samedi 17 novembre 2018

Eoliennes: La Suisse romande a mal à ses experts.


Après le passage d'Isabelle Chevalley sur Canal Alpha (Eureka), Suisse Eole diffuse sur son site le reportage, qui ne donne la parole qu'aux convaincus et autre salariés du vent . À leur place j'aurais honte de baisser aussi bas le niveau de la désinformation. Dès la minute 6, si vous avez envie d'entendre, I.C. donner son point de vue sur le bruit des éoliennes, c'est par ici. J'aime le coup de la main sur l'oreille pour se faire une idée du bruit des éoliennes, c'est d'une scientificité toute "chevalyenne"qui en dit long sur le contenu de son livre.À propos du bruit justement, ceux qui vivent sous les éoliennes de Saint-Brais et qui les entendent pour de vrai, ont envoyé dernièrement un enregistrement de leurs nuisances sonores.  Ce dernier a atterri chez un ingénieur en acoustique qui a réagi immédiatement

 "C'est incroyable! L'éolienne est à 440  mètres et presque entièrement recouverte par la forêt, mais elle gémit et hurle comme un vieux tramway de 1920 à chaque demi tour (ndlr: enregistrement sonore réalisé avec un natel depuis le cimetière du village) !"

On est loin du souffle entendu lorsque l'on pose une main sur son oreille que croit reconnaître IC, qui, rappelons-le, vit dans la campagne vaudoise, au pied de sa petite éoliennes personnelle qui semble bien servir d'inspiration à sa scientificité.

Elle dit aussi que les peignes sur les pales à Saint-Brais ont réduit le bruit de moitié. Voici  le commentaire de l'ingénieur acousticien, qui ne se remet toujours pas de l'enregistrement de Saint-Brais et qui a pris le temps de se pencher sur les élucubrations de la conseillère nationale:
"Je peux confirmer que la réduction du bruit de 2 dB n'est qu'une réduction de la charge perceptible d'environ 13%, et qu'elle sera à peine remarquée par les humains. Surtout pas si les bruits gênants se situent dans la plage du spectre qui est à peine influencée par la TES. Comme c'est évidemment le cas à Saint Brais avec l'éolienne défectueuse.
Il dit beaucoup d'autres choses cet ingénieur en acoustique qui travaille depuis dix ans sur le son des pales. Les documents et références qui accompagnent ses échanges avec un autre ingénieur, en disent un peu plus sur la complexité des chose. La pharmacienne vaudoise ferait bien de remuer sa main sept fois avant de la poser sur son oreille! 
 
Mais pour aujourd'hui je m'arrêterai ici. Toutes ces déclarations puériles utilisées par les vendeurs de vent me fatiguent. J'ai mal à mon oreille.😬


dimanche 11 novembre 2018

La planète, ce n'est pas une société à 2000 watts.























On voit sur cette image incroyable de Guillermos Arias, l'absurdité dramatique de la politique qui nous gouverne. D'un côté on fabrique des livres d'images pour les riches pour les inciter à sauver leur planète, de l'autre on leur demande d'abandonner  des millions d'êtres humains chassés sur les routes de tous les dangers, comme si ils ne faisaient pas partie de cette planète. Au passage, les uns se graissent la patte en vidant les poches des autres. ("Entre 2000 et 2016, les migrants ont dépensé 15 milliards d’euros pour passer. Dans le même temps, l’Europe a dépensé 13 milliards d’euros pour les empêcher de passer. Un gâchis énorme, des politiques absurdes qui profitent aux démagogues, des budgets et des énergies qui pourraient favoriser l’intégration au profit de tous" (entretien Daniel Mermet, Claire Rodier et Catherine Withol de Wenden) Regardez bien le paysage qui entoure cette scène. Comment croyez-vous que ces machines sont arrivées là? En enrichissant les autochtones? Ont-elles l'air de favoriser un tourisme vert (grand argument du parc du Mont-Crosin) ? Dans la région de Oaxaca, elles sont arrivées comme ailleurs, avec du fric. Un tout petit peu pour les habitants dépossédés de leur région magnifique (j'y étais avant cette colonisation, c'était incroyable de beauté) et beaucoup beaucoup d'argent pour des sociétés étrangères qui ont encaissé les subventions (argent public local) et qui vendent chez nous leur image verte, grâce à ça!

Une politique énergétique débridée, des subventions lâchées dans la nature, une population nourrie avec des mots et des images forts, que des philosophes inspirés soufflent à l'industrie et aux politiques pour faire avaler la pilule en rose (quand j ai demandé à mon neveu docteur en philosophie,  quel boulot il pouvait trouver, il m'a dit qu'entre autre,  des grosses sociétés engageaient des philosophes pour les aider à vendre l'invendable).  Les enfants sous les éoliennes, le ciel bleu au-dessus, et le discours même de la transition énergétique ne sont que le fruit d'une réflexion payée pour nous berner.

