vendredi 18 mai 2018

Sonvilier aux opposants aux éoliennes: "Veuillez prendre votre laisse aux vestiaires".

Il y a bien des années que j'entends les verts se faire traiter de "dictateurs", de "bruns" et autres qualificatifs pas très glorieux. Longtemps j'ai été agacée par ces critiques.

Mais... la problématique des éoliennes m'a fait comprendre qu'à droite comme à gauche, la capacité d'analyser et de contrôler les dérives du pouvoir était moindre lorsque l'opposition touchait les intérêts ou les convictions des uns ou des autres.

Exemple. Mardi dernier des membres des autorités communales de Sonvilier accoquinées à des promoteurs éoliens étiquetés écologistes ou simples businessmen, ont tenu en laisse les opposants à un projet éolien en toute décontraction. 

Ils ont annoncé une soirée d'information au public sur un projet  qui va impacter toute une région. Ils ont oublié de dire que seuls ceux qui n'avaient rien à dire sur leur présentation et sur l'objet de celle-ci étaient bienvenus. Ils ont librement raconté tout ce qui arrangeait leurs affaires, laissant volontairement de côté toutes les controverses qui rongent pourtant la crédibilité du développement industriel des éoliennes. Ils n'avaient invité personne pour présenter l'autre son de cloche qui fait tache dans leur belle mare à mensonges.

À la fin de la présentation, place aux questions du public! Mais pas n'importe comment. Une seule question par personne, aucune critique possible contre toutes les conneries qui avaient été dites durant leur show. Et si l'un ou l'autre dans le public montrait un signe d'exaspération, très vite on le sermonnait comme un enfant.

Aucune place pour les avis contraire, les colères légitimes, le débat. Aucune possibilité de dire que l'étude utilisée pour démontrer que les nuisances sonores n'étaient pas dangereuses était une étude sortie des chapeaux des alliés des promoteurs (voir à droite dans ce blog, "à propos de la scientificité de certaines études récentes concernant l'éolien" par Claude Schindler)

Ils ont le droit de déverser leur propagande dans des soirées d'information publique auxquelles participent les autorités régionales, des élus! Mais ceux-ci ne savent-ils pas que parmi leurs électeurs il y a des gens qui pensent autrement et que leur devoir est de leur donner la parole autant qu'aux promoteurs??? Parce que informer la population, c'est lui donner accès à TOUTE l'information, ainsi ce qu'elle décide, elle le fait en connaissance de cause!

Vous avez la nausée? Moi aussi. Ces simulacres de soirées d'information sont répugnants et indignes d'une société éduquée. Il y avait pourtant dans la salle des personnes qui suivent l'industrie éolienne depuis des années et qui avaient des choses à corriger, à relever, à développer. Honte à ces représentants des citoyens, payés par TOUS les citoyens, incapables de constater ces atteintes graves à la démocratie! Honte à ces journalistes recyclés en "bâillonneurs" officiels payés pour empêcher les émotionnels de s'exprimer! Honte à ces jeunes écolos qui participent sans s'en rendre compte à cette mascarade et qui applaudissent à la fin et se disent fiers de leur région!

Bref, ce fut lamentable. Le maire de la commune devant les médias a encore eu le culot de se réjouir de la docilité des participants.

De quel monde rêvent ces gens? En tous les cas pas d'un monde démocratique, ou l'on parle et débat d'un avenir commun.


source de l'image

samedi 12 mai 2018

Le ver philosophe, suivi de la fable politique

Entendu hier sur RFJ:

Question du journaliste:

"Vous ne comprenez pas quand même que certains se mobilisent pour ne pas voir un jour dans l'arc jurassien 160 éoliennes sur les crêtes? Vous ne comprenez pas que, ne serait-ce que l'impact sur le paysage, importe à certains habitants?

