vendredi 15 juin 2018

ADEV pose des peignes sur les éoliennes de Saint-Brais pour qu'elles puissent tourner nuit et jour à plein régime.


Ils ont enterré définitivement le respect des autres.
Lorsque l'on prend le projet de Saint-Brais en exemple dans une soirée d'information pour un autre parc éolien on nous cloue le bec en nous disant : "on ne va pas parler de Saint-Brais c'est un mauvais exemple". Tout le monde est d'accord là-dessus, promoteurs, politiques et autres adorateurs de pales.
Plus jamais "ça" disent-ils devant ceux qui peuvent encore les croire... Et les riverains qui critiquent sont priés de se taire (À Sonvilier au printemps la dernière fois). Les critiques sont fondées, mais on ne veut plus en parler, elles dérangent la suite.

Mais quand ADEV pose des peignes sur les pales des éoliennes de Saint-Brais et dit la bouche en coeur que c'est pour le bien être des habitants, que Suisse Eole se gargarise de cette avancée technologique dont nous bénéficions ici, tous les journaux relaient leur fichue publicité débile, parfois sans même prendre la peine d'entendre ceux qui sont aux premières loges pour en parler comme je l'ai constaté dans le Journal du Jura! Pensez-voir, ces industriels étiquetés écolos ne peuvent qu'être honnêtes!

Mais rien n'a changé, la distance aux habitations est toujours la même, on a gommé avec la SE 2050 un grande partie de ce qui pouvait gêner la prolifération de ces turbines pollueuses et anti-sociales. On dit publiquement que le parc de Saint-Brais c'est de la merde et l'on s'imagine faire oublier l'erreur avec des peignes?

Nous on ne l'oublie pas. On n'oublie pas non plus que ADEV qui s'inquiète de la population locale dans ses communiqués de presse vengeurs n'a pas jugé nécessaire de le faire avant la construction de ce "mauvais parc". C'est facile après de brandir des lois désuètes pour justifier le pire et de se mettre au passage l'auréole du bon type.

Tiens, il y a quelques semaines, le bruit était terrible (où était les preneurs de son?) Je l'ai signalé à ADEV, voici sa réponse:

"Merci pour votre mail. Nous avions controlé la situation sur site. Un petit boue sur une pâle est un petit plus audible que les autres pâles. Nous supposons que cela ce nettoie pendant des pluies fortes ce semaine".
Une petite boue, et hop! Potin d'enfer. Et ils attendent des fortes pluies qu'elles sauvent notre bien-être...

Des Saints, je vous le disais.

Des Saints qui ne jugent même pas nécessaire d' écrire correctement en français aux mécréants qu'ils colonisent. Cela en dit long sur le respect qu'ils ont de ceux qu'ils vont désormais pouvoir arroser de leurs nuisances nuit et jour!

Les résultats des votations dans le Valais dernièrement et la faible participation des jurassiens au scrutin de dimanche dernier en dit long sur la relation de confiance entre citoyens et autorités. Mais ces dernières peinent à comprendre qui elles défendent et ce qu'elles ont à préserver. Celles de Saint-Brais maintiennent publiquement leur confiance dans une société qui a ruiné l'aura du village. Saint-Brais, l'exemple à ne pas suivre... Voilà ce que l'on retient de leur fameux parc en Suisse!
Dans les séances des promoteurs on dira bientôt: "le village dont on ne doit pas prononcer le nom "

dimanche 10 juin 2018

Un espace de paix

Je les regarde assis les uns éloignés des autres. Ils enterrent l'un des leurs, le troisième déjà sur les sept qu'ils étaient. Des frères et des soeurs que la vie a giflé bien vite: ils avaient entre 11 et 25 ans quand ils se sont retrouvés seuls au monde, orphelins de père et de mère. 


Plus tard dans mon lit, j'ai repensé à cette scène, cette fratrie qui ne se voit presque plus et qui enterre les siens avec si peu d'émotion apparente, qui se parle de tout, sauf de ce qui la réunit là aujourd'hui. Et pour cause...