Pendant ce temps un drôle de monde  tourne. Alors que l'on nous convainc d'accepter de sacrifier notre environnement pour remplir des poches déjà bien pleines, soi-disant pour sauver la planète, des millions d'enfants, de femmes et d'hommes fuient la précarité, la guerre, les conséquences dramatiques de politiques menées chez eux, contre eux, au péril de leur vie.

Quand on sait que rien qu'en France, ce sont 121milliards d’euros public en faveur de l’éolien et du photovoltaïque  pour 5% de la production électrique nationale qui ont été dépensé entre 2000 et 2010, on imagine sans peine les milliards encaissés en Amérique latine par des investisseurs verts! Et aujourd'hui ce sont les citoyens ruinés, dépossédés, qui se retrouvent face aux fusils de l'armée américaine à la frontière, prête à tirer dans le tas pour les empêcher de passer! 

Tout le monde le sait, mais on fait semblant d'y croire. Un beau monde vert dessiné pour les pays riches, et le chaos pour les autres. Même la gauche y participe. Pourtant elle doit bien savoir que "l’histoire de l’énergie n’est pas faite de transitions, mais d’additions successives de nouvelles sourcesd’énergie primaire, dictées par les logiques de pouvoir, les choix politiques, militaires et idéologiques." Le Brésil et les USA risquent bien de démontrer rapidement cette réalité. 

La planète ce n'est pas une société à 2000watts et des gens qui crèvent autour.

P.S. On commence enfin à parler de la réalité même sur la rts! Ecouter le 2ème sujet de "tout un monde" du lundi 12.11.2018

jeudi 8 novembre 2018

Jura!


 Je fais partie d'une génération qui s'est proclamée citoyenne du monde. Je crois que je suis sincère en ce sens que la joie et la souffrance d'un peuple me touche d'où qu'il soit, que je me sens concernée par ses droits, sa dignité et le respect de ses traditions. Je conçois que je ne puisse m'entendre avec et comprendre tout le monde, et j'apprécie de pouvoir vivre là où il m'est possible de m'exprimer, de m'instruire et de me cultiver en toute liberté, de partager ce sentiment et ces acquis avec d'autres. Et dès que je me mets à réfléchir à tout cela, je me rends compte que la frontière entre l'individu et le monde reste parfois infranchissable. À ce stade les lois gèrent le passage...

Le Jura, j'y suis née, j'y vis et j'y travaille. Je ne me suis jamais sentie patriote, sauf... en fait je l'ai été durant toute la période du plébiscite dans les années 70, fascinée par les événements qui poussaient toute une région  à réclamer son indépendance. C'était l'aboutissement d'un très long processus dont je ne savais pas grand chose. En 1815 le Jura a été "offert" à la Suisse, au canton de Berne en compensation de sa perte du canton de Vaud notamment, devenu lui-même un canton de la Confédération. Ce mariage forcé n'a jamais marché. Trop de choses séparaient les jurassiens des bernois,  à commencer par la langue et bien entendu la religion, que l'on retrouve toujours au coeur de ces  conflits de territoires. D'injustices en frustrations, le couvercle a fini par sauter. Normal et prévisible. Le 23 juin 1974 les jurassiens ne faisaient qu'un, je me rappelle encore la puissance de la joie ressentie, qui n'était pas simplement un état d'esprit, mais une atmosphère que l'on respirait. 

Après, j'ai voyagé, vécu et travaillé ailleurs, je me suis détachée ou simplement j'ai intégré ce Jura et le monde a continué de m'intéresser, de m'interpeller, d'autres cultures m'ont fascinées et d'autres luttes m'ont semblé justes et nécessaires.

Et puis, ce 5 novembre, le vote annulé de Moutier m'a replongé dans ces impressions palpables de 1974, ancrées dans mon subconscient. C'est sans doute dans les rues jurassiennes en 1974 que j'ai pris physiquement conscience de la puissance de la liberté. L'énorme risque que vient de prendre la justice bernoise en remettant le couvercle sur la question jurassienne, démontre les limites des lois qui gèrent les frontières entre les hommes. 

Je vous raconte tout cela parce que la justice m'a souvent déçue, je la trouve de plus en plus compliquée, de plus en plus éloignée de l'humain. À force de puiser ses jugements dans des textes et des faits qui n'ont rien à voir avec le cas qu'elle traite, elle s'embrouille, elle se mord la queue, elle se discrédite. 