Réponse du député vert neuchâtelois, Laurent Debrot:

"Oui, alors effectivement l'impact sur le paysage il est indéniable ça c'est sûr. Il faut relativiser ce que cela veut dire un paysage. Le paysage c'est une construction humaine. Heu, le paysage qu'on a actuellement c'est pas le même paysage qu'on avait y a deux mille ans en arrière, et puis encore moins celui qu'on avait y a quinze mille ans en arrière avec 800m de glace par dessus. Donc le paysage il est évolutif, heu... et puis c'est intéressant parce que le terme même de paysage il est intéressant parce que c'est un terme qui vient de la renaissance, c'est un format de paysag... heu c'est un format de tableau. Donc avant on a commencé avec les portraits et puis on a commencé avec les paysages et puis les paysages c'était traditionnellement une oeuvre de la nature avec toujours avec un impact de l'homme, en présentant un mur, un pont ou un canal par exemple. Donc c'était une façon de magnifier le travail de l'homme à travers la nature, c'est le terme même de paysage".
Alors là chapeau Monsieur le député, vous avez parfaitement exprimé la réponse politique aux préoccupations des citoyens! 😂😂😂

C'est juste énorme d'entendre ce bredouillage! Vous pouvez l'écouter ici aux environs de la minute 16.

Le pire est que cette théorie des paysages est régulièrement servie par les amis des éoliennes, une porte de sortie qu'ils ont appris par coeur pour se donner des airs intelligents, avec plus ou moins de succès comme on peut l'entendre ici 😂😂😂

Le problème est que nos politiques ne maîtrisent ni la philosophie ni la stratégie énergétique. Les décisions du gouvernement canadien autour du développement éolien n'ont rien à voir avec une quelconque nécessité énergétique, voici l'interview édifiante du directeur des communications chez Hydro-Québec, qui déclare: nous n'avons pas besoin des éoliennes, elles répondent uniquement à une volonté politique pour faire du développement économique régional". Vous entendrez aussi les coûts terrifiants de cette "volonté".

Interview à suivre ici




dimanche 6 mai 2018

Libérez-vous camarades!


Qu'ils disaient


Mai 68

par Claude Schindler


    Cela s'est passé le 6 mai 1968. Lucien Braun, notre professeur de philosophie à l’Université des Sciences humaines de Strasbourg, interrompt son cours: « Mesdames et Messieurs, nous sommes en grève. Je vous laisse. A vous de décider de la suite à donner aux événements ». Relever ce défi ne nous avait pas semblé impossible. Nous formions alors un petit groupe d'étudiants de première année, assez déterminés: Alain Grenier, poète lorrain, Patrick Leray, proche du cinéaste Werner Herzog, Catherine Rusch, fille du « pasteur rouge » de la paroisse Saint-Nicolas, et moi-même, tout juste descendu des Franches-Montagnes pour entreprendre des études de philosophie.

    Je n’évoquerai que deux souvenirs, marques indélébiles de cette étrange période caractérisée par « le vide du pouvoir ». Le lundi 27 mai, Alain et moi, assis sur le parvis du Palais universitaire déserté après l'Assemblée Générale des étudiants, contemplions le coucher du soleil sur la Place de la République, sublime. Imaginez: une ville sans bus, sans voitures, sans piétons à cette heure crépusculaire et chaude, une ville silencieuse totalement, comme suspendue. Puis cette folle nuit du jeudi 30 mai qui suivit le retour de de Gaulle: une Assemblée Générale monstrueuse, bouillonnante de colère insurrectionnelle, mais qui n'impressionnait guère les fils d'ouvriers que nous étions. C'est alors que nous avons tenté un coup de force. Dans une aula qui s'est peu à peu remplie d'étudiants harassés, nous avons déclamé les poètes de la révolution qui seuls nous paraissaient à la hauteur des événements: Arthur Rimbaud, Antonin Artaud, Henri Michaux, Georges Bataille, Allen Ginsberg.

    Le premier juin, après avoir fait visiter la Faculté à des parents effarés par l'état des lieux, je rentrais à Saignelégier. Les examens eurent lieu en septembre, et les cours reprirent fin novembre. La France m'avait ainsi donné six mois de loisir pour me consacrer à la réflexion politique et à l'écriture poétique du haut-plateau.

