dimanche 22 avril 2018

L'écologie des gentils



Des chemins du 17ème au parc naturel: la longue agonie d'un espace occupé.


"Je suis une optimiste, je refuse de voir les choses sous cet angle".

D'habitude je respecte ces gentils qui préfèrent croire que les nuages ne font que passer et que "l'homme soleil" vaincra "l'homme obscur"...  Mais là j'avoue que je n'étais pas d'humeur. Je luis ai répondu que les gens comme elle se font marcher dessus, que la passivité confiante n'est plus de mise et j'ai tourné les talons.

Le capitalisme pur et dur s'est emparé de la transition énergétique, une évidence que je n'ai plus envie de démontrer. Celui qui veut comprendre a aujourd'hui tous les moyens à sa disposition pour y parvenir. Penser que l'illumination universelle va inverser les choses et se contenter d'attendre que cela arrive grâce à des héros comme véhiculent le film "Demain" m'agace. L'écologie des gentils a fait son temps et prouvé son impuissance. Je ne dis pas qu'il faut prendre les armes, mais qu'ils les ont prises depuis longtemps et que bon sang il est temps de comprendre que soit ils ont gagné soit on se réveille. Même les films bourrés de bonnes intentions font marcher leurs affaires!

En 1697, Basville écrivait au duc de Bourgogne:

"il a été fait plus de 100 chemins de 12 pieds de large (env. 4m) qui percent tout au travers des Cévennes et du Vivarais, et qui ont si bien réussi que toutes sortes de voitures vont maintenant, très commodément dans tous ces lieux qui étaient auparavant presque inaccessibles, et il n'y en a point où l'on ne fait rouler du canon et porter des bombes, si cela était nécessaire" p.33, Être forêt, de Jean-Baptiste Vidalou

Ouvrir la voie aux canons et aux bombes si nécessaire... Voici résumée la motivation des gouvernants depuis des siècles. Domestiquer, surveiller, réprimer... et dépouiller si possible! (En 2017, 82 % de la richesse ont été captés par 1 % de la population)

Aujourd'hui les énergéticiens et leurs projets industriels colonisent les campagnes suivis du matériel de surveillance requis. Dans leur sillage, les compteurs intelligents franchiront la dernière ligne rouge en s'imposant à l'intérieur même de chaque foyer. Quand on songera à lever les sourcils sur ces imbéciles qui nous gouvernent, il sera trop tard, nous serons majoritairement sous contrôle.

Les promoteurs éoliens doivent juste regretter que leurs prédécesseurs n'aient pas fait directement des chemins de 6 mètres...

Si comme moi les  écologistes qui collaborent aux manoeuvres ultra libérales de la transition énergétique vous tapent sur le système:  lire ici le dossier de "Perspectives écologiques"


jeudi 12 avril 2018

La gauche a perdu la bataille énergétique


À chacun sa croix...

C'était une discussion entre deux portes. Avec un membre d'une formation politique bien à gauche, en principe celle que j'ai longtemps soutenue avant de me sentir en total décalage avec son discours sur la politique énergétique. Très vite j'ai senti que l'émotion était au coeur de notre brève conversation sur les éoliennes et la géothermie profonde. Je suis rentrée un peu secouée en me demandant ce qui clochait entre moi et ces anciens camarades.

Ce matin j'ai réalisé que la gauche et les verts avaient simplement perdu la bataille de la transition énergétique et qu'ils n'avaient plus rien à dire. Le capitalisme vert leur a coupé l'herbe sous les pieds. Ils ne peuvent pas se battre contre ce qu'ils revendiquaient avec force depuis des années: l'abandon du nucléaire, le développement des énergies vertes, l'autonomie énergétique, la consommation locale. Tout a été récupéré, évalué, labellisé. Le gâteau a été partagé entre les plus gros distributeurs, l'Etat en a profité pour subventionner avec l'argent public des sociétés privées par l'odeur de l'argent vert alléchées.