Pour ne pas tout mélanger ici, je vais poursuivre ces prochain jours ce post et comparer ce jugement sur le vote de Moutier, avec d'autres jugements ou affaires qui mettent en lumière la totale méfiance qu'inspire la décision de la préfète en cause à Moutier, parce que les arguments qu'elle avance, on les retrouve ailleurs pour justifier des décisions contraires. 

 Je me dis que si l'engagement du maire de Moutier en faveur de la cause jurassienne justifie cette décision, alors tous les permis de construire attribués aux éoliennes industrielles dans la région doivent être annulés et les machines déconstruites. Parce que tous sont portés par des autorités  engagées auprès des promoteurs et  diffusent une information assimilée à de la propagande!


source de l'image

dimanche 4 novembre 2018

Littérature et autres nouvelles automnales

L'automne ça pique


L'industrie éolienne et ses vendeurs sont dans les starting-blocks. L'opposition étant vive, les aficionados des paysages modelés par  l'homme, ou que l'homme détruit à force de les modeler à son avantage, (c'est selon quand et à qui ils causent) ont repris leurs bâtons de pèlerins  pour taper sur les arguments des opposants. Isabelle Chavalley re-publie un livre sur le sujet, re-dit à quel point tout le monde est favorable aux éoliennes géantes,  sauf quelques irréductibles (dont les arguments lui demandent tout-de-même un deuxième livre de mise au pas 😉)

Il semble que la quantité de chats ait terriblement augmentée dans le monde ces dernières années. N'imaginons pas une seconde que la prolifération de pales géantes sur leur passage, aient une quelconque responsabilité dans la disparition de 60%  des espèces d'oiseaux!  Isa nous le re-dit, inquiétons-nous davantage de la gourmandise des chats. Il était urgent que ce livre soit écrit, que nous puissions ré-entendre les vérités d'Isa et retrouvions intactes ses convictions. Les éoliennes géantes sont autant de gouttes d'eau qui grandissent la rivière qui menace les espèces, mais cette théorie de la goutte d'eau ne s'applique qu'à leur production aléatoire qui alimente le réseau, donc parfois nulle malgré la puissance installée. Allez savoir pourquoi...

Bon j'avoue, je n'ai pas lu ce livre et je ne lirai pas, je ne suis pas assez instruite pour me plonger dans les méandres d'un cerveau scientifique de la taille de celui de Mlle Chevalley. Je laisse aux grands le soin de se nourrir de toutes ces portes ouvertes qu'elle doit enfoncer avec la rage qu'on lui connaît.

Plutôt que cette littérature pour les futurs locataires d'appartement labellisés "Minergie" qui se douchent éco et roulent électrique, je lis des textes plus... tristes.

Une institutrice  à la retraite en France, a été jetée de son appartement, parce qu'elle ne pouvait plus payer sa note de chauffage. Un fait divers qui nous rappelle la précarité qui galope derrière ce monde en prétendue transition  que l'état subventionne: en France ce sont 121milliards d’euros engagés en faveur de l’éolien et du photovoltaïque entre 2000et 2010 qui seront prélevés sur les factures des français, pour 5% de la production électrique nationale. La transition énergétique participe à la précarisation d'une population qui n'imaginait même pas se retrouver un jour à la rue, mais tout le monde s'en fiche. Nos amis les écologistes libéraux doivent considérer les laissés pour comptes aussi négligeables que les espèces d'oiseaux disparues, dans leurs pesées d'intérêts.

Des éoliennes pour l'intérêt national? Quel culot, quand on sait qui les paient et qui encaissent.

J'ai beaucoup aimé cet article de Fressoz , un passage est consacré aux mesures prises dans des situations de crise grave pour économiser l'énergie, notamment à Cuba durant les années dites "spéciales". Chez nous on n'arrête pas de parler de la gravité extrême de la situation, mais pour ce qui est de mesures concrètes et utiles... D'où ma difficulté à prendre au sérieux le rôle à jouer par l'industrie éolienne dans les années à venir. Elle fait ce qu'elle sait faire, elle en rajoute au panier déjà plein des dommages causés par notre société nourrie au productivisme acharné.



vendredi 26 octobre 2018

Eoliennes industrielles: l'os qui ronge la cohésion sociale

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Chers amis jurassiens,
Amis de la nature,
Observateurs de la société industrielle,

  • Haute Borne (Bourrignon, Delémont, Develier, Pleigne)
  • Sur Rosé – Plain Fayen (Courchapoix, Courrendlin, Courroux, Mervelier, Rebeuvelier, Val Terbi)
  • Champ du Fol (Fahy, Grandfontaine, Haute-Ajoie)
  • Les Boulaies (Basse-Allaine, Coeuve, Damphreux, Lugnez)
  • Le Peu-Claude (Les Bois, Le Noirmont)


Le couperet vient de tomber en ce qui concerne les possibilités d'implantation d'éoliennes industrielles dans ce Jura presque chaque jour salué pour la conservation de son patrimoine naturel. Ici on ne vient pas pour flamber ni pour frimer, on vient pour se ressourcer, pour ressentir la puissance des couleurs que posent les saisons, la magie des paysages épargnés par la société industrielle. La relation que beaucoup d'entre nous entretiennent avec ces paysages est sincère et respectueuse.