    C'est donc après-coup que Mai 68 fit irruption dans « Le Franc-Montagnard », à l'occasion d'une Esquisse de la question jurassienne que je signai dans l'édition des 13 et 14 septembre, un papier tout inspiré par la contestation étudiante. Comment un texte de cette nature a pu trouver place dans ce journal, c'est une histoire que je vous livre ici en hommage à Abel Arnoux. Le vieil homme m'avait confié dès 1966 l’une ou l’autre tâche rédactionnelle, pariant sur « mon talent d'écriture ». Se disant fatigué par plus de trente années dévouées à l’entreprise, il m'avait même laissé la conduite du journal pendant quelques vacances estivales qu'il jugeait enfin méritées. D'où une série d'articles plutôt transgressifs rédigés par un étudiant de vingt ans, dans une totale liberté d'expression: Les Franches-Montagnes et la fête du cheval au XXème siècle, Erni le cocher scandaleux, Le roc, Automne, Exubérance, La naissance du soleil, Un drôle d'almanach.

 La prise de parole n’avait pas attendu Mai 68 au « Franc-Montagnard » !

En lisant les mots de Claude Schindler je me suis rappelée ce qui me rendait si fière de vivre ici dans les Franches-Montagnes. Je me suis rappelée la fête des anarchistes à laquelle j'avais assisté complètement par hasard en 1980. Je me rappelle ce sentiment heureux d'en être sans trop savoir pourtant qui étaient les participants et ce qu'ils fêtaient. Je rentrais d'un voyage sac à dos au Mexique qui avait duré plusieurs mois, j'avais expérimenté la liberté mais aussi les inégalités, la misère et les abus qui dominaient le monde. Je rentrais pleine de désirs d'en finir avec les injustices et les salauds qui les nourrissent.

Lâchée dans cette soirée au Boéchet, j'avais retrouvé un peu de l'esprit des gens du voyage que j'avais côtoyé, de ceux qui aspiraient à un monde plus simple. J'étais rassurée de savoir qu'il y en avait aussi ici, tout près de chez moi. J'avais 20 ans et j'avais confiance.

En lisant les mots de Claude Schindler, aujourd'hui, j'ai mesuré le temps qui a passé, d'où nous venions et ce que nous avions connu. J'ai compris quelle région je défendais et contre quoi. Que sont mes anarchistes d'alors devenus? Des Fils d'artistes qui vomissent sur ceux qui tentent de sauver les Franches-Montagnes de l'invasion du capitalisme vert? Des journalistes imbibés qui règlent leurs comptes dans les pages des journaux de carnaval ? Des écologistes désertés de leurs idéaux? Ils ont vieilli ici, ils n'ont pas vu la rouille se poser sur leurs rêves. J'avais imaginé que la rudesse du climat et la force de la terre et des paysages coulaient dans leurs veines, qu'entre eux c'était à la vie à la mort. Les tables rondes ont usé leurs coudes et les forêts n'ont pas dû les voir souvent puiser la force de leurs arbres.

En lisant les mots de Claude Schindler, j'ai compris que les événements de mai 68 avaient sans doute délié quelques liens, mais en avait créé pas mal d'autres. En 1966, le rédacteur en chef d'un journal régional pouvait céder sa place à un jeune homme de 20 ans doué et prêt à en découdre, sans que l'opinion publique ne le lynche? On se met à rêver de ce temps où la liberté d'expression n'était pas prisonnière d'une élite droite dans ses bottes et convaincue de connaître les limites acceptables de la prise de parole. Ceux qui ont permis une telle dérive et qui aujourd'hui la pratique même,  étaient sans doute à cette fameuse soirée au Boéchet!