Il y a ce film qui raconte les relations qu'entretiennent les arbres dans une forêt originelle où l'arbre nourricier alimentent les siens dispersés un peu partout, sans oublier au passage d'assurer le ravitaillement de ceux qui ne sont pas de "sa famille", ni, surtout, la souche du vieil arbre abattu qui diffuse encore son précieux savoir aux jeunes générations.

Je ne suis de loin pas une adepte de la famille traditionnelle à tout prix, à mes yeux la famille n'a ni genre ni religion. Je crois aux histoires d'amour et de liens,  au vivant qui rassemble et qui protège, humains, animaux et même végétaux comme on le découvre de plus en plus. 

Ce qui a manqué à cette famille pour pouvoir pleurer ensemble ce frère disparu, c'est l'arbre nourricier, celui qui aurait dû continuer de tisser entre eux les liens rompus par la mort des parents. Celui qui fait circuler la communication entre hier et aujourd'hui.  Dispersés, déconnectés les uns des autres, ils ont tant bien que mal recréé leurs propres familles et quand ils se retrouvent tous ensemble, c'est un peu comme si on avait déraciné leur souche familiale, il leur manque un bout de leur histoire.

Si je vous raconte tout cela, c'est parce que notre relation à la terre et à la nature ressemble aussi à ça.  Si j'apprécie sous mes pieds la dureté du caillou ou la tendresse de la mousse sur un sentier même inconnu, si j'enlace, reconnaissante, un tronc dont la cime se balance loin au-dessus de ma tête et qu'il me donne un vertige heureux,  si je suis des yeux fascinée le tracée de l'eau qui dévale une montagne et que j'assiste muette à sa puissance lorsqu'elle retrouve sa liberté  dans la vallée, c'est parce que la souche m'a toujours nourrie: chaque jour j'ai la chance de voir et d'aimer un paysage qui m'a vue naître. Sa présence alimente le lien et m'ouvre à d'autres paysages et me rend aussi responsable quelque part de leur sauvegarde.

Quand des verts citadins parlent de mettre des éoliennes industrielles en forêt, qu'un pays tout entier élève au même rang énergies renouvelables et paysages protégés pour pouvoir y installer ces mêmes machines, sans compter tout le reste: toutes ces luttes devenues intestines, ces pouvoirs devenus abusifs, la pauvreté des débats politiques etc.. je réalise que le déracinement des souches est une tragique réalité qui ne concerne pas que les arbres. Comme cette famille, l'humanité semble avoir perdu le lien, suspendue entre un monde qui la dépasse et un vide sidéral.


lundi 28 mai 2018

Les verts suisses vont, je cite: défendre une manière d'éliminer les vieilles pales de rotor correcte et non polluante


Et si la politique affectait la capacité de penser?

Il y a vraiment des jours où je préférerais ne pas m'être levée pour constater la médiocrité d'un certain monde.

J'ai envoyé cette question aux verts suisses: pourrais-je savoir comment les verts suisses comptent protéger le Jura des nouveaux déchets toxiques provenant des futurs parcs éoliens? Avec quels moyens et avec quelles preuves que ces moyens seront efficaces?
Merci de votre réponse.

J'ai reçu cette réponse:
Les Verts suisses défendent évidemment une manière d'éliminer les vieilles pales de rotor correcte et non polluante. Et certainement, elles ne doivent pas être déposées dans le Jura. Nous espérons que les autres partis nous soutiennent sur ce dossier. 

J'adore la chute: "Nous espérons que les autres partis nous soutiennent sur ce dossier" 

On ouvre nos réserves naturelles à l'industrie énergétique (qui ne traîne pas la meilleure des réputations et cela fait longtemps que ça dure) et on espère que les autres partis n'empêcheront pas les verts de gérer les nouveaux déchets. Alors là chapeau. Ceux qui sont rassurés par ce type d'attitude "responsable" ont bien de la chance. Elle leur vient de où cette stratégie? De la campagne pour le nucléaire  il y a 60 ans en Suisse?

