on n’accorde que 30GWh/an à la production géothermique. Examinons la fiche 5.11 Énergie solaire: il est noté que 4 à 5m2 sur une maison familiale couvrent 60% des besoins en eau chaude, or on peut aussi grâce aux capteurs solaires thermiques couvrir 30 à 40% des besoins en chauffage. Dans les documents actuels on s’intéresse davantage à augmenter la part de la consommation électrique pour couvrir les besoins en eau chaude sanitaire et en chauffage alors que des solutions simples telles qu’indiquées ci-dessus sont disponibles localement. Dans la fiche 5.11, on lit: “les capteurs solaires photovoltaïques intégrés en façade ou en toiture pourraient satisfaire 30% de nos besoins en électricité”, mais dans les documents actuels on retient 80+20GWh pour l’électricité d’origine solaire, ce qui correspond à moins de 20% de la consommation estimée pour 2035.

°Les Verts contestent donc que l’éolien, qui fait partie d’un mix énergétique, soit maintenant mis sur le devant de la scène avec une telle importance et qu’en contrepartie on diminue la part des autres énergies, pourtant locales et renouvelables. Le projet cantonal est un projet de société qui ne nous convient pas car il fait la promotion de l’éolien industriel et il présuppose une augmentation de la consommation électrique.

°Les Verts sont favorables à des concessions qui permettront d’alimenter un fond en priorité destiné à soutenir des projets environnementaux et les économies d’énergie.

°Les Verts sont inquiets de ne pas trouver dans ces documents d’informations claires concernant l’avenir des parcs éoliens: problèmes liés à la maintenance, au démantèlement ou au repowering. En particulier concernant le démantèlement des éoliennes pendant l’activité du parc éolien ou en fin de vie de celui-ci, les propriétaires des terrains ne seront-ils pas in fine obligés d’assumer les coûts souvent minimisés?

°On ne dispose pas de document précis qui engage les autorités sur les erreurs (évoquées par le Ministre) commises à Saint-Brais et au Peuchapatte. Les Verts demandent aux autorités cantonales d’établir un tel document.

°Nous constatons qu’il y a souvent contradiction entre les projets d’implantation de parcs éoliens et la protection de la nature, de la faune, et du paysage. Des études très approfondies devront être menées avec un grand sérieux pour garantir le respect de ces protections.

°Les Verts demandent un monitoring indépendant et sur le long terme, en utilisant les parcs déjà installés, pour étudier les implications de parcs éoliens:
– effets sur la santé;
– effets sur la faune;
– spécificités du “bruit éolien”, en particulier les basses fréquences et les infrasons, mais aussi les ondes sismiques et le caractère périodique.
Ces études indépendantes seraient un signal fort de transparence.

Problématique et enjeux, page 2 : objectif de l’éolien à 150GWh/an
°Le projet cantonal est optimiste quant au nombre d’heures de fonctionnement et à la vitesse du vent.
Nous sommes conscients que les cartes des vents reposent sur des modélisations ; nous avons comparé la carte des vents utilisée par le Canton (bureau Météotest, étude du 28 août 2013) avec les cartes trouvées sur le site wind-data.ch (mandants OFEN et Suisse-Éole, réalisation bureau Météotest). Puisque les éoliennes prévues seront de grande hauteur, nous prenons comme référence la plus haute altitude disponible soit 100m. Nous constatons que pour un même lieu les cartes wind-data donnent des valeurs de vitesse des vents systématiquement inférieures à celles présentées par le Canton. (Éxemple pour la route de Fahy : 3,5 à 4,4m/s sur wind-data et 5,0 à 5,5m/s sur l’étude du Canton. On peut considérer que la carte présentée par le Canton est plutôt optimiste. Nous ne pouvons que nous étonner d’autre part de la remarque faite dans le document cantonal, résumé page 3: “(…) en comparaison avec la carte suisse des vents (…) la carte suisse des vents dans la région de l’Ajoie” qui stipule que l’incertitude est inférieure à 0,5m/s alors que les écarts que nous relevons sont bien plus grands, plutôt de plus de 1m/s. Seules les mesures sur site permettront de trancher en temps voulu. Il faut tenir compte de l’estimation du nombre d’heures de fonctionnement des éoliennes sur une année. Selon l’étude présentée dans le document du Canton, le nombre d’heures moyen de fonctionnement est de 1’800, or selon différents sites en activité les valeurs sont souvent inférieures à 1’800. On peut à nouveau considérer que le projet du Canton est plutôt optimiste. La réalité du terrain pourrait être bien plus défavorable que dans l’étude présentée, par conséquent le risque est grand soit de ne pas produire autant que prévu soit d’augmenter le nombre d’éoliennes du parc jurassien.