Je reste convaincue que l'esprit des Franches-Montagnes compte et devra compter ces prochaines décennies. Que les cimes qui nous bercent sans ménagement ne sont pas faites pour nourrir des comptes en banque, des réseaux électriques, des programmes politiques, elles sont là pour élever l'homme dans sa dignité, pour faire battre la chamade dans nos coeurs et nous inciter à repousser les machines qui les menacent.

ZAD. Zone à défendre.



samedi 5 mai 2018

Projet de parc éolien des 4 Bornes: jusqu'à la nausée.


Là-haut sur la montagne, souriait un étrange trio...

Lorsque je parle avec des personnes qui s'opposent à des projets liés à la finance et à l'énergie, je constate partout les mêmes témoignages: durant l'élaboration des projets les citoyens, via les médias, les politiques et les actionnaires, sont arrosés de promesses fantastiques sur la rentabilité,  sur le respect des riverains et de l'environnement,  on leur rabâche le formidable soutien de la population, la morale exemplaire de ceux qui acceptent de vendre leur environnement pour le bien de toute la population. Tout juste si on ne les présente pas comme des héros qui se sacrifient pour l'autonomie énergétique de toute une région! Même si les montants annoncés révèlent des intérêts bien moins nobles... Mais lécher au point de ce que l'on peut lire sur le site qui présente ce parc industriel, je crois bien que je ne l'avais jamais vu, voyez vous-même: https://www.les4bornes.ch/projet/. La feuille officielle côté Sonvilier (ci-dessous) complète le tableau.

Ils ont tout appris des opposants. Tout ce qui mériterait débat et véritables pesées d'intérêts, est soigneusement occulté (utilisation des métaux rares, production aléatoire, financement public, nuisances, utilisation des sols, libéralisation du marché, coûts de production, etc) et tout ce qui peut être camouflé derrière du ruban rose l'est.  La consultation publique est présentée comme si ils faisaient un cadeau à la population,  presque à bien plaire.  Ils n'oublient pas de préciser que le dossier est énorme (donc compliqué, donc pas accessible à n'importe quel imbécile, n'est-ce pas) et ils avertissent poliment des nombreux jours fériés qui jalonnent, comme par hasard, la période choisie pour cette consultation publique...

En lisant cette présentation dégoulinante, j'avais la nausée.

Justement hier j'ai parlé avec un riverain de l'aérodrome de Bressaucourt, qui sortait d'un énième rendez-vous avec les services cantonaux. Ce qui se passe au-dessus de sa maison est illégal et on leur avait promis tous les garde-fou possibles et imaginables pour que cela n'arrive pas. Avant la réalisation de l'aérodrome... Maintenant qu'il est là, plus personne ne peut rien pour eux. Le Canton dit qu'il n'a aucun pouvoir. Que la surveillance des vols coûterait trop cher et autres arguments malveillants, je vous passe les détails. Comme pour les éoliennes à Saint-Brais, au Peuchapatte, plus personne ne peut rien pour les riverains qui subissent. Soit les normes étrangement légales sont respectées, soit les services publics n'ont plus rien à dire, soit ils n'ont pas les moyens de faire respecter ce qui était décidé. Si votre compte en banque n'est pas très très très gros, il ne vous reste que la rage, le découragement, la déception, le dégoût des autorités qui se sont faites complices de promoteurs sans scrupules. Et je pèse mes mots. Nous avons la nausée face à l'énorme complicité qui existe entre colonisateurs et autorités. Il n'y a aucune écoute, la seule chose qui semble dominer les rencontres est la manière avec laquelle ils vont nous fermer le caquet et poursuivre leur petite cuisine. Quant à nos propositions on sait ce qu'ils en font! Rien d'autre que d'y puiser leurs arguments pour contourner nos oppositions.

Dans la présentations des 4 bornes on félicite les paysans qui investissent, exactement comme ont été félicités ceux qui ont investi dans le photovoltaïques il y a peu et qui aujourd'hui se retrouvent seuls face au risque immense qu'on leur a fait prendre. Les promoteurs me font penser aux bonimenteurs qui sillonnaient les campagnes autrefois, déversant leur marchandise inutile à coup de mensonges et de compliments.

