samedi 17 février 2018

Le culot n'est pas le privilège des seules ampoules...


Je me fais porte-voix de mon épouse qui depuis quelques temps se laisse envahir par les virus  qui traînent... rien de bien surprenant pour ceux qui connaissent l'impact des nuisances auxquelles nous sommes exposés ici au nom de l'intérêt général. On en lit pas mal ici, et si vous avez des difficultés pour la traduction, essayer avec ceci.

Mme de Quattro, (entre autre mais elle vient de le faire dans le journal 24h une fois de plus) méprise les victimes des éoliennes en s'en prenant aux opposants comme à des inconscients coupables. Mon épouse est toujours choquée par ces déclarations irresponsables et irrespectueuses. Inutile de dire que cette conseillère d'Etat n'a jamais pris contacts avec les personnes affectées par les éoliennes du Peuchapatte ou du Mont Crosin,  elle évite le sujet de Saint-Brais dans ses déclarations, mais ne se gêne pas d'affirmer que tout va pour le mieux sous les parcs éoliens jurassiens.  Quelle culot!

Heureusement tout le monde n'est pas aveuglé par ce productivisme effréné qui gangrène le monde, * certains comprennent de quoi nous parlons: En écoutant la symphonie en lien ci-après, Voisine s'est un peu consolée de la grossièreté de ces hommes et femmes politiques méprisants et ignorants.  "Quand Philip Samartzis livre les secrets de ses enregistrements de Vent, entre Antarctique, Australie et Italie; un témoignage sonore des changements climatiques."
L'effet pervers des éoliennes n'a pas échappé à cet artiste. 

*(ce lien vous amène sur un article de Reporterre, un peu de lumière sur les ambitions des bienfaiteurs auto-proclamés de la planète. Affamés de fric serait plus correct)

À propos de lumière, un sujet  tenait au coeur de ma "Voisine" d'épouse, dans l'actualité de ces derniers temps et elle n'a pas pu le traiter avant de se replier dans son lit pour attendre des jours meilleurs.  Je me charge donc de prendre le relais pour vous parler d'un article dernièrement paru dans la revue de presse internationale:

Attention!
"Chaque citoyen qui a un jour allumé une ampoule a une responsabilité  sur cette affaire de déchets nucléaires".

Parole d'un secrétaire d'Etat français, visitant en janvier dernier un futur site d'enfouissement de déchet nucléaire, à Bure en France, contre lequel s'organise une magnifique lutte citoyenne  À lire ici

Retour sur le passé. En 1953 le président américain Eisenhover prononça devant l'assemblée générale des Nations Unies son fameux discours intitulé: Atomes pour la paix. Voir l'article du Temps, en 2003 de Bruno Pellaud, président de l'Association suisse pour l'énergie atomique, ouvrir le lien ici pour rafraîchir les mémoires courtes de nos politiciens

Extrait:
(...)lorsque Truman, Eisenhower et Kennedy faisait la guerre froide au communisme, ils veillaient toujours à offrir à l'Europe et au monde des projets d'accompagnement porteurs d'espoir, d'assistance et de développement économique. Cette concomitance était au cœur même du discours "atomique" du président Eisenhower du 8 décembre 1953 devant les Nations Unies. 

Ce représentant du gouvernement français vient enfoncer profondément dans le sol de Bure les déchets nucléaires. Pour convaincre il culpabilise tout un chacun d'avoir "profité" de la politique de développement énergétique, alors qu'elle a été imposée par les pouvoirs du monde entier depuis de nombreuses années. Puis il menace tout aussi naturellement ceux qui justement refusent les règles de ces politiques lourdes de conséquences, qui se sont toujours mobilisés contre l'atome et qui le font encore ici héroïquement dans le petit bois Lejuc et dans la maison de résistance à Bure (on y lutte aussi contre la prolifération d'éoliennes industrielles qui poussent comme des champignons sur les cendres des déchets nucléaires...  Ce doit être lié à une volonté de centraliser les résistances, un peu comme on le fait en Suisse avec les jurassiens: notre réputation de râleur pourrait bien relativiser nos luttes dans l'esprit national...).

