vendredi 8 décembre 2017

Transition énergétique: petite pièce en 3 actes

Beaucoup d'égo et une bonne com: prêt pour cuisiner sa transition énergétique
Acte 1: l'auditeur

Voici un petit feuilleton que je m'amuse à partager avec vous. Tout a commencé par une émission de radio. Une personnalité mondialement connue, appréciée et saluée comme l'une des grandes figures de notre siècle s'exprime sur notre avenir énergétique. Un auditeur interpellé par l'optimisme affiché de l'invité quant à la solution du tout électrique, lui tint à peu près ce langage:

"Cher Monsieur, comme vous parlez bien et comme vous pensez beau. Si vos solutions se rapportent à votre ramage, nul doute que vous êtes le phénix des hôtes de cette planète. Cependant il reste quelques détails sur lesquels il me plairait de vous entendre plus fort. En ce qui concerne la mobilité électrique, je suis personnellement arrivé à la conclusion que pour couvrir ses besoins, nous aurions besoin de l'équivalent de 2.5 centrales nucléaires ou 5'000 éoliennes. Sans oublier l'électricité à produire pour les pompes à chaleur que vous préconisez.

- D'où ma première question: d'où viendra toute cette électricité, sachant que sans nouvelles centrales nucléaires ou à gaz en Suisse, il faudra l'importer (1'000 éoliennes planifiées en Suisse ne produiront que l'équivalent de la moitié d'une centrale nucléaire)?

- Concernant l'énergie renouvelable actuellement la plus à la mode, soit l'éolien, vous êtes-vous informé sur les dégâts que ce type d'énergie peut provoquer sur la santé des riverains des parcs éoliens ? Je serais intéressé de lire vos commentaires de médecin sur les symptômes constatés et leurs effets sur le long terme"
Acte 2: le beau parleur

Soucieuse d'apporter une réponse à la hauteur de son titre, la star interpellée s'empressa de mettre en lumière et en texte l'étendue de son savoir. Si j'osais je vous le résumerais  ainsi: "moi et tous ceux qui pensent comme moi savent. Les autres n'ont pas compris." Mais je ne voudrais pas vous priver de l'immense savoir de celui qui vole avec le soleil:

"Cher Monsieur,

Vos questions touchent le cœur-même de la transition énergétique, et je me fais un plaisir de vous donner mon avis sur ce sujet. Comme dans tout changement, des peurs rationnelles autant qu’irrationnelles apparaissent et il est toujours nécessaire de regarder le problème dans son ensemble.(NDLR bien sûr... 😉)

Question 1 :
Il est à mon avis erroné de raisonner en cherchant à augmenter la production d’énergie, alors que l’inefficience des systèmes que nous utilisons engendre le gaspillage de plus de 50% de l’énergie consommée. La vision systémique consisterait à utiliser pour les voitures électriques l’énergie que l’on peut économiser ailleurs. Dans un pays comme la Suisse, le remplacement des ampoules actuelles par des LED, et des chauffages électriques à résistance directe par des pompes à chaleurs, correspondrait à l’économie de deux centrales nucléaires. Cela signifie qu’aujourd’hui deux centrales nucléaires ne fonctionnent que pour compenser les pertes dues à l’inefficience de nos systèmes d’éclairage et de chauffage ! Voilà qui est aberrant…
Je ne connais pas les chiffres pour la Suisse, mais en France, si la totalité du parc automobile était électrique, cela ne consommerait que la moitié de l’électricité utilisée par les chauffages électriques. Là aussi, le passage à un parc électrique concomitant de la transformation des chauffages électriques en pompes à chaleur dégagerait même un surplus d’énergie à disposition, sans aucune production supplémentaire.
En allant encore plus loin contre les idées préconçues, on voit que si l’électricité des voitures était produite par des centrales à charbon avec cogénération, on diviserait par deux les émissions de CO2… Pourquoi ? Parce que le rendement d’un moteur électrique actuel atteint 95% et celui de la centrale 80%, alors que dans un moteur à combustion on plafonne à 27%. Le pire est donc de brûler du carburant directement dans un moteur thermique de voiture. 