Les crédules devraient bien aller jeter un oeil sur ce qu'il advient des grandes promesses qui portent les parcs éoliens avant leur mis-en-route et ce qu'il en reste après... C'est sous l'image en haut ou ici et cela vaut le détour

Un lecteur du blog m'a adressé un courriel qui relève quelques unes de ces promesses non tenues. Je vous le transmets sous ce post dans les commentaires.

En France les agriculteurs sont écoeurés par le même constat de complicités malsaines, après avoir lu les conneries du sites des 4 Bornes, lisez ceci

Comme annoncé plus haut, la feuille officielle côté Sonvilier:



lundi 30 avril 2018

Tout n'est pas noir


Fragment d'une oeuvre de Karim Forlin, visible en ce moment-même à l'espace d'art contemporain (les halles) à Porrentruy

Je me demande comment un politicien qui connaît bien la face cachée de la transition, énergétique se démène pour empêcher le pire tout en subissant les assauts des bien pensants. Nous savons tous à quel point il n'est pas facile de faire de la politique avec des convictions. Les esprits sont formatés bien avant qu'un ministre ne prenne ses fonctions et la valse des influences mènent le bal. Un jour ou l'autre il doit donner un os à ronger aux chiens qui reniflent sa place de chef. 

C'est enrageant de penser que des décisions aux conséquences dramatiques, se prennent simplement pour calmer quelques ambitieux mal nourris. D'autant plus qu'ils feront partie des victimes de leur ignorance, mais ils n'ont en général pas pensé jusque là. Quoi que.... certains se disent prêts à subir "quelques nuisances" pour échapper au nucléaire, mais en général ils ne sont pas concernés par les projets qu'ils mijotent. Et surtout ils n'ont suivi ni la carte des nuisances jusqu'au bout, ni celle de la destination réelle des bénéfices qui seront tirés de cette mascarade écologique.

Ce qui me frappe encore dans la politique d'aujourd'hui, c'est le manque de courage. J'assiste au niveau local à des situations pathétiques où des conseils communaux se couchent devant les desiderata de citoyens influents pour ne pas rater la marche des prochaines élections, quand bien même ils n'apportent rien à l'ensemble de la population! Des mollassons en veux-tu, en voilà.

J'avoue qu'aujourd'hui je suis rarement surprise par le monde politique. Si ce n'est par le niveau déplorable qui le gangrène jusque dans ses plus hautes sphères. Les échanges de Donald et Kim en disent long sur le sujet.

Mais tout n'est pas noir. Il y a quelques années, le sujet éolien était houleux en société. Aujourd'hui les personnes informées sont bien moins rares. On ne doit plus forcément tergiverser des heures sur la sortie du nucléaire, sur la propreté des énergies vertes, sur leur efficacité. De plus en plus souvent si l'on se dit anti-éolien on entre dans des conversations passionnantes avec des gens qui abordent directement des questions de fond. Ouf! D'ailleurs lorsque je tombe sur des analphabètes verdâtres, je ne m'attarde plus (voir le post précédent). L'ignorance est la cause de la disparition des espèces. Libres à tous de choisir la disparition. 

Je termine avec deux choses:

Cette phrase lue dans cet interview de Joseph Rafanell: "l'optimisation des gouvernements repose sur des sujets auto gouvernés"

Cette émission sur France Inter dans laquelle on peut suivre la carte des nuisances cachées de la transition énergétique. 16 minutes pour mourir moins con.

Dernière minute:

J'ai assez envie de partager avec vous ce courriel reçu à l'instant de la direction du site "Geopolitique de l'électricité"

Les émissions françaises de 2017.

-Lors de la préparation de la Lettre du 27 avril consacrée à la politique Energie-Climat, nous avions utilisé un Rapport de l'Agence Internationale de l'Energie de mars 2018 intitulé "Global energy and CO2 status report-2017". Nous avions constaté que les auteurs de ce Rapport avaient certainement  eu connaissance des émissions françaises de CO2 liées à l'énergie pour 2017.