Extraits des déclaration du secrétaire d'état:
"Les oppositions qui ne seraient pas dans la légalité sont inacceptables. Les oppositions radicalisées, qui commettent des actes de délinquance comme cela a pu être le cas, ont vocation a être (traduites) et traitées devant les tribunaux de la justice française", a prévenu M. Lecornu
 Il en faut du culot pour châtier dans le même interview les moutons qui se plient aux règles et les rebelles qui les contestent! Et il n'a pas eu de mal à trouver des imbéciles pour l'envoyer faire profiter Bure de ses lumières... Autant rester dans la nuit, dans ce cas on ne va pas se faire prier.

jeudi 8 février 2018

Le savoir, ennemi public No1?


 L'arrivée au pouvoir d'hommes et de femmes politiques dopés au productivisme, incultes et désintéressés du vivant, ignorant volontairement l'Histoire pour s'emparer du présent, est une actualité extrêmement inquiétante qui nous menace tous.

Quand j'entends des politiciens dire que les télévisions publiques sont des nids de "gauchistes", les bras m'en tombent! Ils utilisent le mot gauchiste pour s'attaquer à l'intelligence, à l'information qui nourrit et qui pourrait faire réfléchir ceux qui l'écoute.

Il est vrai qu'il est beaucoup plus facile de taper sur des gamins de banlieues qui à 14 ans n'envisagent pas d'autres avenir que la délinquance, que de contenir des citoyens informés, cultivés et déterminés à faire changer les choses.

Sous couvert de lutte contre ce gauchisme qui dérange, des frustrés du cerveaux se vengent à travers leur maigre pouvoir obtenu dans les urnes à force de mensonges et/ou d'opportunisme, en tentant d'éliminer tout ce qu'ils n'ont jamais réussi à assimiler et qu'ils considèrent bien entendu comme inutile. Ils sont largement soutenus par les milieux de la finance et du commerce. Dans leurs collimateurs, les Universités et les écoles supérieures si elles ne formatent pas que de bon petits économistes, juristes et autres ingénieurs qui serviront leur sacro-saints intérêts, les médias, si par malheur ils desservent le tout puissant capitalisme. Ils veulent tout contrôler, criminaliser ce qui jusqu'il y a peu n'était qu'opinions et liberté de l'exprimer!

Ils commencent à l'école déjà, en utilisant le mot "intellectuel" comme une insulte à l'encontre de ceux qui se distinguent par leur curiosité et leur attention. Puis ils méprisent systématiquement tout ce qui les dépasse et finissent par réduire au minimum leur critique envers la société: Un mot par paquet à éliminer: Les gauchistes: tout ce qui pense. Les criminels: tout ce qui agit. Les intellectuels: tout ceux qui mettent en lumière leur propre inaptitude.

Ils marchent au pas de l'économie. Aiment le pouvoir à défaut de la connaissance. Mais ils ne laisseront rien derrière eux contrairement à tous ceux qu'ils tentent de faire oublier.  Ah! Si, un monde connecté: des travailleurs dociles sous les caméras de surveillance, des ménages qui gèrent leur consommation d'énergie sous l'oeil vigilant de "Linky"(l'ami virtuel écologique imposé entre l'ampoule et l'eau chaude) des citoyens militants condamnés pour délit d'opinion et des milliards de pognons virtuel sur les comptes de leurs maîtres devant lesquels ils tireront toujours la langue du chien fidèle  (en moins bien).

Quand je lis certains philosophes, ou que j'entends ces femmes de bon sens que l'on rencontre encore dans nos campagnes, quand des artistes ouvre leur univers ou que des artisans habitent leurs gestes, quand des mots me font entrevoir tout ce que peut être l'humanité, ou quand la nature inspire, respire, quand le savoir des uns nourrit les autres, je vis.