Ils n'ont toujours pas compris à qui ils ont à faire. Ils en sont encore à rêver de leur petit monde bien propre dans lequel tournent de jolies éoliennes le long des pistes cyclables où ils viendront se ressourcer le dimanche en famille.

Pendant ce temps, elles tournent partout, de plus en plus, et les conséquences ne se font pas attendre comme on le sait déjà.
 
Bon et bien les choses sont claires, pour défendre cette nature où nous vivons, ne comptons pas sur les verts, ils sont trop occupés à la politiser pour garder un siège sous leurs fesses citadines.

Comptons sur les associations de citoyens responsables, comme Paysage Libre Suisse, qui nous informe ici:


FÉDÉRATION SUISSE POUR UNE POLITIQUE RAISONNABLE DE L’ÉNERGIE ET DE L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE

info@freie-landschaft.ch freie-landschaft.ch paysage-libre.ch
 
Même subventionnée, l'énergie éolienne n'est guère rentable en Suisse

Granges, le 28 mai 2018

La coopérative Elektra Birseck EBM a suspendu aujourd'hui le projet de parc éolien de Liesberg BL. Des vents trop faibles et des subventions insuffisantes sont invoquées pour justifier cette décision. EBM concentre désormais ses investissements domestiques dans l’hydraulique et le solaire.
La décision d’EBM communiquée ce jour montre clairement que la Suisse n'est pas un pays propice à l’énergie éolienne. Une vitesse de vent de seulement 4,5 m/s à des endroits pourtant exposés de l'Arc jurassien est loin d'être suffisante pour exploiter l'énergie éolienne de manière économique avec de grandes installations industrielles.
L'EBM tablait sur une vitesse moyenne annuelle du vent de 5 m/s, mais les mesures réalisées sur une période de deux ans – et malgré les tempêtes de cet hiver - montrent que les prévisions ont dû être revues à la baisse à raison d'environ 10%.
L'EBM déplore qu'en dépit de l'adoption de la loi sur l’énergie et de l'augmentation significative de la taxe prélevée sur le réseau pour financer la RPC (rétribution à prix coûtant), aucun soutien efficace pour l'utilisation domestique de l'énergie éolienne n'a pu être réalisé. D’abord, la plupart des fonds ont déjà été alloués et sont utilisés pour des projets sur la liste d'attente; ensuite, il n'est pas clair quelle solution de remplacement peut être attendue après l'expiration du système actuel de la RPC en 2022.
Néanmoins, l'EBM a déjà obtenu des succès dans le domaine des énergies renouvelables en investis-sant dans l’hydraulique et l'énergie solaire, beaucoup plus respectueux de l'environnement. EBM prévoit maintenant de concentrer d'autres activités chez aventron AG. Cette société d'investissement dans l'énergie renouvelable s’engage principalement dans des centrales solaires et hydroélectriques, mais aussi dans des centrales éoliennes en Allemagne, en Norvège, en Italie, en France, et en Espagne.
La décision de l'EBM devrait également inciter d'autres investisseurs à reconsidérer leurs projets en matière d'énergie éolienne en Suisse. Par exemple, le parc éolien de Vechigen, près de la capitale fédé-rale Berne, n'affiche que des vents faibles de 4,5 m/s en moyenne.
Enfin, l'exemple EBM révèle également que la vitesse minimale de 4,5 m/s prévue dans la conception énergie éolienne de la Confédération est trop faible pour exploiter une installation éolienne industrielle de manière rentable, même avec les subventions massives de la RPC.


mercredi 23 mai 2018

Les jeunes sont pour les éoliennes. Vraiment?




Isabelle Chevalley n'a jamais eu peur de dire n'importe quoi à propos des opposants au développement éolien. Que ce sont des égoïstes, des dépressifs, et aujourd'hui que ce sont des vieux. 