-Ces données n'avaient pas, nous semblait-il , été publiées en France. Cette lacune nuisait à la qualité du débat officiel en cours concernant la révision de la Programmation Pluriannuelle de l'Energie, d'autant plus que le Président de la République avait affirmé que la baisse des émissions étaient une priorité. Donc dans le cadre du débat, nous avons posé la question  " les autorités françaises pourraient-elles publier les données françaises telles qu'elles sont parvenues à l'Agence internationale de l'Energie ?" (Question n°214 mise en ligne sur le site du débat ppe le 18/04/2017).

-Le 27 avril , le maître d'ouvrage répond que l'Agence Internationale de l'Energie utilise les données des "Bilans énergétique de la France" disponibles sur le site du Commissariat général au développement durable, organisme dépendant du Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire.

-Le site en question affiche effectivement un Rapport intitulé "Bilan énergétique de la France métropolitaine en 2017-Données provisoires- Avril 2018...mis à jour le 27 avril 2018". On y lit à la dernière page :
"...les émissions françaises de CO2 liées à la combustion de l'énergie augmentent de 3% en 2017, en données réelles et de 4% à climat constant...".

Après la publication du premier Suivi de la Stratégie Nationale Bas-Carbone , Actu Environnement avait indiqué : "La France rate la première marche".
Après ces résultats concernant 2017, il semble qu'elle ait raté la seconde.

dimanche 22 avril 2018

L'écologie des gentils



Des chemins du 17ème au parc naturel: la longue agonie d'un espace occupé.


"Je suis une optimiste, je refuse de voir les choses sous cet angle".

D'habitude je respecte ces gentils qui préfèrent croire que les nuages ne font que passer et que "l'homme soleil" vaincra "l'homme obscur"...  Mais là j'avoue que je n'étais pas d'humeur. Je luis ai répondu que les gens comme elle se font marcher dessus, que la passivité confiante n'est plus de mise et j'ai tourné les talons.

Le capitalisme pur et dur s'est emparé de la transition énergétique, une évidence que je n'ai plus envie de démontrer. Celui qui veut comprendre a aujourd'hui tous les moyens à sa disposition pour y parvenir. Penser que l'illumination universelle va inverser les choses et se contenter d'attendre que cela arrive grâce à des héros comme véhiculent le film "Demain" m'agace. L'écologie des gentils a fait son temps et prouvé son impuissance. Je ne dis pas qu'il faut prendre les armes, mais qu'ils les ont prises depuis longtemps et que bon sang il est temps de comprendre que soit ils ont gagné soit on se réveille. Même les films bourrés de bonnes intentions font marcher leurs affaires!

En 1697, Basville écrivait au duc de Bourgogne:

"il a été fait plus de 100 chemins de 12 pieds de large (env. 4m) qui percent tout au travers des Cévennes et du Vivarais, et qui ont si bien réussi que toutes sortes de voitures vont maintenant, très commodément dans tous ces lieux qui étaient auparavant presque inaccessibles, et il n'y en a point où l'on ne fait rouler du canon et porter des bombes, si cela était nécessaire" p.33, Être forêt, de Jean-Baptiste Vidalou

Ouvrir la voie aux canons et aux bombes si nécessaire... Voici résumée la motivation des gouvernants depuis des siècles. Domestiquer, surveiller, réprimer... et dépouiller si possible! (En 2017, 82 % de la richesse ont été captés par 1 % de la population)

Aujourd'hui les énergéticiens et leurs projets industriels colonisent les campagnes suivis du matériel de surveillance requis. Dans leur sillage, les compteurs intelligents franchiront la dernière ligne rouge en s'imposant à l'intérieur même de chaque foyer. Quand on songera à lever les sourcils sur ces imbéciles qui nous gouvernent, il sera trop tard, nous serons majoritairement sous contrôle.

Les promoteurs éoliens doivent juste regretter que leurs prédécesseurs n'aient pas fait directement des chemins de 6 mètres...