Plus jeune j'avais été fascinée par cette phrase: le savoir est une arme. J'ai commencé à en saisir le sens le jour où j'ai lu un rapport dans lequel des employés traitaient leurs collègues de "gauchistes" avec l'intention de leur nuire. Il avait suffit que la mairie vire à droite pour voir attribué ce mot à ceux qui déstabilisaient une forme de pouvoir en place en dénonçant des dysfonctionnements. Réduire un mouvement de contestation à un seul mot c'est espérer le désamorcer sans avoir à affronter ses vérités.

La généralité utilisée pour réduire l'intérêt  que l'on pourrait avoir pour les mouvements de lutte contre les éoliennes, est le plus souvent en rapport avec le nucléaire: "ce sont des pro-nucléaire", par exemple. Les afficionados des nouvelles technologies qui sauveront selon eux l'humanité et la planète avec, utilisent volontiers à notre encontre le terme "d'écolos"  sur un ton méprisant.

Dernièrement mon mari s'est retrouvé face à une personne qui s'étonnait de son opposition aux éoliennes industrielles et qui lui demandait pourquoi. Mon mari lui a proposé d'inverser la discussion en l'invitant à décrire ce que lui savait des éoliennes et ce qu'il en attendait. Il pensait savoir deux choses: qu'elles nous feront sortir du nucléaire et qu'elles produisent du courant vert. Sa réflexion sur le sujet n'était jamais allée plus loin que ces deux affirmations... Il fut surpris lui-même d'avoir aussi peu d'arguments à avancer. Les explications de mon mari  sont alors tombées dans une oreille attentive, prête à entendre un savoir étudié et vécu.

On comprend pourquoi les pouvoirs en place préfèrent les rebelles armés qu'instruits, la légitime défense leur donne le droit de tuer une personne armée. Contre le savoir la censure ne dure qu'un temps.


vendredi 2 février 2018

Eolien industriel: la poule aux oeufs d'or des avocats.


L'effet Ai Weiwei... après avoir vu son exposition à Lausanne, la tentation de ma fenêtre était grande... :-) Un clin d'oeil aussi à la personne qui dans le Jura a été dénoncée et condamnée pour avoir sprayé un smile sur un panneaux de publicité pour les  éoliennes...


J'ai élevé mes filles dans une société qui était capable de passer à côté des manchettes du journal satirique de la région, La Tuile pour ne pas la nommer, sans ressentir le besoin de traîner son rédacteur en justice pour outrage à majesté chaque fois qu'il égratignait l'un des siens. L'adoratrice des aérogénérateurs, Isabelle Chevalley, elle, n'a pas été capable de passer devant le kiosque sans se sentir obligée de punir celui qui osait afficher à sa manière l'ampleur du mal qu'elle préconisait pour son Jura à lui, soit la prolifération des éoliennes géantes qu'elle vendait alors pour le compte des Services industriels de Genève. Les tribunaux n'en finissent plus de condamner le rédacteur satirique depuis que l'envoyée d'Eole a ouvert la porte aux redresseurs de morale qu'elle prétend représenter. Derrière ces multiples condamnations se dévoile un système judiciaire peu enclin à défendre un journal , emblématique pourtant d'un Jura que l'on nous avait laissé entrevoir au moment de son entrée en souveraineté, qui jusque là ne dérangeait personne. Quand bien même il en agaçait plus d'un qui se contentaient alors de ne pas l'acheter.

J'ai élevé mes filles dans un Jura qui sentait bon la liberté, qui sentait bon la terre, qui promettait son espace à des activités proches de la nature et des hommes. J'ai élevé mes filles en cultivant cette franchise qui caractérisait la région, cet esprit fier et rebelle qui prétendait avoir porté le Jura vers son indépendance... Le business vert a eu raison de toute cette belle naïveté.

L'usage de la justice par ces pseudos sauveurs de la planète,  fait partie de leurs stratégies. Partout où ils rencontrent de la résistance, ils lancent leurs avocats pour la casser. Avec l'aide des tribunaux, ils tentent de semer la crainte dans les esprits de ceux qui ont le courage de les défier pour sauver le peu qu'il reste de cette planète ravagée par des appétits voraces. Leurs intérêts pourtant n'ont rien à voir avec une quelconque justice.