°Les documents fournis nous amènent à penser que la consommation électrique estimée pour 2035 est surévaluée: nous demandons qu’une étude plus réaliste soit présentée avec toute la transparence voulue, dans le respect de l’utilisation des énergies renouvelables indigènes, comme stipulé.
Les valeurs de la consommation électrique du canton données pour 2015 et 2035, rapportées au nombre d’habitants, donnent une augmentation de 36% de la consommation électrique par habitant. Si on tient compte des économies d’énergie prévues, bien que peu précises quant à leur réalisation, on trouve encore une augmentation de la consommation électrique par habitant de l’ordre de 20%. Cette augmentation correspondrait à l’hypothèse qu’en 2035 la moitié du parc automobile sera électrique, mais nous n’avons pas d’informations concernant l’évaluation du parc automobile d’ici 2035; le Jura serait bien inspiré de développer au plus vite ses transports publics pour éviter une telle dérive. Une deuxième explication pour cette augmentation de la consommation électrique par habitant est le passage à l’électricité pour les chauffages et l’eau chaude sanitaire. Nous ne pouvons pas comprendre cette attitude de promotion de PAC qui n’exclut pas les systèmes air-eau, à propos desquels tout le monde sait que selon la température extérieure il s’agit ni plus ni moins de chauffages électriques. Dans notre canton on peut mettre en place plusieurs autres moyens pour le chauffage et en particulier promouvoir les chauffages à distance du type “thermoréseau”, mais aussi le solaire thermique ou photovoltaïque comme cité plus haut en référence à la fiche 5.11.

°Les Verts sont inquiets de la grande part de la consommation électrique qu’il est prévu de couvrir avec la production éolienne; selon des documents de la Confédération, notre région n’est pas favorable à cette production d’énergie. En particulier comment réagiront les autorités si la production n’atteint pas les valeurs escomptées? Quelle autre énergie sera utilisée en remplacement? À travers les documents en notre possession, nous ne pouvons pas comprendre comment l’alimentation en électricité sera assurée lorsque le vent sera insuffisant.

Problématique et enjeux, page 2: “afin d’augmenter l’acceptation des projets”
°L’expression utilisée: “afin d’augmenter l’acceptation des projets” nous paraît inappropriée. La participation des citoyens est indispensable en tant que telle et pas seulement en vue d’un accord avec un projet cantonal.
°Les Verts demandent qu’un responsable compétent du Canton soit en charge de la négociation des contrats et puisse poursuivre les exploitants en cas de non-respect des règles, et ce jusqu’à la fin de l’exploitation et du démantèlement.
°Le Canton doit prendre une part active dans la production d’énergie renouvelable, par exemple par la création d’une entreprise de droit public, ayant pour but de produire et distribuer l’énergie au niveau cantonal.
°Nous soutenons la création de coopératives locales, elles accroissent la responsabilité de chacun dans l’avenir énergétique.

Conception directrice, art.3:20: encourager la diversification énergétique en privilégiant les agents indigènes et renouvelables

Les Verts sont satisfaits de cette prise de position, mais sont inquiets quant à la mise en œuvre, il est à craindre que ceci reste un vœu pieux, un plus grand engagement réel du Canton dans cette voie est indispensable.