 Question 2 :
Si l’on parle de production d’énergie renouvelable, il est évident que l’éolien doit être installé à distance raisonnable des habitations. Tout en sachant aussi que les éoliennes modernes sont beaucoup plus silencieuses que les modèles de première génération (NDLR voici une phrase que j'entends depuis 10 ans et qui suscite immédiatement ma méfiance, ce langage est exactement celui des promoteurs et non une donnée scientifique établie) Mais l’éolien est loin d’être la seule solution. Dans de nombreuses régions, le solaire, la biomasse, l’hydroélectrique de rivière et la géothermie profonde n’ont pas encore du tout été suffisamment développés. Les stratégies de stockage de cette énergie intermittente dans du froid, de la chaleur, des batteries de voitures auxquelles on offre une 2ème vie dans les bâtiments, de l’hydrogène, etc, laissent penser que l’on pourra se passer d’une production de base beaucoup plus vite qu’on ne le croit.

Vous trouverez toujours des gens pour contester ces chiffres, pour contredire la faisabilité de cette transition, mais j’y suis habitué. (...) (NDLRje coupe la partie qui permet d'identifier l'invité de la radio, je ne veux pas faire le procès d'une personne, mais celui d'un discours imparfait sous un vernis parfaitement étalé)

Il y a aujourd’hui deux mondes qui se côtoient. L’ancien, celui qui feint d’ignorer le potentiel incroyable de la transition énergétique, voir même qui tente d’y résister comme Kodak face à la photographie digitale avant de disparaître, et le nouveau, celui des énergies renouvelables et des technologies efficientes, qui draine de plus en plus de capitaux d’investissement au risque d’assécher rapidement les besoins d’investissement des tenants des énergies fossiles. Le nouveau monde est logique autant qu’écologique, car il engendrera davantage de nouveaux emplois et de profit par une croissance propre consistant à remplacer les vieux systèmes démodés et polluants par des technologies modernes et efficientes.

Mes nombreux voyages me montrent actuellement des progrès extrêmement rapides dans de nombreux pays, et je regretterais beaucoup que la Suisse manque ce virage technologique et prenne un retard qui nous pénaliserait.

J’espère avoir répondu à vos questions de façon satisfaisante et vous envoie, cher Monsieur, l’expression de mes meilleurs sentiments.
"
Vous l'aurez compris, cette personne ne doute pas une seconde de son génie et de ses capacités à se projeter dans un avenir qu'elle imagine à sa façon, la vrai, la bonne, la moderne, la juste, la seule... Tous ceux qui ne voient pas les choses aussi simplement ne sont que des arriérés qui n'ont plus grand chose à faire sur cette terre qu'ils condamnent en n'adhérant pas à la pensée unique, heu pardon, à la pensée moderne.

Acte 3: la remise à l'heure

Personnellement je trouve qu'il y a dans ce discours beaucoup plus d'égocentrisme que de scientificité. Je me pose immédiatement la question de la validité de telles affirmations et je la pose à un ingénieur très très bien placé dans les questions relatives à l'électrification mondiale. Sa réponse fait l'effet d'une aiguille dans le joli soufflé pas cuit de notre diva du ciel, la voici:

"Bonjour Madame,

Le problème avec les faux experts est qu’ils peuvent écrire rapidement sans avoir à vérifier leurs dires. Leur répondre est plus long: il faut réfléchir à ne dire que la vérité, ce qui demande des efforts. Je vous signale un livre qui devrait vous plaire: “La démocratie des crédules “ ( PUF)de Gérald Bronner, un sociologue français.