Ils ont beau jeu de nous accuser  de ralentir leur  transition énergétique et de les empêcher de sauver nos enfants, avec nos recours ou nos actions contre leurs projets... La lecture que je fais moi de cette ruée vers les campagnes qu'ils mènent tambour battant, est que les sociétés d'implantation d'éoliennes industrielles entretiennent des armadas d'avocats pour tenter de mettre à genoux des citoyens qui défendent ce qui leur est cher.  Ces mistons en cravates qui envoient les pelleteuses sur les terres et délèguent des avocats pour taper sur les petites gens qui s'y opposent, sont le fruit d'un système qui a enrôlé nos enfants sur les chemins scabreux de la mondialisation, du libéralisme, du chacun pour soi via un enseignement orienté vers la concurrence, la performance, la rentabilité et compagnie! Nos enfants voient de moins en moins de quoi est faite la nature "en vrai", ils n'en connaissent que les loisirs qu'on y fabrique pour eux. Il suffit de voir les crèches que l'on construit dans certaines villes pour nos tout-petits, pour comprendre que les liens avec la nature ne sont plus une priorité dans l'éducation des nouvelles générations! Ceux-là même qui permettent ces constructions entre routes à haut trafic et voies ferrées, loin des arbres et des prairies, sont ceux qui préconisent l'éolien industriel pour les sauver!!!??  Mais si il n'y avait personne pour les empêcher de continuer à nuire, nous ne serions plus que des moutons au travail ou à l'abattoir!

Il y a des citoyens qui ne sont pas encore aveuglés par les costumes de leurs prédateurs, des gens qui osent se battre contre eux. Parfois ils gagnent. Ce fut le cas de ce magnifique mouvement contre un projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Même si les raisons qui ont fait plier le gouvernement ne sont certainement pas en lien avec la protection de la nature... Ci-dessous deux autres jugements rendus ces jours en France clouent le bec de l'arrogante industrie du vent.

Que le Jura libre en prenne de la graine.

"La demande en référé de la société Futuren, contre les opposants au parc éolien de Crassous, à Saint-Affrique, a été déboutée. La décision a été rendue ce mercredi matin au tribunal civil de Rodez.
La société Futuren - anciennement Theolia qui a racheté Ventura à l’origine du projet - avait désigné cinq opposants, des membres de l’Amassada, et demandé que leur présence soit interdite autour du site de Crassous sous peine d’une amende de 2 000 € par heure.
Or le tribunal aurait estimé que la désignation des cinq personnes était subjective, et que les éléments étaient insuffisants au regard de l’absence d’incidents lors des vérifications faites par les autorités."





























Et aussi cette Tribune de Jean-Baptiste Vidalou, l'éolien industriel, faussement écolo mais vraiment répressif. à lire ici

dimanche 28 janvier 2018

140 éoliennes en Suisse, dont 40 dans le seul Jura?

Selon Google la terre aurait perdu 2,3 millions de km2 de forêt entre 2000 et 2012, l'équivalent de 50 terrains de foot à la minute! Il paraît que l'on peut juger une époque à la manière dont elle traite ses forêts. On jugera celle-ci à la manière dont elle mesure, pixel par pixel, son propre anéantissement. (J.B,Vidalou)
"(...) mais si l'on revient sur terre, si l'on brise cet écran posé sur le réel, la forêt se donnera à nous d'une toute autre manière. Si on y va dans cette forêt, si on y ramasse ou coupe du bois, si on y cueille, si on y chasse, si on y joue, si on y flâne, si on la défend, si on s'y bat, on la saisira autrement qu'en termes de chiffres, de ressources, de données. Un autre rapport au monde peut alors se construire, fait d'espaces irréductibles les uns aux autres. Une manière de se tenir droit. De ne plus courber la tête. S'enraciner mais aussi surgir. Se déployer. Quelque chose comme une verticalité inédite. C'est peut-être d'abord cela une forêt et ce que l'on a envie d'y défendre: un événement vertical. Quelque chose qui, contre l'étrangeté du monde administré, est enfin là, pleinement ." * extrait du livre de Jean-Baptiste Vidalou, "Être forêt, habiter des territoires en lutte".
 Bientôt il n'y aura plus que des écrits pour nous rappeler la nature.