Quand je regarde l'assistance présente dans les soirées d'information, je me demande où est cette majorité de jeunes qu'elle dit pro-éolienne?  Lors de la soirée à Sonvilier, il y avait bien trois ou quatre personnes plus jeunes dans l'assistance, mais vu leur incapacité à déceler le processus anti-démocratique mis en place pour empêcher l'opposition de s'exprimer, je ne miserais pas grand-chose sur leur capacité de discernement à propos de la politique fédérale en matière d'écologie. Toujours est-il que lors de cette soirée-là par exemple, heureusement qu'il y avait des vieux pour soutenir les délires des promoteurs éoliens... Les alliés de Mlle Chevalley n'ont pas moins de cheveux gris que ceux des paysages, de la nature, de la cohésion sociale et de la qualité de vie!

La jeunesse que je côtoie grâce à mes propres enfants, est d'ailleurs loin d'être pro-éolienne. J'ai été contacté par  des jeunes très engagés, mais pas dans le show politique traditionnel, très informés, mais pas dans la presse régionale, les éoliennes, ils n'en veulent pas. Pas plus que du nucléaire. Ce qu'ils veulent c'est une consommation raisonnable, découlant d'une production raisonnable. Une consommation respectueuse, découlant d'une production respectueuse. Ils savent bien comment les intérêts économiques ont gangrené la politique énergétique et l'écologie en général. Ils tournent volontairement le dos à un système qui les déçoit et auquel ils ne font plus confiance. Moins de 50% de la population s'exprime en général lors d'élections et de votations fédérales. En majorité des "vieux". Mlle Chevalley ne doit pas son siège au Conseil National à des jeunes.

Les porte paroles de cette politique désuète et destructrice qui nous gouvernent, feraient bien de plonger un peu plus dans le monde qui les entoure,  d'aller à la rencontre de ceux qui pensent autrement et qui ne sont pas qu'une poignée d'enragés ou de vieux, ils ne votent pas et représentent plus de 50% de la population*. On y trouve des personnalités comme il n'y en a plus en politique: cultivées, spécialisées, déterminées, jeunes, moins jeunes ou carrément vieilles, ce qui ne les empêche pas de penser ensemble!

Mlle Chevalley insulte les vieux en laissant entendre qu'ils ne sont plus aptes à s'exprimer sur le monde dans lequel ils vivent. C'est vrai  que pour les politiques les vieux ne sont plus que des vaches à traire dans des EMS ou les victimes qui supportent toutes les mesures d'économie que valide la droite! Pour ça on les aime bien les vieux! Mais les vieux pensent et souffrent aussi comme on peut le lire ici, de cette discrimination et de ces insultes. Quand je pense que Mlle Chevalley traîne en justice pour injure le rédacteur d'un journal satirique alors qu' elle se moque publiquement de la tumeur au cerveau d'un ancien haut fonctionnaire, raille l'aspect dépressif d'une victime d'éolienne qui a le courage d'exprimer son mal-être à proximité des machines, tente de discréditer un groupe de pétitionnaires anti-éolien sous prétexte qu'ils sont vieux... Il est vrai qu'elle même semble toujours enfermée dans son rôle d'adolescente mal dégrossie qui souffre d'un complexe de supériorité.


*Au niveau fédéral, la moyenne du taux de participation de l'ensemble de la population pour les élections et les votations est en-dessous de 50%. Cela fait depuis 2006 que le gouvernement tente d'attirer le vote des jeunes. Avec peu de succès. 


vendredi 18 mai 2018

Sonvilier aux opposants aux éoliennes: "Veuillez prendre votre laisse aux vestiaires".

Il y a bien des années que j'entends les verts se faire traiter de "dictateurs", de "bruns" et autres qualificatifs pas très glorieux. Longtemps j'ai été agacée par ces critiques.