-Sur les économies d’énergie: les 50% gaspillées. Il y a dans le monde des gens qui connaissent le problème, parmi eux les spécialistes de l’American Council for an Energy-Efficient Economy et les chercheurs de l’Union Européenne du Projet Odyssée-Mure. De leurs recherches, il ressort qu’il est très difficile pour un pays, sur le long terme, d’avoir une efficacité énergétique augmentant de plus de 2%/an, toutes choses égales par ailleurs. Peut-être la Suisse dirigée par M. Jesaistout* (*nom d'emprunt) y arriverait. Il aurait  ensuite au moins un Prix Nobel d’économie. Cette inertie de l’utilisation de l’énergie provient du temps nécessaire pour changer équipements et infrastructures. Donc une réduction de moitié de la consommation d’énergie, toutes choses égales par ailleurs, prendrait une génération. Cela irait plus vite avec une grosse crise économique qui appauvrirait votre pays.
-Les rendements: une centrale électrique au rendement de 80%? S’il s’agit d’une centrale thermique, comme le contexte le suggère, cela implique que M. Jesaistout* ignore le second principe de la thermodynamique. C’est n’importe quoi. Ceci étant dit, il est exact qu’une voiture électrique émettra moins de gaz à effet de serre qu’une voiture à essence même si l’électricité est produite à partir du charbon. Mais ce n’est quand même pas l’idéal. Il vaut mieux une électricité non carbonée, comme en Suisse à l’heure actuelle.
-Sur les renouvelables, M. Jesaistout* tient le discours habituel des GéoTrouvetout des concours Lépine permanents que sont aujourd’hui les transitions énergétiques vertes. Géothermie+Eolien+Solaire +hydroliennes+etc... Avec naturellement un stockage de l’électricité. Les ingénieurs, dont je suis, savent tout faire. Nous savons stocker l’électricité, produire avec la géothermie...etc...Mais il y a ensuite la note à payer. Les Allemands payent 25 milliards d’euros par an pour moins d’un quart de leur électricité venant du solaire et de l’éolien. Et suivant le Cabinet Roland Berger et l’université de Dusseldorf la note va augmenter. Les prix de ces énergies baissent? Pourquoi Siemens licencie dans son activité éolienne et l’autre vedette des éoliennes, le Danois Vestas s’effondre-t-il en bourse? Pourquoi le pôle solaire de Total, Sunpower a-t-il vu son cours de bourse divisé par quatre? Tous ces gens vendent à perte. La vérité des prix n’existe pas pour les renouvelables. M. Jesaistout* doit évaluer le coût de ses projets. Il s’agit de la première question à lui poser. Sinon, on retrouvera les pauvres gens à la soupe populaire comme en Australie du Sud. A cause des chimères de bobos comme M. Jesaistout*.

Mon premier poste d’ingénieur relevait de l’acoustique. Je croirai à la baisse du bruit des éoliennes lorsque je lirai les résultats des mesures."
 Fin des éclairages.
Et bien me voici rassurée: mon flaire ne me trompe pas. Plus ils étalent leur savoir comme une évidence que seuls les imbéciles ne comprennent pas, moins ils disent de choses sur lesquelles nous pouvons nous appuyer. La théorie de l'avenir énergétique est dans beaucoup de cerveaux mais ils ne sont pas tous suffisamment musclés pour affronter la taille de l'adversaire. À l'instar de l'Office fédéral de l'énergie qui publiait en grande pompe il y a peu un rapport qui déroulait un tapis rouge devant l'approvisionnement énergétique des 20 prochaines années. Et patatras... l'un des leurs remet tout en question. À lire ici

Décidément, il y a partout des incapables qui nous racontent des salades, et bienheureux celui qui couvrira leurs voix. La mode est aux renouvelables, un os qui nourrit tellement de monde que personne ne veux le lâcher, ne serait-ce que pour y réfléchir. Après eux... ??   ils s'en fichent pas mal.

vendredi 1 décembre 2017

La lutte contre les éoliennes, un combat perdu?



Une terre libre pour des hommes libres

Terrible question à laquelle j'espère ne jamais avoir à répondre que oui.

"L’éolien, en fait, révèle la fracture entre deux visions de l’écologie : développement durable et acceptation du capitalisme versus sobriété et désir d’émancipation."
Cette phrase je l'ai trouvé dans le journal Reporterre qui publie un article en 5 volets sur le sujet des éoliennes. J'ai commencé de le lire ce matin. Je sais que mon aversion pour les éoliennes n'a rien à voir avec un attachement quelconque aux énergies fossiles. La logique du développement éolien n'entre pas dans la vision que j'ai d'un monde propre et solidaire. Elle contribue à ce qui pour moi détruit les liens entre les hommes, mais aussi ceux qu'ils ont avec la nature. J'aspire à des relations basées sur la confiance et le respect, ce qui est contraire aux objectifs d'une filière industrielle telle que l'éolien, et je ne pense pas que cela soit naïf ou utopique. Le jour où des femmes et des hommes ne se battront plus contre la logique capitaliste, il n'y aura plus que des êtres tristes et connectés aux ordres. Je n'ai jamais trouvé de nourriture autre que matérielle dans le discours ultra libéral. Tout ce qui alimente le coeur et l'esprit vient d'ailleurs, de ce qui ne se monnaie pas et c'est là que je me sens bien.