0,9% de la population suisse vit dans le Jura, le canton occupe 2% de la surface totale du pays.


Le représentant de Suisse Eole, estimait sur les ondes de la radio romande le 19 janvier dernier dans Forum, à 140 maximum le nombre d'éoliennes que l'on pourra construire en Suisse ( en fin d'émission min. 11:58). Le Jura sera-t-il assez bête pour saccager sa meilleur carte de visite, ses paysages et sa qualité de vie, pour produire plus du quart de cette production éolienne nationale? 140 éoliennes sur un marché libéralisé ne représenteront que des cacahuètes en terme d'énergie, des millions de subventions publiques empochés par quelques privés pour un impact extrêmement modeste sur le climat...

40 éoliennes (dernier chiffre avancé par les services du canton) représenteront encore moins de cacahuètes en terme d'énergie (l'autonomie énergétique étant une farce immédiatement révélée après la votation sur la SE2050, le Jura ne sera pas propriétaire de sa production éolienne, avec la libéralisation totale du marché annoncée c'est une évidence) par contre les nuisances précariseront gravement la région et lui feront faire un pas de géant vers ces paysages apocalyptiques que l'industrie qualifie de modernes, d'utilité publique, et autres dénominations imbéciles utilisées pour justifier ses colonisations.

En plus des coûts exorbitants de ce caprice du nouvel ordre mondial auquel la Suisse adhère, le Jura devra compter avec l'augmentation des coûts de la santé via les personnes impactées et devra remplacer la nature sacrifiée par des psychologues, des éducateurs de rue et autres intervenants capables de contenir les fêlures engendrées par ce manque vital de zones naturelles et sereines.



* Mühleberg est un site nucléaire. Ils n'en ont jamais assez, et lorsqu'une population a courbé l'échine une fois, ils ne s'arrêtent plus.

vendredi 19 janvier 2018

Mollendruz: un de moins. Pour le moment.


Quand de présumée insignifiante,  l'opposition devient un mur infranchissable pour les plus gros, la démocratie retrouve du sens.
La bonne nouvelle est tombée hier soir et nous a grandement réjoui: un parc éolien vaudois vient de se taper la tête dans le mur de l'opposition. Vous savez cette petite opposition de rien du tout qui ne représente pas la majorité mais qui étrangement gagne les votations contre l'éolien industriel! Une drôle de démocratie, vénérée par les usurpateurs d'Eole lorsqu'ils obtiennent une majorité, mais qu'ils s'empressaient de nier lorsqu'elle était obtenue par ces bruyants opposants qui, bon sang, devaient croupir dans une minorité négligeable!

Je pense que même ceux qui soutenaient le projet pour soulager leur belle conscience doivent secrètement se réjouir: ils ne devront pas supporter ces machines sous leur nez, avec à la clé des nuisances et un marché de l'électricité qui démontrera l'inutilité de leur sacrifice.

Le petit débat organisé hier en vitesse dans le journal FORUM sur la 1ère  démontre tout-de-même un changement de stratégie chez Suisse Eole: après l'arrogance et le déni de démocratie répété inlassablement pendant des années par l'intolérante Isabelle Chevalley, leur porte parole d'hier s'est montré respectueux de la majorité qui s'est exprimée lors du vote de la commune de la Praz. Dans le camp des opposants, le président de Paysage libre Suisse a aussi révélé une opposition structurée et apte à débattre face à la machine médiatique qui jusqu'ici était sous le joug des arguments du lobby de l'éolien.