On sortira du nucléaire en Suisse, peut-être, mais ce cheval de bataille de la gauche est devenu le pur sang de la droite. Si l'on y réfléchit, la fessée est tellement énorme que le rouge des drapeaux ne peut que leur monter aux joues.

Les voici donc embarquées malgré eux dans une révolution verte qu'ils ne dirigent pas. L'objectif de leurs capitaines, droits dans leurs bottes, n'est pas tant d'échanger du gris contre du vert, mais de faire de la place pour tout le monde aux conditions habituelles, c'est à dire au profit de l'économie contre les intérêts des citoyens et de l'environnement. Les verts ont perdu les clés des sites protégés, la gauche a perdu la confiance des petites gens directement spoliés par des promoteurs décomplexés ou des promesses que l'Etat ne peut pas tenir (voir l'émission mise-au-point de dimanche soir ici).

Le monde vert que l'on promet à tout vent est un immense plateau de Monopoly ou la gauche et les verts ne peuvent guère espérer gagner plus que la ville de Schaffouse... (la moins cotée dans ce jeu)

L'émotion et la confusion doivent être à leur comble dans les rangs socialistes et nous payons cher cette débandade doublée d'une soumission presque totale au diktat vert pognon. Des associations, des Zadistes, des collectifs prennent la défense des paysages, des forêts, des régions, des ruraux, politiquement orphelins. Les pouvoirs débarrassés de la gauche ne se gênent plus de taper sur tout ce qui empêche le business qu'elle vénère de passer. Deux mille cinq cent policiers armés pour déloger les indociles citoyens de Notre Dame des Landes en France! En Suisse il n'y a eu aucune résistance officielle lorsque la commune de La Praz a décidé de revoter un projet éolien qui avait capoté en assemblée communale. Jamais les opposants aux éoliennes, si ils avaient perdu la première votation, n'auraient obtenu un nouveau vote quelques semaines plus tard! De quoi réveiller les pseudo défenseurs des minorités, des petites gens, des droits de l'homme, de l'Etat de droit et cie! Et bien non, le molosse est couché, prêt à obéir.

Je vous recommande la colère d'Hervé Kempf, sur Reporterre, à propos de l'évacuation de Notre Dame des Landes, ses mots témoignent de l'exaspération profonde que nous ressentons aujourd'hui face à nos gouvernants et leurs bouffons.

Et ceci pour ceux qui veulent comprendre pourquoi ils ne peuvent pas rentrer dans le rang et la chance qu'ils ont: un entretien de Jean-Baptiste Vidalou avec Joseph Rafanell

mercredi 11 avril 2018

Les liaisons dangereuses


Les liaisons dangereuses je les préfère littéraires, cinématographiques ou, comme ici, dansées par le Ballet du Capitole

Nous savons tous que nos politiciens sont étroitement liés à nos énergéticiens. Ces relations affectent leurs capacités d'anticiper les conséquences qu'entraîneront leurs engagements pour telle ou telle stratégie énergétique. Si les amis de l'énergie atomique sont à blâmer, il est illusoire de croire que les amis des énergies vertes font mieux. Ils défendent avec autant de dénis un pseudo monde propre aux conséquences dramatiques, fait de panneaux solaires, d'éoliennes et autres nouvelles technologies aux mains sales.

Guillaume Pitron a enquêté durant 6 ans sur la face cachée de la transition énergétique, en particulier sur l'utilisation des métaux rares indispensables à sa réalisation et dont l’exploitation est déjà en train de tourner au «cauchemar environnemental». Le journal le Temps relaie enfin ce type d'information ici.

Nous avions en son temps interpellé l'une de nos conseillère nationale,  fervente adepte des énergies vertes et d'écologie libérale, sur la problématique des métaux rares. Sa réponse, hélas, démontrait une totale méconnaissance de l'ampleur des enjeux qui y sont liés.