Principes d’aménagement
Principe 2: l’énergie grise doit être prise en compte pour tout type d’éolienne. Il doit être démontré que les turbines installées peuvent fonctionner plus de 2000 heures par année à puissance nominale au lieu proposé pour leur installation, sous peine de discriminer (voir plus loin) les petites éoliennes.

Principe 3: le terme “plan spécial cantonal” étant peu utilisé, nous demandons qu’il soit bien reprécisé, et en particulier que soit indiqué clairement qui approuve ce plan (gouvernement, parlement, toute la population du canton, d’un district, autres); sous quelle forme (loi, autres), à quelles conditions et par qui il peut être modifié.

Principe 4: la “participation de la population” n’est pas clairement définie. La communication et la co-construction des projets doit être réelle, sans quoi tous les projets seront bloqués. Il est indispensable, pour que la population se rende compte des projets, de lui fournir dès le départ une simulation sur le terrain, la plus objective possible. La participation de la population ne doit pas se limiter à une simple information. Comme nous le relevons plus loin, nous ne pensons pas que le mandataire soit aussi indépendant que nécessaire, puisqu’il sera payé par l’exploitant.
Principe 5: si on se base sur l’objectif d’implanter 30 éoliennes, on en déduit que sur chacun des sites une dizaine d’éoliennes seront installées. Il faut impérativement informer les communes concernées et la population sans minimiser l’impact final, en annonçant déjà les extensions de parc prévisibles. Seule une vraie transparence permettra une confiance de la population dans les projets. Il ne faut pas oublier l’information aux communes et à la population qui ne sont pas directement touchées par l’installation des éoliennes mais qui en subiront l’impact visuel, les lumières de nuit, ou autres.
Principe 6: nous comptons sur les autorités pour faire respecter les lois concernant les aspects à préserver dans chaque région.
Principe 7:
a) – Nous constatons qu’ainsi certains sites retenus seront éliminés;
– Il demeure une grande difficulté entre la rentabilité des machines, leur taille et leur emprise au sol.

b) – L’impact de ces nuisances devra aussi être déterminé par une étude indépendante en cours d’exploitation et à tout moment des mesures de protection complémentaires doivent pouvoir être prises. Ceci est une exigence indispensable à la réalisation d’un nouveau projet éolien si on ne veut pas se retrouver dans le cas de Saint-Brais et du Peuchapatte, où les autorités cantonales reconnaissent leur impuissance à corriger quoi que ce soit;
– Il doit aussi être pris en compte la volonté cantonale de développer le tourisme doux et donc de protéger les randonneurs.

c) – Nous sommes pleinement en accord mais se repose bien clairement la question préalablement posée de qui approuve et qui modifie ce plan spécial cantonal.

d) – Aucune norme de distance ne figure dans la fiche bien que certaines aient été prises en compte pour l’étude;
– Les spécificités du “bruit” éolien ne se limitent pas à un niveau exprimé en décibels, mais il faut tenir compte entre autres de toutes les fréquences émises, dans le domaine des sons ou des infrasons, et du caractère périodique;
– Nous demandons que tout soit mis en œuvre pour utiliser l’OPB dans ce qu’elle permet de traiter de la diversité des bruits industriels, et le Canton doit veiller scrupuleusement à ce que les bruits éoliens soient pris en compte dans leur spécificité dans toutes les études d’impact. Il serait en effet impensable que la référence utilisée (OPB) ne soit pas adaptée à ce qu’elle prétend mesurer.

(...)

f) Les Verts sont très attentifs à cet aspect non négligeable et insistent sur la nécessité de limiter au maximum les routes qui permettent des accès à des lieux actuellement préservés, et qui, par le dérangement et la destruction de milieux naturels, menacent par là aussi bien la flore que la faune, donc la biodiversité.

g) Dans le même esprit qu’au point précédent, les Verts demandent que toutes les voies d’accès créées pour le chantier qui ne seront plus utilisées pour l’exploitation des turbines soient démantelées, et demandent qu’on minimise la largeur des routes d’accès.