Mais bref, continuons à parler région. J'ai reçu une réponse à mes questions de l'ARJB  (post précédent, du 10 janvier 2018),  je leur ai promis de la diffuser. Sans nouvelle de leur part, je m'exécute:

Bonjour Madame,

Je vous réponds bien volontiers ;

En fait c’est bien le but de la phase d’information-participation en cours que de permettre aux communes surtout, mais aussi à la population qui souhaite le faire, d’apporter des arguments pour ou contre certains sites. Le débat ne porte pas ici sur le choix de telle ou telle technologie pour assurer la transition énergétique.

En effet, dans le cadre de cette planification régionale, notre mandat est d’examiner les sites qui conviennent le mieux dans le Jura bernois pour des parcs éoliens et non pas de faire ou de modifier la politique énergétique de la Confédération et/ou le système de RPC, dont les grandes lignes viennent d’ailleurs d’être approuvées par une majorité de la population suisse.

J’espère avoir répondu à vos questions et vous prie de recevoir mes meilleures salutations.

Charmante missive qui a suscité ma réaction:

Bonjour Monsieur,

Je vous remercie de votre réponse, qui d’ailleurs n’en est pas une. Je reste d’avis que les personnes qui acceptent de brader des régions entières pour un produit qui n’a pas fait ses preuves dans la lutte contre le réchauffement climatique, doivent autant justifier ce choix que celles qui s’y opposent.

D’autre part, je ne vous rappellerai pas les discours entendus durant la propagande pour la SE2050, au sujet du nombre d’éoliennes prévues en Suisse, et la réalité une fois le oui dans les urnes: 1000 éoliennes sortaient tout droit des cerveaux agités des opposants selon les autorités. Aujourd’hui ce chiffre est confirmé par la confédération sans complexe.

Donc ne prenez pas pour prétexte cette votation pour justifier votre questionnaire qui d’entrée fausse la donne. Nous sommes encore ensemble pour choisir les moyens de produire notre énergie du futur. Le principe des renouvelables ne pose pas problème. Mais lesquelles et où, heureusement nous pouvons encore en parler. Et que les citoyens choisissent en connaissance de cause et argumentent ce choix me semble extrêmement important, surtout en vue des dégâts incroyables que feraient d’autres éoliennes industrielles dans une région comme la nôtre.

Je vous recommande ce travail impressionnant d’un photographe allemand, qui a reconstitué les paysages avant les éoliennes: http://www.esserta.ch/avant-apres/
Vous auriez pu le joindre à votre questionnaire, ne serait-ce que par soucis de montrer de quoi on parle.
Prenez aussi la peine de lire cet intéressant livre sur les conséquences de nos pseudos choix verts: http://www.lesinrocks.com/2018/01/06/livres/un-livre-revele-la-plus-fantastique-operation-de-greenwashing-de-lhistoire-111026872/
Enfin si vous préférez écouter, je vous recommande  ce débat sur France culture qui démontre la pertinence de la lutte contre les éoliennes qui n’empêche pas celle contre le  nucléaire: https://www.youtube.com/watch?v=KJLzAKVl4y8

Nous ne sommes pas en train de pinailler sur des mots, mais de choisir un avenir vivable autant que renouvelable!
Je me réjouis de lire les critères retenus pour définir les sites d’implantation d’aérogénérateurs dans le Jura Sud et de l’impact que ce questionnaire aura sur votre rapport. Une chose est sûre, le travail demandé à ceux qui répondent non à vos 4 questions va en décourager plus d’un, ce qui me fait douter de la pertinence des résultats de cette consultation.
 Bien entendu tout cela ne change rien à ce qui a été, à ce qui est, et sans doute à ce qui sera. Le dialogue de sourds est devenu une norme. Je le préfère au silence, ne serait-ce que pour lutter contre le découragement.


image: https://www.leszoosdanslemonde.com/forum/viewtopic.php?f=4&t=6113&start=15

mercredi 10 janvier 2018

Et puis toujours la même histoire...


Après. Ceci n'est pas un photomontage

Avant. Ceci est un photomontage. Un photographe allemand, Herman Dirr, propose une impressionnante galerie de photos « avant et après » l’arrivée des éoliennes. En fait, il a photographié les paysages avec leurs éoliennes, puis a retouché ces photos afin d’effacer les éoliennes du paysage. À voir ici


"Il raconte cette histoire, son histoire, celle du loup dans la bergerie... (Charlélie Couture)

Cette chanson trotte dans ma tête aujourd'hui. Parce que les problèmes à venir grâce aux éoliennes, n'en finissent pas d'envahir ma boîte courriel avec leur lot d'évidences.