Mais... la problématique des éoliennes m'a fait comprendre qu'à droite comme à gauche, la capacité d'analyser et de contrôler les dérives du pouvoir était moindre lorsque l'opposition touchait les intérêts ou les convictions des uns ou des autres.

Exemple. Mardi dernier des membres des autorités communales de Sonvilier accoquinées à des promoteurs éoliens étiquetés écologistes ou simples businessmen, ont tenu en laisse les opposants à un projet éolien en toute décontraction. 

Ils ont annoncé une soirée d'information au public sur un projet  qui va impacter toute une région. Ils ont oublié de dire que seuls ceux qui n'avaient rien à dire sur leur présentation et sur l'objet de celle-ci étaient bienvenus. Ils ont librement raconté tout ce qui arrangeait leurs affaires, laissant volontairement de côté toutes les controverses qui rongent pourtant la crédibilité du développement industriel des éoliennes. Ils n'avaient invité personne pour présenter l'autre son de cloche qui fait tache dans leur belle mare à mensonges.

À la fin de la présentation, place aux questions du public! Mais pas n'importe comment. Une seule question par personne, aucune critique possible contre toutes les conneries qui avaient été dites durant leur show. Et si l'un ou l'autre dans le public montrait un signe d'exaspération, très vite on le sermonnait comme un enfant.

Aucune place pour les avis contraire, les colères légitimes, le débat. Aucune possibilité de dire que l'étude utilisée pour démontrer que les nuisances sonores n'étaient pas dangereuses était une étude sortie des chapeaux des alliés des promoteurs (voir à droite dans ce blog, "à propos de la scientificité de certaines études récentes concernant l'éolien" par Claude Schindler)

Ils ont le droit de déverser leur propagande dans des soirées d'information publique auxquelles participent les autorités régionales, des élus! Mais ceux-ci ne savent-ils pas que parmi leurs électeurs il y a des gens qui pensent autrement et que leur devoir est de leur donner la parole autant qu'aux promoteurs??? Parce que informer la population, c'est lui donner accès à TOUTE l'information, ainsi ce qu'elle décide, elle le fait en connaissance de cause!

Vous avez la nausée? Moi aussi. Ces simulacres de soirées d'information sont répugnants et indignes d'une société éduquée. Il y avait pourtant dans la salle des personnes qui suivent l'industrie éolienne depuis des années et qui avaient des choses à corriger, à relever, à développer. Honte à ces représentants des citoyens, payés par TOUS les citoyens, incapables de constater ces atteintes graves à la démocratie! Honte à ces journalistes recyclés en "bâillonneurs" officiels payés pour empêcher les émotionnels de s'exprimer! Honte à ces jeunes écolos qui participent sans s'en rendre compte à cette mascarade et qui applaudissent à la fin et se disent fiers de leur région!

Bref, ce fut lamentable. Le maire de la commune devant les médias a encore eu le culot de se réjouir de la docilité des participants.

De quel monde rêvent ces gens? En tous les cas pas d'un monde démocratique, ou l'on parle et débat d'un avenir commun.


source de l'image

samedi 12 mai 2018

Le ver philosophe, suivi de la fable politique

Entendu hier sur RFJ:

Question du journaliste:

"Vous ne comprenez pas quand même que certains se mobilisent pour ne pas voir un jour dans l'arc jurassien 160 éoliennes sur les crêtes? Vous ne comprenez pas que, ne serait-ce que l'impact sur le paysage, importe à certains habitants?