Reporterre survole la question de la pertinence de l'éolien, mais toujours dans la logique d'une société de production et de consommation. Personnellement je poserais la question autrement: devons-nous continuer de penser le monde selon le modèle en cours? Le château menace de s'effondrer à chacune des nouvelles cartes que les meneurs du jeu tentent de poser. On sent bien que les solutions ne sont plus dans la continuité. Nous allons perdre des plumes, c'est sûr. Il me semble alors urgent de nous tourner vers le respect et la solidarité pour affronter la suite et ne pas sombrer dans la violence et la peur face à l'effondrement de valeurs purement matérielles.

Les promoteurs éoliens dépensent une énergie incroyable pour contrer l'opposition à leurs projets. Une fois qu'ils ont atteints leurs objectifs, soit la réalisation de parcs éoliens, ils les vendent à des exploitants qui ensuite se chargent de les faire prendre de la valeur pour pouvoir les revendre à d'autres exploitants. Et tout ce petit monde se plaint de la lenteur des procédures pour faire leur business. On peut aussi résumer la "guerre des éoliennes" à ça. Ce n'est pas une bataille pour l'écologie, c'est un terrain de spéculations comme un autre, auquel on a donné une auréole verte pour profiter d'une tendance écolo. L'émancipation en matière d'énergie, ce n'est pas pour demain. Si il y a un milieu qui est sous contrôle et qui le restera tant que l'autonomie n'atteindra pas les cerveaux, c'est bien celui de la politique énergétique!

Renforcer les liens commencent par la réalisation de projets localement entrepris, avec non pas des objectifs de rentabilité mais de vie. Le temps n'est plus à la construction de nouvelles structures destructrices mais à la gestion des ressources existantes, aux économies et au partage équitable. 

Le capitalisme montre clairement ses limites, à l'heure où l'intelligence humaine démontre qu'elle est loin d'avoir développée son potentiel. L'homme n'en finit pas d'exploiter les autres et la nature mais n'a toujours pas capté ses propres compétences. Ils se laissent mener par le bout d'un billet de banque, consomme, détruit, abuse et ne cherche pas à savoir de quoi il est véritablement capable, de quelle créativité il dispose ni jusqu'où sa pensée peut le mener. Il se met au service d'un pouvoir extérieur ou se contente de prendre le pouvoir sur les autres. Tristes objectifs, non?

Lien vers l'article proposé par Reporterre



lundi 27 novembre 2017

A 19 ans il pense mieux que ceux qui prétendent représenter la justice


Il n'y a rien à ajouter à la magnifique déclaration de Fabio, 19 ans, incarcéré depuis 4 mois pour avoir manifesté à Hambourg contre le G20. Si ce n'est que je le soutiens et le remercie d'oser affronter (avec autant de classe) cette justice d'un monde imbécile.

À lire ici



dimanche 26 novembre 2017

Le supermarché des solutions

L'écologie libérale brade les paysages au rayon "Energies vertes"

L'avenir énergétique est dans toutes les bouches, à tel point que les têtes ne suivent plus.

Prenez la révolution LED: elle devait diminuer notre consommation d'électricité et réduire la pollution lumineuse. Tout le monde s'y est mis, les villes les premières et certaines accumulent les médailles des meilleures élèves (au fait, qui sont les sponsors de ces classements qui récompensent ceux et celles qui se précipitent sur les promotions du supermarché des solutions?).  Alors le recours aux LED?  Un pas vers l'avenir énergétique selon nos puissants politiques? Extrait de l'article:
Mais les chercheurs ont conclu que les économies d'énergie réalisées grâce à la technologie LED ont apparemment été investies pour installer encore plus d'éclairages extérieurs... Entre 2012 et 2016 l'augmentation de la pollution lumineuse est de 8%! (TDG du 22.11.2017)

Et oui le marché n'a pas de coeur. Une fois lancé, un produit doit se vendre et tout est fait pour ça. Les actionnaires ont beau être des écologistes, ils n'en réclament pas moins leurs dividendes... L'écologie libérale c'est cela, un mensonge permanent. L'éolien engendre la même frénésie, le solaire pareil.  Il ne faut pas être devin pour comprendre au-devant de quels excès nous allons. Il ne nous reste plus que les yeux pour pleurer sur ce monde  grotesque qui s'invente une bonne conscience tout en lorgnant sur la continuité des bénéfices nets qu'il en soutirera pour une poignée d'investisseurs. L'écologie s'est faite libérale pour ne pas regarder manger les autres...