La pseudo transition énergétique (écouter J.B.Fressoz dans le post précédent) viendra à bout de ces bonnes choses. Le Jura se pose en meilleur élève que le reste de la planète, mais il ne fera pas mieux. Parce que ce qui est dit dans les communiqués du gouvernement n'est rien d'autre que tout ce qui se dit partout pour mieux gruger la population:

Le gouvernement veut faire d'abord un parc modèle... Ha! Ha! Ha!  Il faut ne rien avoir lu sur l'industrie éolienne pour croire que cette fable est nouvelle. Les parcs modèles on connaît parfaitement dans la région, il y a le Mont-Crosin. Ses créateurs se répandent dans les médias pour glorifier leur zone industrielle plantée juste en dessous d'un parc naturel régional. Dernièrement, un jeune homme de passage chez nous, à priori favorable aux éoliennes, à entendu nos explications sur ce fléau masqué. Quelques semaines plus tard il se rend sur le site du Mont-Soleil et s'informe autour de lui du ressenti des personnes qu'il croise: à sa grande surprise, il récolte beaucoup de critiques et de mécontentement. Il ne s'y attendait pas, à Bienne où il habite, ce parc bénéficie d'une aura 100% positive que lui même partageait. C'est la magie de la communication et de la distance!

Le Jura propose trois zones pour trois parcs d'un minimum de 5 machines. Mais il oublie de dire qu'autour de ces trois zones mijotent d'autres projets portés par d'autres régions et que tous ces mâts et toutes ces pales battront l'espace à l'unisson, qu'on les veuille ou non. Mais pas de soucis pour nos supers héros de l'énergie, jusqu'ici la publication d'une vue d'ensemble des projets éoliens en Suisse (ceux qui ont reçu l'aval de Swissgrid) n'est pas divulguée pour de sombres secrets d'affaires et autres charabia-juridiques. Facile, la justice étant faite pour protéger les intérêts des plus riches, il suffit d'un langage bien saucé pour décourager les plus curieux.

Le Jura a gardé ses chaussons de loup: il avance avec la mine bienveillante mais il répond directement aux attentes d'une industrie qui avance elle, à la manière de Poutine derrière le fascisme...
Discrètement (quoi que!) mais efficacement.

J'ai tellement de raisons de protester, d'alerter, de m'inquiéter... Mais hélas! Je ne crois plus en la capacité de ceux que je pressentais pour nous aider à sortir de ce bordel industriel qui nous tue tous à petit feu (enfin, depuis quelques temps les flammes s'élèvent...) . Je cois en la nature, en ceux qui la respectent, qui l'intègrent dans une réflexion globale de manière intègre, je déplore la désertion des intellectuels dans les rangs de nos partis politiques qui naviguent complètement à vue ou derrière des capitaines ignorant les lois de la navigation, portés par leurs fantasmes de gloire, bien plus que par leur intelligence du coeur (même pas celle-là...)

Quelques liens ici pour prendre connaissance de ce fameux plan sectoriel éolien de la République et Canton du Jura. 

 En fait on aurait plutôt envie de dire: le roi est mort, vive le roi! 😡

samedi 20 octobre 2018

En attendant la multiplication d'éoliennes industrielles en Suisse:

À lire en cliquant ici





















TRANSITION, PIÈGE À CON ? – JEAN-BAPTISTE FRESSOZ

Tiré de l'excellent article de Nicolas Casaux sur Partage.com:"De Paul Hawken à Isabelle Delannoy: les nouveaux promoteurs de la destruction durable"

jeudi 18 octobre 2018

Si l'on savait écouter les signes...


Un talon d'Achille est une faiblesse fatale en dépit d'une grande force générale (...) Wikipédia.

Finalement ce matin aucune annonce concernant le plan sectoriel éolien du canton du Jura, parce que le ministre en charge de l'énergie a fait une mauvaise chute à vélo: rupture du talon d'Achille.

Quinze jours de répit encore pour les opposants.

Quand on pense que les éoliennes sont le talon d'Achille de la transition énergétique, on sourit un peu et l'on se dit que si les opposants ont peu d'amis en politique, ils ont un ange gardien qui a de l'humour.