Réponse du député vert neuchâtelois, Laurent Debrot:

"Oui, alors effectivement l'impact sur le paysage il est indéniable ça c'est sûr. Il faut relativiser ce que cela veut dire un paysage. Le paysage c'est une construction humaine. Heu, le paysage qu'on a actuellement c'est pas le même paysage qu'on avait y a deux mille ans en arrière, et puis encore moins celui qu'on avait y a quinze mille ans en arrière avec 800m de glace par dessus. Donc le paysage il est évolutif, heu... et puis c'est intéressant parce que le terme même de paysage il est intéressant parce que c'est un terme qui vient de la renaissance, c'est un format de paysag... heu c'est un format de tableau. Donc avant on a commencé avec les portraits et puis on a commencé avec les paysages et puis les paysages c'était traditionnellement une oeuvre de la nature avec toujours avec un impact de l'homme, en présentant un mur, un pont ou un canal par exemple. Donc c'était une façon de magnifier le travail de l'homme à travers la nature, c'est le terme même de paysage".
Alors là chapeau Monsieur le député, vous avez parfaitement exprimé la réponse politique aux préoccupations des citoyens! 😂😂😂

C'est juste énorme d'entendre ce bredouillage! Vous pouvez l'écouter ici aux environs de la minute 16.

Le pire est que cette théorie des paysages est régulièrement servie par les amis des éoliennes, une porte de sortie qu'ils ont appris par coeur pour se donner des airs intelligents, avec plus ou moins de succès comme on peut l'entendre ici 😂😂😂

Le problème est que nos politiques ne maîtrisent ni la philosophie ni la stratégie énergétique. Les décisions du gouvernement canadien autour du développement éolien n'ont rien à voir avec une quelconque nécessité énergétique, voici l'interview édifiante du directeur des communications chez Hydro-Québec, qui déclare: nous n'avons pas besoin des éoliennes, elles répondent uniquement à une volonté politique pour faire du développement économique régional". Vous entendrez aussi les coûts terrifiants de cette "volonté".

Interview à suivre ici




dimanche 6 mai 2018

Libérez-vous camarades!


Qu'ils disaient


Mai 68

par Claude Schindler


    Cela s'est passé le 6 mai 1968. Lucien Braun, notre professeur de philosophie à l’Université des Sciences humaines de Strasbourg, interrompt son cours: « Mesdames et Messieurs, nous sommes en grève. Je vous laisse. A vous de décider de la suite à donner aux événements ». Relever ce défi ne nous avait pas semblé impossible. Nous formions alors un petit groupe d'étudiants de première année, assez déterminés: Alain Grenier, poète lorrain, Patrick Leray, proche du cinéaste Werner Herzog, Catherine Rusch, fille du « pasteur rouge » de la paroisse Saint-Nicolas, et moi-même, tout juste descendu des Franches-Montagnes pour entreprendre des études de philosophie.

    Je n’évoquerai que deux souvenirs, marques indélébiles de cette étrange période caractérisée par « le vide du pouvoir ». Le lundi 27 mai, Alain et moi, assis sur le parvis du Palais universitaire déserté après l'Assemblée Générale des étudiants, contemplions le coucher du soleil sur la Place de la République, sublime. Imaginez: une ville sans bus, sans voitures, sans piétons à cette heure crépusculaire et chaude, une ville silencieuse totalement, comme suspendue. Puis cette folle nuit du jeudi 30 mai qui suivit le retour de de Gaulle: une Assemblée Générale monstrueuse, bouillonnante de colère insurrectionnelle, mais qui n'impressionnait guère les fils d'ouvriers que nous étions. C'est alors que nous avons tenté un coup de force. Dans une aula qui s'est peu à peu remplie d'étudiants harassés, nous avons déclamé les poètes de la révolution qui seuls nous paraissaient à la hauteur des événements: Arthur Rimbaud, Antonin Artaud, Henri Michaux, Georges Bataille, Allen Ginsberg.

    Le premier juin, après avoir fait visiter la Faculté à des parents effarés par l'état des lieux, je rentrais à Saignelégier. Les examens eurent lieu en septembre, et les cours reprirent fin novembre. La France m'avait ainsi donné six mois de loisir pour me consacrer à la réflexion politique et à l'écriture poétique du haut-plateau.