Elle commence par laisser entendre  que ces métaux ne sont pas si rares que cela. Cela dépend des quantités qui seront extraites ces 30 prochaines années...  Guillaume Pitron écrit: "Au rythme actuel de production, les réserves d’une quinzaine de métaux rares seront épuisées en moins de cinquante ans. Et la pénurie est déjà annoncée, à court ou moyen terme, pour plusieurs d’entre eux, dont le vanadium, le dysprosium et le néodyme." La verte libérale continue en pointant du doigt les méfaits de l'extraction et de l'enrichissement de l'uranium, pour justifier ce qui lui semble être un moindre mal, soit le recours à ces métaux rares.  C'est cela faire de la politique? Se tirer des flûtes avec des comparaisons débiles qui font illusion? Nos élus ne seraient-ils pas pas capables d'anticiper l'impact de ce nouveau marché sur les relations internationales commerciales et politiques?

Au niveau des impacts environnementaux et sanitaires qu'elle sous-estime, voici ce qu'il en est:
"Les opérations de raffinage et de purification de ces minerais, qui nécessitent une kyrielle de produits chimiques et d’énormes quantités d’eau, sont, en outre, très polluantes et sources de nombreux problèmes sanitaires. A Baotou – Mongolie-Intérieure –, capitale mondiale de la production de terres rares, les cancers, les maladies vasculaires et l’hypertension explosent. En Chine, premier producteur mondial de métaux rares, 80% des eaux des puits souterrains sont désormais impropres à la consommation et 10% des terres arables sont contaminées par des métaux lourds. De quoi douter du dessein vertueux de la transition énergétique".
Quant aux conséquences géopolitiques, Pitron les résume ici:
"Autre problème géopolitique majeur inhérent aux métaux rares: c’est l’Empire du Milieu qui monopolise l’essentiel de ces ressources (95% des terres rares, 84% du tungstène et 71% du germanium…), qui sont devenues, pour lui, un formidable moyen de pression sur ses partenaires économiques".

Il semble évident que nous n'avons pas trouvé de solution, mais seulement que nous faisons semblant de croire que nous en avons trouvé. Je trouve cela grave et irresponsables de la part de nos politiciens. On nous accuse (les anti-éolienne) de refuser des nuisances dans notre jardin, « Not In My BackYard»,  que dire de ces écologistes nés de la dernière pluie atomique (n'oublions pas qu'il y a peu, les anti-nucléaire étaient des parias pour la plupart des partis)  qui ne rechignent pas à laisser crever à l'autre bout de la planète ceux qui leur donnent les moyens de transiter vers leur société "propre" pleine de promesses économiques juteuses? 

Le Monde.fr en parlait déjà en 2012
"Ceux qui sont restés au village, plusieurs fois morcelé et redessiné au gré des installations d'usines et de la redistribution agraire, ont l'habitude de se retrouver près de la salle de mah-jong. "J'ai mal aux jambes comme beaucoup de gens dans le village. Il y a aussi beaucoup de diabète, d'ostéoporose, de problèmes pulmonaires. Aucune famille n'est épargnée par les maladies", affirme He Guixiang, campée au milieu du rassemblement".
Lire l'article ici

Dernière minute: le Japon vole le monopole des terres rares à la Chine. Un nouveau chantier va  s'ouvrir, sous-marin cette fois. Aujourd'hui l'euphorie de la découverte, et demain les conséquences?
À lire ici

samedi 7 avril 2018

Ne bronchez pas, tout va bien se passer.



source de l'image ici
Pendant que tout se complique sur la planète terre, les opportunistes, les dictateurs, les amateurs de pouvoir, les voraces, les cons et les malins, les magnats et les ratés, les petits libéraux bon-chic bon genre,  foncent sur le gâteau et s'arrachent les meilleures parts, parfois avec des ambitions, parfois avec la seule volonté de nuire.

Si le terrorisme et l'immigration, le chômage, le pouvoir d'achat ou l'écologie  semblent être les fers de lance de leurs propagandes, ils ne sont en fait que la munition qu'ils utilisent pour maintenir les citoyens loin de leurs petites cuisines personnelles. Jusque dans les plus petites communes on constate aujourd'hui la main-mise de ces chacals sur les régions et leurs potentiels. Les autorités de la Praz, après celle de Saint-Brais, ont démontré leur soumission  aux promoteurs de l'éolien industriel. On retrouve ici les trophées de ces chasseurs de terres qui capturent d'abord les maires avant de partir à la conquête des villageois, c'est plus facile quand les autorités font le boulot pour eux.