Dans le genre je cause la tête vide, voici un bel exemple du n'importe quoi qui flotte autour de la  de la crise du secteur hydraulique en Suisse:
  
Heureusement il y a Internet, géniale invention qui permet à tous de s'exprimer et de s'informer. Mais s'informer c'est long, et du temps nous n'en avons plus. La solution? C'est Twitter. C'est un nouveau rayon dans le supermarché des solutions. En quelques signes vous diffusez votre commentaire sur LE sujet qu'il vous semble hyper important de partager avec le reste de la planète terre. Enfin... c'est surtout votre nom qui circule, omniprésent, bien en évidence au-dessus de votre tweet. Tous les politiciens qui veulent faire croire qu'ils pensent sont des aficionados de ce type de communication. Ils laissent crever la presse qu'ils jugent fouineuse. Maintenant ils peuvent choisir les sujets qui ne les fâchent pas et qui servent leurs intérêts. Ils les résument en une seule phrase, qui évitent la réflexion des plus pressés et les articles vers lesquels ils  dirigent leurs "amis" ne les contredisent pas. Les nouveaux groupes de média  et leurs actionnaires se chargent de faire le ménage au coeur des rédactions de la presse écrite, (les autres médias ne sont pas épargnés), ils contrôlent tout ce qui pourrait déranger leurs généreux donateurs et autres annonceurs. Résultat: nos quotidiens sont aussi nourrissants que la cuisine des fast food...  Sale temps pour les journalistes d'investigation!

 

mercredi 22 novembre 2017

Sale nucléaire, propres renouvelables. Ou la vision simpliste des gentils

Je la vois bien allumée sur les problèmes liés aux mines d'uranium  au Niger. Mais silence radio  sur le scandale des mines de cobalt au Congo, pays qu'elle connaît bien aussi. Cet article dans le Temps eut été une belle occasion d'en parler pourtant à l'heure où la Suisse mise sur les énergie intermittentes et les voitures électriques.

Le cobalt est un composant essentiel des batteries lithium-ion dont plus de la moitié de ce qui est extrait à travers le monde provient de la République démocratique du Congo. De plus, 20% sont extraits des mines manuellement... en partie par des enfants! Selon cet article, ici, "des informations rassemblées à l’époque par Amnesty international montrent que, des enfants et adultes extraient le cobalt dans des conditions très dangereuses et néfastes. Au sein de tunnels étroits creusés manuellement, ils sont exposés à des accidents mortels et de graves affections pulmonaires".

Plus bas on peut encore lire ceci:
« Bien que la demande de batteries rechargeables ne cesse de croître, les entreprises du secteur ont la responsabilité de prouver qu’elles ne tirent pas profit des conditions de travail et de vie misérables des mineurs en RDC. Les solutions en matière d’énergie pour l’avenir ne doivent pas être fondées sur des atteintes aux droits humains»

Elle défend tellement de bonnes causes qu'elle aura sans doute oublié de rappeler celle-ci dans ses nombreux interview, à moins qu'elle ne juge pas nécessaire de faire de l'ombre à son autre combat, celui pour les énergies renouvelables ou à sa chère voiture hybride, indissociables du cobalt. Aurait-elle la charité sélective?

À sa décharge elle n'est pas la seule à occulter ce débat-là.
 



vendredi 17 novembre 2017

Les 10 plus gros émetteurs de CO2 au monde sont...

Des communes menacées=des citoyens réveillés

Les 10 principaux émetteurs de CO2 sont, dans l'ordre, la Chine, les Etats-Unis, l'Inde, la Russie, le Japon, l'Allemagne, l'Iran, l'Arabie saoudite, la Corée du sud et le Canada (l'UE dans son ensemble se classe en 3e position).