Je viens à peine de publier le post précédent, qu'un compagnon de lutte attire mon attention sur la méthode appliquée au questionnaire de la  consultation publique sur le plan directeur régional des parcs éoliens dans le Jura bernois.  La pertinence de son propos m'amène à poser cette question à l'ARJB en charge de la consultation:

Mesdames, Messieurs,

Je tiens à vous faire part d’une remarque au sujet de votre questionnaire sur l’objet de ce courriel:
Comment justifiez-vous le fait que les opposants à l’implantation d’éoliennes industrielles dans des espaces naturels soient amenés à justifier leurs arguments lorsqu’ils répondent par la négative aux questions que vous soumettez dans votre document?

Les opposants à la protection des paysages devraient tout autant argumenter leur choix de l’éolien industriel pour la transition énergétique!
Cela leur donnerait aussi l’occasion de réfléchir un peu plus loin que la propagande orchestrée par le lobby  éolien et nous permettrait d’avoir un véritable débat sur l’avenir que nous souhaitons tous!

Peut-on parler de concertation publique si une seule partie doit justifier sa position?

Concertation:  ,,Mode d'administration ou de gouvernement dans lequel les administrés, les citoyens, les salariés, etc., sont consultés, et les décisions élaborées en commun avec ceux qui auront à les appliquer ou à en supporter les conséquences`

Je vous remercie de votre réponse et vous adresse mes salutations les meilleures.

Je venais à peine d'envoyer ce courriel, avec copie au réseau, que j'ai reçu ce lien vers le travail d'un photographe allemand qui a fait l'inverse de ce que tout le monde fait: Il a effacé les éoliennes industrielles existantes de ses photos de paysages, afin de montrer comment c'était avant... Au moins les promoteurs ne pourront pas lui reprocher d'avoir réalisé des photomontages trompeurs pour apeurer les gens. Il part de la réalité vers l'e passé... Dans dix ans nos enfants devront-ils faire cela pour montrer la grossièreté de la politique énergétique en vigueur aujourd'hui et le désastre réalisé sur les Crêtes jurassiennes?

Je venais à peine de visualiser ces photos terrifiantes, que j'ai reçu  ce lien vers un article dans les Inrockuptibles qui commence comme ça:

Par
Mathieu Dejean
Dans un essai édifiant, le journaliste Guillaume Pitron dévoile “la face cachée de la transition énergétique et numérique”. Selon lui, le recours aux éoliennes, panneaux solaires et autres véhicules électriques n’a fait que déplacer l’impact de l’activité humaine sur les écosystèmes.
Courrez lire la suite, vous vous retrouverez comme moi à vous demander pourquoi une majorité de citoyens se contente des promesses des politiciens et des promoteurs qui leur garantissent, en les regardant dans les yeux, un avenir propre, vert, renouvelable, social et compagnie... À condition d'avoir accès à toutes les parcelles de terre qu'eux jugeront nécessaires à l'intérêt général! Ils sont répugnants.

Quand on s'intéresse à la problématique de la transition énergétique, on ne chôme pas. Les choses sont un peu plus compliquées que ce que ses acteurs veulent bien nous faire croire.  La Suisse ne va pas au-devant d'un avenir propre et responsable. L'Allemagne n'a rien réussi du tout. Le monde non plus en matière d'écologie. On ne fait qu'ajouter des nuisances là où il n'y en avait pas en les appelant "changement" "modernité" "autonomie" "création d'emploi verts" et compagnie. Et on facilite l'acceptation par des informations savamment orchestrées pour maintenir le questionnement hors jeu.

dimanche 7 janvier 2018

Eoliennes: la méthode Coué pour les nuls.