Si comme moi les  écologistes qui collaborent aux manoeuvres ultra libérales de la transition énergétique vous tapent sur le système:  lire ici le dossier de "Perspectives écologiques"


jeudi 12 avril 2018

La gauche a perdu la bataille énergétique


À chacun sa croix...

C'était une discussion entre deux portes. Avec un membre d'une formation politique bien à gauche, en principe celle que j'ai longtemps soutenue avant de me sentir en total décalage avec son discours sur la politique énergétique. Très vite j'ai senti que l'émotion était au coeur de notre brève conversation sur les éoliennes et la géothermie profonde. Je suis rentrée un peu secouée en me demandant ce qui clochait entre moi et ces anciens camarades.

Ce matin j'ai réalisé que la gauche et les verts avaient simplement perdu la bataille de la transition énergétique et qu'ils n'avaient plus rien à dire. Le capitalisme vert leur a coupé l'herbe sous les pieds. Ils ne peuvent pas se battre contre ce qu'ils revendiquaient avec force depuis des années: l'abandon du nucléaire, le développement des énergies vertes, l'autonomie énergétique, la consommation locale. Tout a été récupéré, évalué, labellisé. Le gâteau a été partagé entre les plus gros distributeurs, l'Etat en a profité pour subventionner avec l'argent public des sociétés privées par l'odeur de l'argent vert alléchées.

On sortira du nucléaire en Suisse, peut-être, mais ce cheval de bataille de la gauche est devenu le pur sang de la droite. Si l'on y réfléchit, la fessée est tellement énorme que le rouge des drapeaux ne peut que leur monter aux joues.

Les voici donc embarquées malgré eux dans une révolution verte qu'ils ne dirigent pas. L'objectif de leurs capitaines, droits dans leurs bottes, n'est pas tant d'échanger du gris contre du vert, mais de faire de la place pour tout le monde aux conditions habituelles, c'est à dire au profit de l'économie contre les intérêts des citoyens et de l'environnement. Les verts ont perdu les clés des sites protégés, la gauche a perdu la confiance des petites gens directement spoliés par des promoteurs décomplexés ou des promesses que l'Etat ne peut pas tenir (voir l'émission mise-au-point de dimanche soir ici).

Le monde vert que l'on promet à tout vent est un immense plateau de Monopoly ou la gauche et les verts ne peuvent guère espérer gagner plus que la ville de Schaffouse... (la moins cotée dans ce jeu)

L'émotion et la confusion doivent être à leur comble dans les rangs socialistes et nous payons cher cette débandade doublée d'une soumission presque totale au diktat vert pognon. Des associations, des Zadistes, des collectifs prennent la défense des paysages, des forêts, des régions, des ruraux, politiquement orphelins. Les pouvoirs débarrassés de la gauche ne se gênent plus de taper sur tout ce qui empêche le business qu'elle vénère de passer. Deux mille cinq cent policiers armés pour déloger les indociles citoyens de Notre Dame des Landes en France! En Suisse il n'y a eu aucune résistance officielle lorsque la commune de La Praz a décidé de revoter un projet éolien qui avait capoté en assemblée communale. Jamais les opposants aux éoliennes, si ils avaient perdu la première votation, n'auraient obtenu un nouveau vote quelques semaines plus tard! De quoi réveiller les pseudo défenseurs des minorités, des petites gens, des droits de l'homme, de l'Etat de droit et cie! Et bien non, le molosse est couché, prêt à obéir.

Je vous recommande la colère d'Hervé Kempf, sur Reporterre, à propos de l'évacuation de Notre Dame des Landes, ses mots témoignent de l'exaspération profonde que nous ressentons aujourd'hui face à nos gouvernants et leurs bouffons.

Et ceci pour ceux qui veulent comprendre pourquoi ils ne peuvent pas rentrer dans le rang et la chance qu'ils ont: un entretien de Jean-Baptiste Vidalou avec Joseph Rafanell