Arrêtez-moi si je me trompe, mais n'y a-t-il pas dans ce classement de ceux qui ont implanté des milliers d'éoliennes industrielles et qui sont montrés comme les champions de la volonté en matière de transition énergétique?? L'Allemagne, la Chine, l'Inde, le Canada... Quand on nous dit que la réalité sur laquelle l'économie politique gère la transition énergétique n'existe pas...

Allez! Allez la Suisse! On se dépêche un peu là! Suisse Eole s'énerve et réclame une accélération des procédures pour industrialiser les paysages! On ne va pas continuer comme ça! Des paysages qui ne rapportent rien, une population qui vit encore heureuse dans des villages sympathiques et dans un cadre préservé, c'est n'importe quoi! Modernisez-moi ce patrimoine! Amenez votre béton armé, vos kilomètres de câbles pour les sous- sols,  vos pollutions matérielles, visuelles et sonores hors-sols: qu'ils en chient un peu là! Qu'ils se bagarrent, qu'ils se divisent, que leurs gosses se vautrent devant des écrans plutôt que de développer leur autonomie dehors! Demain nous aurons besoin de leur crétinerie pour pouvoir continuer d'exploiter chaque parcelle de terres, créer des sociétés pour fabriquer du rien qui dure pas, remplir les coffres des paradis fiscaux, brandir la création d'emplois pour tout justifier et pouvoir jeter les travailleurs, lobotomisés années après années, sans avoir de compte à rendre à personne. Augmentation de l'âge de la retraite, augmentation du temps de travail, diabolisation des syndicats, fractionnement des responsabilités, diminutions des prestations sociales, voilà pour les employés. Robotisation en marche pour occuper la majorité des postes qu'ils paient encore, voilà pour les employeurs. Non seulement on précarise la sécurité de l'emploi, mais en plus on prépare l'avenir sans ouvriers. Pas grave, ils ne leur coûteront pas grand chose, tout est en place pour que le moment venu l'état puisse lui aussi se laver les mains de leur devenir!

Pour les rebelles tout est prévu, assouplissement des procédures de toutes sortes visant à diminuer leur capacité de réaction. Adaptation des lois pour leur enlever toute envie de manifester leur désapprobation. Les défenseurs de l'environnement sont aujourd'hui condamnés, dans le meilleur des cas, de plus en plus sévèrement lorsqu'ils dérangent de gros projets juteux. Et lorsque l'état ne peut plus s'en charger les mafias prennent le relais...

Lorsque je décris la société telle qu'elle peut-être (heureusement il y a encore des enclaves où l'on peut intervenir), des lecteurs s'indignent et me demandent si c'est le suicide que je préconise... Cela veut bien dire qu'ils ont presque gagné: le citoyen ne voit plus que deux solutions: suivre ou mourir...

Mais pourquoi? Ne sommes-nous pas tous nés égaux dans nos droits et ne sommes-nous plus capables de nous battre pour les faire respecter? Il ne faut pas confondre responsabilités et pouvoir. Ceux qui dirigent ne sont pas des maîtres. Ils sont comme n'importe quel travailleur, en place pour faire leur boulot dans la société, pas pour la piller ou la rouler dans la farine. 

Bref, cette manière de tout accepter sous prétexte de ne pas connaître d'autres solutions arrange pas mal de nos grands penseurs occupés sous la coupole à ouvrir la voie pour leurs amis de l'économie et à semer d'embûches le chemin des résistants.

Vous voyez les éoliennes je dis non. Il est très facile de détruire ce combat là aux yeux de cette société conditionnée: je suis une pro nucléaire pour les moins imaginatifs, hystérique pour les plus machos, climatosceptique pour les plus sophistiqués. Bref, les mots ne manquent pas pour discréditer ma position. À mes yeux la problématique des éoliennes est extrêmement représentative de l'avancée d'un pouvoir économique tout puissant qui n'est au service de personne si ce n'est celui de l'argent. On entend souvent le mot gangster autour de ce pouvoir-là. Il s'est nourri des aspirations d'une société en quête d'écologie  et d'avenir durable, il s'en est inspiré pour lui proposer de nouveaux produits de production-consommation, de manière à ce qu'elle pense les avoir obtenus grâce à sa volonté de sauver le monde.  Elle lui  ouvre alors ses réserves naturelles jusqu'ici épargnées et se bat à sa place pour faire accepter cette invasion ultime au reste de la communauté. 