Mais il n'y a pas que l'éolien qui profite de la situation mondiale et de ses défis. Le problème est qu'au bout du fil de l'engagement on trouve trop souvent des arrivistes aux capacités très variables... Nous avons mis nos vies entre les mains de pas mal d'incapables qui ne font que répéter tout ce qu'ils ont vu faire jusqu'à maintenant. Et justement, tout cela ne marche pas, on le sait, il faut repartir de zéro en quelque sorte. Penser autrement.

Couper un arbre par exemple, ce n'est pas juste sortir une hache et l'abattre, il est désormais connu et prouvé que les arbres communiquent entre eux et gèrent mieux que personne leur sauvegarde. En sachant cela nous pourrions déjà changer beaucoup de choses. Mais lorsque des intérêts financiers dictent le geste, la raison n'a plus sa place. Nous formons un tout, tant que nous ne tenons pas compte de cela je ne vois pas comment nous pourrions nous en sortir. (Un petit tour du côté du documentaire sur l'intelligence des arbres, par ici)

Deux sujets ont retenu ma triste attention ce jour, l'abattage d' arbres justement, en Corrèze, sous le joug d'un élu soumis au diktat des faiseurs de frics... À lire ici
La fibre optique (prétexte à cet abattage sauvage) et une grande copine des parcs éoliens, l'une arrive souvent avec l'autre... Le contrôle de nos campagnes avancent, ne bronchez pas, tout va bien se passer, demain vous marcherez dans le rang.

Comme prévu la fête autour de la victoire de la ZAD de notre Dame des Landes risque de tourner au vinaigre très prochainement. Partout où l'on démontre qu'une autre vie est possible, la loi du plus fort intervient. Le petit libéral BCBG qui s'est offert la France comme "startup" n'aime pas le désordre d'une communauté prête à lutter pour défendre une zone en danger. À lire ici
 

jeudi 29 mars 2018

La Praz-la-Honte


Merci Jean d'être et de ne pas être parfait

J'ai toujours su que mon opposition aux éoliennes était fondée. Dès mes premières recherches sur les milieux industriels de l'éolien je suis tombée sur des articles, des conférences, ou simplement des déclarations de personnes qui bafouaient la démocratie et le respect des autochtones, ailleurs dans le monde et dans notre petite Suisse aussi. 

Juste avant cela, je me croyais encore libre, je pensais que l'engagement, même à contre courant, avait de la valeur dans notre démocratie. J'imaginais nos politiciens à l'écoute des citoyens, ouverts au débat, nos voisins soucieux de la cohésion sociale au village, je pensais les gens liés par toutes ces années à se côtoyer sur la même terre.  J'admirais ceux qui se battaient pour la justice et l'égalité, je les croyais écoutés pour leur intelligence et leurs compétences.  J'ai été élevé comme ça, dans la confiance aux autres, à leurs fonctions, à leurs connaissances. Me mêler de politique eut été présomptueux de ma part. Ceux qui le faisaient étaient légitimes à mes yeux, si ils prétendaient représenter le peuple, c'est qu'ils en avaient les compétences. Mon coeur a toujours été du côté de l'humain, le profit des uns sur le dos des autres ne m'a jamais attirée. J'avais donc mes préférences lors des votations...

Bon sang, que de temps perdu. Quand je vois ce que la gauche est devenue, ce que les verts ont laissé tombé pour gravir les échelons, ce que la droite se permet... Quand j'entends des autorités qui s'expriment avec arrogance alors qu'elles ne maîtrisent même pas leur langue maternelle, quand je les entends diffuser leur venin sur leurs concitoyens, quand je les vois s'accoquiner avec des profiteurs au détriment des intérêts de ceux qu'elles connaissent depuis toujours, juste par gloriole et sans panache, je suis écoeurée.