(...)

i) Les Verts demandent qu’un expert cantonal, spécialement formé à la problématique des parcs éoliens, soit mandaté pour le suivi du respect des règles définies avant l’exploitation et qu’il veille en particulier à ce que les provisions nécessaires soient évaluées de manière objective, les exploitants ayant plutôt tendance à les minimiser. L’expert cantonal devra aussi veiller à ce que les fonds prévus restent à disposition même en cas de mauvaise situation financière de l’exploitant pendant son exploitation.

Principe 8.

a) Bonne mesure qui inclut le principe d’énergie grise dans la construction des éoliennes.
Mandat de planification
NIVEAU CANTONAL

Le Service du développement territorial, Section de l’aménagement du territoire:

e) Nous craignons que la pression soit forte sur le site de réserve qui remplacera un site prioritaire: en effet, ne pas accepter de parc éolien sur ce nouveau site mettra en péril l’atteinte des objectifs énergétiques de la CCE.

f) Nous constatons ici que le mandataire dont on parlait déjà dans une autre partie de la fiche n’est pas si indépendant puisqu’il sera payé par le porteur de projet. Nous demandons que ce point soit réétudié pour garantir l’objectivité.

h) La création dans le canton d’une commission “sites et paysages” indépendante, réunissant de nombreux partenaires, notamment les associations de protection de la nature et du paysage est demandée. Cette commission devra aussi prendre en compte les projets sur les territoires voisins, étrangers ou d’autres cantons.

lundi 29 août 2016

Amandine et Elodie expliquent l'éolien...



En Suisse, la première femme recrutée pour charmer les autorités et les propriétaires des surfaces convoitées par l'industrie lourde des éoliennes dont j'ai entendu parler, s'appelait Isabelle. Elle sillonnait les campagnes vaudoises à la chasse aux contrats de servitudes, doublait les mises de la concurrence si elle était passée avant elle, pour le compte des SIG. On lisait dans la presse d'avantage sur son charme d'alors (jeune étoile montante de la politique) que sur les conséquences de ce qu'elle venait chercher. Tiens, au fait, sur les 80 millions perdus aux SIG, combien sont restés sur ces terres promises à "la lionne des éoliennes" (comme l'avait surnommée un journal local), au temps où le vent ressemblait à une jeune fille pleine de promesses?

La vendeuse de Reninvest dans le Jura s'appelait Vanessa. Envoyée dans la fosse pour vendre les pales de ceux qui ont fini devant la justice. Jolie femme, très douce, utilisée de toute évidence pour l'image qu'elle véhiculait  (la modernité, l'avenir, la confiance, la beauté... ) et qui pensait être là pour ses compétences.

À Mercey-sur-Saone, 134 habitants (en Franche-Comté) Amandine et Elodie expliquaient l'éolien aux autorités communales il y a quelques jours. Le compte rendu du journal en dit long sur la méthode. Elles viennent proposer un tsunami dans la petite communauté et l'image est commentée comme le livre de "Martine à la campagne"


Il leur suffit donc de prendre les gens des campagnes pour des cons, de leur envoyer des jeunes femmes qui parlent de l'industrie éolienne comme d'un dernier modèle de tricot ou de l'invention de la roue, pour obtenir les surfaces dont ils ont besoin pour s'enrichir sur le dos de la collectivité? Pincez-moi, je rêve?

Cela me rappelle aussi  les colporteurs d'antan qui venaient vendre "les dernières nouveautés des villes" dans les cuisines des fermes!  Ils venaient en fait se débarrasser de leurs invendus "en avant-première" comme aujourd'hui ils viennent monnayer les terres,  mines d'or pour l'industrie subventionnée,  en  faisant croire aux braves autochtones qu'ils seront les gagnants de l'histoire et même avec un grand H! 