Il y a des résistants. Quand je les rencontre je me rends compte que toute cette manipulation orchestrée par les puissants, toujours plus puissants, génère aussi des résistants toujours mieux informés, toujours plus critiques, toujours plus outillés intellectuellement pour faire face aux gangsters... On ne les trouve plus seulement dans les Universités, on les trouve dans tous les milieux parce que l'énormité de la menace les amène à mettre à jour leurs connaissances tout le temps pour faire face. Au début, une coopérative voulait faire de l'écologie à Saint-Brais, le combat semblait facile à mener: les conséquences évidentes auraient tôt fait de frapper les esprits et le démantèlement serait effectué rapidement. La naïveté m'aveuglait. Aujourd'hui ce combat m'a permis d'étudier les rouages de la société et de retirer mes lunettes noires. Ai-je envie de me suicider? Pas du tout, bien au contraire. J'ai compris quelque part que la vie n'est pas une promenade de santé et que se taire ne sert à rien et à personne.

Je partage avec vous cette phrase reçue hier qui je l'espère fera du chemin dans les têtes résignées:

"L'union fait la force" et "les changements out toujours été générés par des minorités actives et jamais par des majorités muettes donc complices".



P.S. du 20 novembre 2017: On dirait que mon constat de simple citoyenne "éveillée" par des faits, est un sujet brûlant de l'actualité. Le numéro de "Lundimatin" du 20 novembre en atteste ici.





lundi 13 novembre 2017

Transition énergétique et discours officiels: attention danger!


Je suis toujours impressionnée de constater à quel point les femmes sont intuitives lorsqu'elles ne sont pas enfermées dans leur zone de confort. Il n'est pas facile de s'engager pour une cause impopulaire, de nager à contre courant. Je dois tirer mon chapeau à toutes celles qui dès l'arrivée des éoliennes industrielles dans leur environnement direct ont ouvert la première page d'un livre qu'elles n'ont jamais refermé. Depuis 8 ans elles lisent, écoutent, se déplacent pour des conférences, commentent, informent, elles se sont naturellement intéressées à un sujet complètement nouveau pour elles. D'autres ont instinctivement fait confiance au scepticisme de leurs amies. Finalement, ensemble nous analysons, débattons, fouinons partout et échangeons les fruits de nos trouvailles. L'une d'elle m'a envoyé ce lien. Une émission du 26 octobre dernier sur France Culture, "Existe-t-il une science du pire?". Je l'ai écouté ce jour et disons que j'ai trouvé là un discours de scientifiques qui colle parfaitement à tout ce que j'ai pu comprendre ces dernières années en observant les gesticulations autour de la transition énergétique.

On y parle de l'effondrement vers lequel nous nous dirigeons, stupidement influencés par la narration que l'on nous fait d'une réalité qui n'existe pas. On y parle également de l'importance des émotions dans la réflexion scientifique. Après voir entendu pendant des années critiquer nos interventions dites "émotionnelles" et donc jugées sans intérêt, j'avoue avoir savouré ce passage.

Dans cette émission on peut entendre aussi Vincent Mignerot, auteur de la "Transition 2017". L'ensemble des articles qui ont abouti à la publication de ce livre sont publiés sur le site Adriasta.

Nous avons tous urgemment besoin de ce type d'information, plus nous serons nombreux à la partager et mieux nous préparerons notre avenir, quel qu'il soit.

Extrait:

La réalité n’existe pas
Alors que nous prenons progressivement conscience de l’impact de l’activité humaine sur l’environnement, nous peinons à estimer son ampleur et les actions que nous entreprenons semblent sous-dimensionnées comparativement aux enjeux. Nous tenterons d’estimer dans ce texte à quel point notre perception de l’état de la planète est en décalage avec la réalité et en quoi nos propres capacités ainsi que les contraintes physiques du monde contraignent tant notre prise de conscience que l’efficacité de nos actions. Nous envisagerons également que le déploiement des énergies dites de substitution (renouvelables, nucléaire) génère paradoxalement plus d’émissions de Gaz à Effet de Serre que la seule exploitation des hydrocarbures. Lire la suite ici