Autant dire que les gesticulations des autorités de la Praz pour servir des intérêts qui les dépassent, m'ont sidérée. On atteint ici le sommet du grand n'importe quoi. La Praz restera pour toujours cette commune qui a osé vomir sur la démocratie en usant de tous les garde-fous qu'elle autorise pour maintenir en place cette dictature  qu'est le pouvoir économique.

Non madame la maire, vous n'avez rien fait pour nos enfants, vous les avez juste livrés un peu plus pieds et poings liés au monde impitoyable des faiseurs d'esclaves.

Pendant ce temps les chinois lorgnent sur nos barrages.... comme ils lorgneront rapidement sur les  éoliennes du Mollendruz, entre autres, si le malheur se fait jusqu'au bout...

Si un jour il ne devait plus y avoir  de personnages comme Jean-Ziegler pour porter notre indignation, ne serons-nous plus que des tas de viande que l'on gouverne, que l'on oblige, que l'on dirige, que l'on jette? Les grandes manoeuvres ont déjà commencé on dirait, quand on lit ce que l'on fait subir aux personnes migrantes avant de les ramener vers leur misère, des horreurs que des politiciens arrivent à justifier avec ces mots qu'ils maîtrisent si mal pourtant...

On peut encore voir le documentaire sur Jean Ziegler pendant 4 jours ici, ne serait-ce que pour se rappeler ce que l'engagement veut dire.

je profite pour lui dire une fois encore à quel point je l'aime pour son courage, sa persévérance, ses émotions, sa naïveté aussi. Ce doit être le seul politicien qui lorsqu'il parle me représente. Mes parents avaient raison finalement: il y a des gens qui partagent nos préoccupations et qui ont cette extraordinaire capacité de les porter très haut tout au long de leur vie.


lundi 19 mars 2018

L'insoutenable bavardage du Conseil national.


 À lire les résultats des élections australiennes, le bon sens des opposants aux éoliennes jurassiens devrait titiller les politiciens du coin...

Prendre aux pauvres pour mieux redonner aux riches: si l'on me demandait le rôle du Conseil national en Suisse je le résumerais à cela. J'écoute régulièrement les lamentations de la droite qui accuse la gauche de vouloir assister le peuple avec les deniers de l'Etat, pendant qu'elle même distribue l'argent public à des sociétés privées dont les représentants hantent les couloirs du palais fédéral pour diriger les opérations de transfert, si je puis dire.

Au menu ces derniers jours: le sabotage des prestations complémentaires, une bouée de sauvetage qui permet aux retraités de vivre décemment. Des détails ici sur cette prestation.  La majorité des membres de Conseil national, tous bien à l'abri de ce genre de  besoins, a mis en chantier une réforme pour "tailler allègrement" (comme le titre l'article de l'ATS ici) dans ces prestations. Il fallait les entendre ces "représentants de la population" défendre la mise en danger de toutes ces personnes âgées, qui après s'être pliées aux caprices du marché du travail, devraient être à la limite de crever pour prétendre à une vie digne.

Pour parler des heures de ce que l'on pourrait bien prendre aux plus pauvres, ils sont là ces messieurs dames! Par contre lorsqu'il s'agit de parler de la pertinence de leur politique énergétique, il n'y a plus personne! Alors qu'ils débattaient de la manière avec laquelle ils allaient piquer l'argent des vieux (je rappelle que la confédération a bouclé ses comptes 2017 avec 5 milliards d'excédent!), une journaliste a publié dans le journal le Temps un article d'une pertinence rare sur le grand n'importe quoi de la stratégie énergétique suisse. Toutes les remarques de Marie-Hélène Miauton dans sa chronique du 15 mars dernier, devraient faire l'objet d'une prise de conscience sous la Coupole! Mais non, nos députés préfèrent faire semblant de croire à ce qu'ils ont soumis au peuple et qui ressemble à une farce bien plus qu'à une stratégie!