À Saint-Brais les deux éoliennes sont arrivées sous le drapeau de l'engagement citoyen. Deux géantes, financées par de généreux actionnaires citadins pour la grande majorité. Ils viennent de loin en car voir leurs joujoux tourner sur le village avec le sentiment du devoir accompli pour le sauvetage de la planète. ADEV invitent les pigeons de service (maire et conseiller) pour venir dire aux assemblées des actionnaires tout le bonheur qu'ils éprouvent de vivre à proximité de leurs deux machines à sous. J'ignore si ce genre de prestation est payé en plus ou bien si c'est compris dans les quelques trente mille francs annuels que retirent la commune de ces distributrices de nuisances. Nuisances dont ne veulent absolument pas entendre parler les actionnaires. C'est pour cela que ADEV demande aux pigeons de venir glorifier leur désastre.

Heureux les pauvres d'esprit car le royaume des cieux est à eux... Ben voyons. Certains ont bien compris les avantages qu'ils pouvaient tirer de cette promesse!

La revue de presse d'hier était très intéressante sur le sujet de l'enfumage:

Ici celui des photomontages

Ici sur la manipulation linguistique
 

vendredi 26 août 2016

Saint-Brais: deux moloks recherchent logeurs


Des moloks dans le centre historique du village de Saint-Brais? Une idée lumineuse du Conseil communal rejetée par la population.



Le compte rendu de  la dernière assemblée communale dans les médias a rendu nerveux quelques ayants-droit dans le coin, parce qu'il était comme d'habitude édulcoré par l'habile secrétaire. Mais vu les réactions entendues ces derniers jours, je me dis que le coup de balai n'est pas loin.

Les autorités de Saint-Brais ont introduit les éoliennes dans les Franches-Montagnes. Elles ont ouvert l'un des plus beaux paysages du monde (citation de l'ex- ministre Receveur dans un discours prononcé dans les Franches-Montagnes) aux spéculateurs. Depuis elles  essuient les critiques, verrouillent l'accès à l'exécutif , on se demande pour cacher quoi,  et... planchent sur l'installation d'une déchetterie municipale, à leur manière, c'est à dire à coups de couteau dans le dos de ceux qu'elles n'aiment pas: les anti-éolien et les résidents secondaires, cibles favorites des attaques du "non couple".

Elles ont tenté un échange de terrains à l'avantage de la conseillère communale enceinte du conseiller en charge du dossier... et contre les intérêts d'un résident secondaire, pour construire cette déchetterie. Ce dernier n'était au courant de rien, même si les containers étaient prévus juste en face de sa petite maison. Mauvais projet, mal engagé, qui a coûté dix mille francs à la commune. C'était déjà le deuxième, le premier était prévu derrière l'école (l'éducation, c'est pas leur truc non plus) avec passage des véhicules dans la cour de récréation et du camion de ramassage entre deux bâtiments dont la ferme d'une anti-éolienne engagée.  Un autre mauvais projet qui n'a pas passé le cap des autorisations pour de multiples raisons, dont le fait que le passage entre les deux bâtiments étaient trop étroit pour le camion ! Ils ne maîtrisent décidément pas grand-chose. À croire qu'ils ingurgitent du Moloko Plus avant leurs séances!

Renvoyés à leurs copies, il leur a fallu quelques nouveaux mois de réflexions secrètes avant de convoquer cette fameuse assemblée extraordinaire le 17 août dernier pour dévoiler le lieu qu'ils avaient enfin choisi pour accueillir deux moloks: cette fois-ci c'était exactement devant la  ferme appartenant à l'anti-éolienne qui avait déjà dû se mobiliser contre le passage (finalement avéré impossible) du camion. Stupéfaction générale et non entrée en matière votée par la population comme on a pu le lire dans un post précédent.

Cette semaine nous avons reçu un tout ménage, dans lequel "l'élite locale" appelle la population à créer une commission spéciale pour se pencher au chevet de la fameuse déchetterie.

Je me pose une question: que vont nos zélus devenir sans les dossiers "poubelles" et "éoliennes" qui occupent tous leurs neurones depuis tant d'années? À part faire des bébés ensemble... et emmerder le monde.

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