À lire le bilan du maire de Saint-Brais dans les pages de notre journal local, on se demande lequel des deux, entre la journaliste et le maire, a suivi des séminaires sur l'application de la méthode Coué...



En résumé: Émile Coué considère que toute idée qui se grave dans notre esprit tend à devenir une réalité dans l'ordre du possible. Des détails ici pour ceux qui envisagent une carrière politique ou journalistique

Faut-il que je reprenne une à une toutes les émotions farfelues qui submergent le bonhomme lorsqu'il porte un regard enthousiaste sur son bilan en tant que maire de la commune de Saint-Brais?  Bah! J'avoue que je peine à me concentrer sur ce ramassis de n'importe quoi. Je vous livre en miniature cette hymne à lui-même qu'il débite avec conviction et rendu comme tel sur une demi page, sous la rubrique consacrée aux Franches-Montagnes. Si les lecteurs ont un peu de mémoire ils se rappellent que la division qui règne ici était en tête des préoccupations des candidats à sa succession à la mairie de Saint-Brais, en octobre dernier. Tout le monde sait aussi que la petite commune fait parler d'elle bien au-delà des frontières jurassiennes pour la catastrophe environnementale et sociale que représentent les deux éoliennes industrielles construites à deux pas du village. Un projet qui a souffert du manque de concertation publique en amont et d'informations erronées sur ses impacts. Un parc éolien repris partout comme l'exemple à ne pas suivre. Et pourtant, celui qui clame qu'il fait bon vivre ici et qui a été photographié faisant un bras d'honneur à une citoyenne  qui l'avait surpris à arracher et jeter au sol des affiches anti-éolienne, en catimini, n'hésite pas à vanter ici son courage et celui des habitants qu'il prétend chérir...


Ce qui me chagrine est que les pages réservées aux Franches-Montagnes dans ce journal auraient bien d'autres informations à diffuser que des idioties dignes d'un mauvais reportage publicitaire pour des sociétés avides d'espaces et de subventions. Ok, la presse rencontre d'énormes difficultés: l'ingérence des milieux économiques et politiques au coeur des rédactions et l'invasion numérique brident les qualités rédactionnelles d'un journal, qui relèvent aujourd'hui davantage de la maîtrise de la ponctuation que des capacités d'investigation des journalistes. Mais pour autant, faut-il à ce point descendre dans l'échelle de l'information? Les lecteurs sont-ils aussi peu exigeants? Peut-être. Le fait est qu' ils partagent largement la responsabilité de cette dégradation.

Les problèmes au-devant desquels nous mènent la déferlante éolienne sont rarement, voir jamais, développés dans la presse officielle en Suisse. La sortie du nucléaire passe forcément, dans ces esprits bien conditionnés, par la multiplication des pales dans notre environnement. Si il n'y avait que les pales... Les raisons de penser notre avenir énergétique sans ces machines ne manquent pas, mais c'est compter sans l'effet Coué exploité à fond dans ce cas précis: autosuggestion, autohypnose, on est en plein dedans, une méthode savamment distillée par des communicants qui ont très gros à gagner.

Si nous parlions du démantèlement des socles par exemple? Suivez ici le déroulement d'un chantier de parc éolien pour prendre la mesure de ce que nos sols endurent pour soutenir ces géantes. Quinze ans plus tard, quand on changera à nouveau les vieilles turbines, que deviendront ces milliers de m3 de béton enfouis? On ne reconstruit pas une éoliennes sur un socle existant, ce n'est techniquement pas possible. On démantèle le vieux socle jusqu'à un mètre de profondeur et le reste croupira sous une couche de terre insuffisante pour être cultivée, Pour que la terre soit nourricière il faut que l’eau puisse s’infiltrer et remonter par capillarité. Les fondations des éoliennes ne permettent plus ces échanges d’eau, la terre est donc MORTE. C'est un cri d'alarme que lance Mme Pestre Isabelle, maire de la Chaussée-sur-Marne, (F) que l'on peut lire intégralement ici.

Mais tout va très bien sous le vent n'est-ce pas? Puisqu'on ne cesse de nous le dire...