Pour ne pas perdre le bon sens de Mme Miauton dans les méandres d'Internet (sait-on jamais, la vérité dite si simplement pourrait en blesser plus d'un...) voici la copie de sa chronique:

Energies, que de discours contradictoires!

Les questions énergétiques sont soit rébarbatives, soit excessivement vulgarisées, soit surexploitées pour des raisons de marketing écologique, soit faussées dans une intention idéologique. Notre chroniqueuse Marie-Hélène Miauton, cite quelques exemples.
"Il se dit beaucoup de choses à propos des énergies qui, faute de cohérence, interpellent durablement le public. A certaines contradictions flagrantes, on répond souvent que «c’est plus complexe que ça» et qu’il ne faut pas «être réducteur». Soit, mais expliquez-moi par exemple en quoi le gaz, dont le logo est une jolie petite feuille vert printemps, est plus «naturel» que les autres hydrocarbures auxquels il appartient, tous résultant de la lente transformation de matières organiques.
Bien sûr, le gaz naturel brûle avec un dégagement de dioxyde de carbone moitié moindre que celui du mazout de chauffage ou de l’essence de voiture, ce qui permet de le considérer comme plus propre. Mais c’est oublier que son extraction ne se fait pas sans fuites de méthane dans l’atmosphère, gaz vingt-cinq fois plus dangereux pour le réchauffement climatique que le CO2. Ce problème, important surtout depuis la fracturation des schistes, péjore nettement l’empreinte globale du gaz naturel et les rots de nos pauvres vaches semblent du pipeau à côté!

Le courant allemand

Parlons aussi des voitures électriques qu’on nous enjoint d’acheter pour mieux participer à la sauvegarde de la planète, en même temps qu’on nous demande d’économiser l’électricité et qu’on prône la fameuse «société à 2000 watts». J’admets qu’à l’usage un tel véhicule sera plus «propre», mais c’est omettre (volontairement?) la question des batteries. Leur fabrication est en effet très vorace en énergie et surtout en métaux rares (cobalt, lithium, graphite), dont il semble que les réserves mondiales soient autrement plus réduites que celles du pétrole. Il y a là un tour de passe-passe, sans oublier que l’électricité consommée par l’automobile est elle-même partiellement produite avec du gaz ou, pire encore, du charbon!
Je suis aussi choquée de voir nos barrages hydroélectriques mis à l’encan alors qu’ils fournissent une énergie à la fois renouvelable et propre. C’est qu’ils ne sont plus rentables, me dit-on, depuis que l’Allemagne met sur le marché (libéralisé pour les gros clients depuis 2009) des kWh à prix cassés en raison de son subventionnement massif des énergies renouvelables. Pourtant, je croyais que, dans un marché ouvert et soumis aux règles de la libre concurrence, les Etats devaient s’abstenir d’intervenir. Voilà qui laisse perplexe, d’autant plus que les ménages allemands, eux, paient leur électricité à un des prix les plus élevés du monde. Allez y comprendre quelque chose! Mon étonnement augmente encore en sachant que le courant allemand est produit à 54% avec des énergies fossiles (dont le sulfureux lignite), 13% de nucléaire et 29% seulement de renouvelable, contre 60% en Suisse.

Ne pas tout croire

Les éoliennes sont également un sujet d’interrogations. En raison des oppositions d’une population égoïste, nous dit-on, le parc suisse ne se développe pas comme il devrait. Mais est-ce là le vrai problème? Faute d’ouverture sur la mer du Nord comme l’Allemagne, le Danemark ou la Grande-Bretagne, là où les vents sont forts et constants, nos grands moulins sont plus souvent à l’arrêt qu’en train de brasser de l’air. Il semble d’ailleurs que l’énergie réellement produite une fois les engins installés soit bizarrement inférieure à celle annoncée au moment d’en vanter l’implantation.
Dès lors, la productivité réelle de l’éolien en Suisse est faible quoique systématiquement surestimée, de même que sa rentabilité, malgré de juteuses subventions! Malgré tout, la Stratégie énergétique 2050 voudrait que le vent constitue plus de 10% de notre mix, alors qu’on en est aujourd’hui à 0,2% à peine? Le solaire semble beaucoup plus prometteur.
Conclusion, il ne faut pas croire tout ce qu’on nous dit! Les questions énergétiques sont compliquées, soit, mais elles sont surtout instrumentalisées, parfois dans les meilleures intentions écologiques du monde. Or, il est tout aussi urgent de ne pas mourir idiot que de sauver la planète."