    C'est donc après-coup que Mai 68 fit irruption dans « Le Franc-Montagnard », à l'occasion d'une Esquisse de la question jurassienne que je signai dans l'édition des 13 et 14 septembre, un papier tout inspiré par la contestation étudiante. Comment un texte de cette nature a pu trouver place dans ce journal, c'est une histoire que je vous livre ici en hommage à Abel Arnoux. Le vieil homme m'avait confié dès 1966 l’une ou l’autre tâche rédactionnelle, pariant sur « mon talent d'écriture ». Se disant fatigué par plus de trente années dévouées à l’entreprise, il m'avait même laissé la conduite du journal pendant quelques vacances estivales qu'il jugeait enfin méritées. D'où une série d'articles plutôt transgressifs rédigés par un étudiant de vingt ans, dans une totale liberté d'expression: Les Franches-Montagnes et la fête du cheval au XXème siècle, Erni le cocher scandaleux, Le roc, Automne, Exubérance, La naissance du soleil, Un drôle d'almanach.

 La prise de parole n’avait pas attendu Mai 68 au « Franc-Montagnard » !

En lisant les mots de Claude Schindler je me suis rappelée ce qui me rendait si fière de vivre ici dans les Franches-Montagnes. Je me suis rappelée la fête des anarchistes à laquelle j'avais assisté complètement par hasard en 1980. Je me rappelle ce sentiment heureux d'en être sans trop savoir pourtant qui étaient les participants et ce qu'ils fêtaient. Je rentrais d'un voyage sac à dos au Mexique qui avait duré plusieurs mois, j'avais expérimenté la liberté mais aussi les inégalités, la misère et les abus qui dominaient le monde. Je rentrais pleine de désirs d'en finir avec les injustices et les salauds qui les nourrissent.

Lâchée dans cette soirée au Boéchet, j'avais retrouvé un peu de l'esprit des gens du voyage que j'avais côtoyé, de ceux qui aspiraient à un monde plus simple. J'étais rassurée de savoir qu'il y en avait aussi ici, tout près de chez moi. J'avais 20 ans et j'avais confiance.

En lisant les mots de Claude Schindler, aujourd'hui, j'ai mesuré le temps qui a passé, d'où nous venions et ce que nous avions connu. J'ai compris quelle région je défendais et contre quoi. Que sont mes anarchistes d'alors devenus? Des Fils d'artistes qui vomissent sur ceux qui tentent de sauver les Franches-Montagnes de l'invasion du capitalisme vert? Des journalistes imbibés qui règlent leurs comptes dans les pages des journaux de carnaval ? Des écologistes désertés de leurs idéaux? Ils ont vieilli ici, ils n'ont pas vu la rouille se poser sur leurs rêves. J'avais imaginé que la rudesse du climat et la force de la terre et des paysages coulaient dans leurs veines, qu'entre eux c'était à la vie à la mort. Les tables rondes ont usé leurs coudes et les forêts n'ont pas dû les voir souvent puiser la force de leurs arbres.

En lisant les mots de Claude Schindler, j'ai compris que les événements de mai 68 avaient sans doute délié quelques liens, mais en avait créé pas mal d'autres. En 1966, le rédacteur en chef d'un journal régional pouvait céder sa place à un jeune homme de 20 ans doué et prêt à en découdre, sans que l'opinion publique ne le lynche? On se met à rêver de ce temps où la liberté d'expression n'était pas prisonnière d'une élite droite dans ses bottes et convaincue de connaître les limites acceptables de la prise de parole. Ceux qui ont permis une telle dérive et qui aujourd'hui la pratique même,  étaient sans doute à cette fameuse soirée au Boéchet!

Je reste convaincue que l'esprit des Franches-Montagnes compte et devra compter ces prochaines décennies. Que les cimes qui nous bercent sans ménagement ne sont pas faites pour nourrir des comptes en banque, des réseaux électriques, des programmes politiques, elles sont là pour élever l'homme dans sa dignité, pour faire battre la chamade dans nos coeurs et nous inciter à repousser les machines qui les menacent.

ZAD. Zone à défendre.