J'aimerais mettre en garde ces élus qui semblent si bien dormir sur leurs certitudes: en Australie les discours simplistes des politiques qui ont porté les rêves de l'industrie éolienne à la réalité du quotidien de la population, ont contribué à leur défaite lors des dernières élections. La solution du vent s'est avérée une source de problèmes graves jusque dans les hôpitaux! Le site "Géopolitique de l'électricité avait déjà consacré un article à ce problème le 28.11.2017, que l'on trouve ici: Australie du Sud, après les coupures, la faim.

J'ai reçu ce jour les dernières nouvelles:
"Le Gouvernement d'Australie du Sud a perdu les élections ce week end et va donc céder la place à ses adversaires libéraux. Certes les enjeux du scrutin dépassaient les questions du développement du solaire et de l'éolien et douze ans de pouvoir usent. Néanmoins, le Premier Ministre sortant Jay Weatherill avait présenté ces élections comme"un référendum sur sa politique de l'énergie"

Et il a perdu... 

samedi 10 mars 2018

Mon journal qui me veut du bien...


Les marchands de rêves. Source de l'image sur le site Vent de Forêt

En lisant cet article dans le journal 24 heures, véritable tapis rouge destiné aux promoteurs éoliens, je me suis posée une fois de plus la question de l'objectivité des journalistes. En cherchant un peu ce qui pouvait amener un journaliste à traiter de la subjectivité des choses tout en affichant lui-même un manque total d'objectivité, je suis tombée sur cette phrase:


"La problématique spécifique de l'objectivité en journalisme est dominée par l'urgence de la publication, le caractère immédiat des faits relatés par le journaliste. Cette urgence, combinée à la complexité des faits traités, et à une économie des médias souvent fragile, privant le journaliste des moyens suffisants, lui rend la tâche difficile. Plus le travail est précipité, moins le journaliste a le temps d'identifier sa propre subjectivité pour la neutraliser". (wikipédia)

Admettons en partie ces faits. Laissons au rédacteur en chef du journal 24h le bénéfice du doute sur les moyens dont il dispose pour vérifier ses observations faites de la fenêtre d'un train. Il n'y a vu que paix et félicité et s'est empressé de partager son sentiment, sans descendre du train et rencontrer ceux qui souffrent dans ces "paysages modernes"...

Madame Sandra Weeser,  dans son discours au Bundenstaf donne une toute autre lecture de la vie aux pieds des éoliennes en Allemagne, et on dirait bien qu'elle sait de quoi elle parle...  À suivre ici sur youtube avec traduction 

Ce qui me déçoit le plus est cette faculté d'inciter les lecteurs au sacrifice pour le bien de l'humanité sans jamais démontrer comment ces fameuses éoliennes vont se substituer aux autres fléaux qui courent devant elles, à côté d'elles, derrière elles et qui ne montrent aucun signe d'essoufflement: le nucléaire a le vent en poupe, comme en Chine ou en Inde, le pétrole revient en force avec des projections au beau fixe, le gaz est pressenti pour jouer le rôle du frère siamois des énergies intermittentes, la réalité n'est pas une transition énergétique mais l'émergence d'une nouvelle colonisation industrielle qui ne fera qu' enfoncer le clou plus profondément dans la plaie béante d'une terre saturée, un pas de plus dans l'exploitation des peuples.

Tant que nos journalistes marcheront main dans la main avec les marchands d'illusions, nous ne pourrons espérer lire de l'information. Tout au plus partager leurs rêveries solitaires, mais franchement ce n'est pas pour ça que j'achète un quotidien.